Eurovision, Euro 2012…Mamie fait de la résistance

Article publié le 4 juin 2012
Article publié le 4 juin 2012
C’est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures. Et les retraitées européennes ont enfin découvert les feux de la rampe. Au lien de fredonner des chansons dans les maisons de retraites, elles préfèrent désormais devenir célèbres.
Elles finissent 2ème au concours de l’Eurovision, s’essaient comme chanteuses de gangsta rap ou soutiennent via les traditions folkloriques l’équipe nationale de Pologne pour l’Euro 2012 de football.

« Party for everybody… » C’est le morceau chantonné par les six grands-mères russes du groupe Bouranovskie Babouchki ( « Les grands-mères de Bouranovo») sur la scène de l’Eurovision en Azerbaïdjan. Bien qu’elles aient atteint un honorable âge moyen de 66 ans, les mamies mettent l’ambiance à Bakou. A ceci s‘ajoute une chorégraphie adéquate et un refrain: « Come on and dance », que l’on pourrait tout à fait chanter après avoir avalé un somnifère. Malgré toute l’ambiance festive, les mamies  sont en réalité ici pour une mission religieuse : elles veulent réunir des fonds pour construire une église dans leur village d’origine.

Un groupe de huit polonaises exubérantes n’est pas moins folklorique lorsqu’il s’agit de promouvoir l’Euro 2012 de football. Avec comme nom Jarzebina (signifiant un « sorbier »), elles adoptent les coloris traditionnels : une tenue vestimentaire de Mère Térésa composée d’un foulard blanc et d’une jupe rouge, bleue et verte. Ce qui est « un brin démodé » selon les Polonais. Lors d’un concours de chants, ils ont quand même choisi - pour plaisanter - la chanson de ces campagnardes comme titre officiel des supporters de l’équipe nationale polonaise.

La rappeuse allemande Enkelschreck (comprendre : « la peur des petits enfants ») est tout sauf sympathique. Elle a fait parler d’elle avec sa chanson « Acid und Rädern » postée sur YouTube. Ses textes sont corsés, perpétuant la tradition du style gangsta rap. Avec des extraits tels que « Du willst hoch hinaus – nimm meinen Treppenlift » (« Tu veux aller plus haut – prends mon monte-escalier ») ou « Zwischen Dissen und Dialyse schreib ich tausend tighte Tracks und schredder‘ junges Gemüse » (« Entre insultes et dialyse, j’écris des milliers de bonnes chansons et je broie de jeunes légumes »), elle prévient clairement les jeunes qu’ils ne peuvent pas se mesurer à elle. A vrai dire, Enkelschreck n’a fait que cette chanson. Pourquoi ? Parce que tout ça est un fake. La grand-mère vénère n’est en réalité qu’un personnage aussi artificiel qu’ironique créé par le promoteur publicitaire de la télévision du droit public en Allemagne dont l’audience affiche une moyenne d’âge d’au moins 60 ans.

« Don’t write me off ‘cos I’m 90 » (« Ne me délaisse pas parce que j‘ai 90 ans ») rappelle un des messages du groupe The Zimmers composé de 40 personnes âgées en Grande-Bretagne. Malgré les cannes, les déambulateurs, les dentiers et les cheveux blancs, ces retraités britanniques ont encore la pêche. « My Generation » - leur chanson- est un bon exemple. Reprise du tube du même nom chanté par le groupe The Who, ce titre a affolé tous les hits parades internationaux. Ce qui incita The Zimmers à continuer les remakes. Leur succès ne doit rien au hasard. Les retraités ont bel et bien été repérés dans les salles de bongo, les chorales et les maisons de retraite. Le but principal ? Mettre un frein à la marginalisation des personnes âgées.

Photos : ©Thomas Hanses/EBU;  Videos: eurovision/YouTube, Sporttvppl/YouTube, Enkelschreck/YouTube, wateroftyne/YouTube