European Angst : Le courage contre la peur

Article publié le 14 décembre 2016
Article publié le 14 décembre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Lors du quatrième et dernier débat de la conférence European Angst qui avait pour thème le populisme, l'extrémisme et l'euroscepticisme, des étudiants européens sont venus débattre avec le philosophe slovène Slavoj Zizek et l'écrivaine turque Elif Shafak des différents moyens de lutte face à ces excès.

La conférence s'est concentrée sur la montée du populisme et de l'extrémisme en Europe, mais s'est aussi intéressée aux moyens d'aborder ce sujet. Parmi les différents participants, se trouvaient le philosophe et critique slovène Slavoj Zizek, au discours passionné, et la chroniqueuse et écrivaine turque Elif  Shafak, qui a débattu avec un très grand calme. Les étudiants participant ont aussi saisi cette opportunité pour évoquer leurs peurs de cette montée populiste en Europe.

Une étudiante a voulu savoir ce que désignait "angst" (la peur) et comment y faire face. Elle a rapidement obtenu une réponse : Angst est un sentiment naturel et le seul moyen de lui échapper est le courage. En tant qu'Européens, nous devons affronter cette peur avec courage.

Cela dit, Zizek a avancé que le populisme avait besoin d'être combattu par ses causes : "le fiasco économique et politique du bloc libéral", dit il. Selon lui, la crise des réfugiés est seulement un des symptômes de cet avènement du populisme. Il n'a pas défendu non plus le côté libéral : "Si le parti libéral n'approuve pas quelque chose, il lui donne l'étiquette de fascisme. Ce n'est pas si simple. Il est par exemple trop facile de qualifier Trump de fasciste. Nous avons besoin d'autocritique."

Elif Shafak a exprimé sa peur que l'Europe perde sa conscience, de la même manière que la Turquie lorsqu'elle a perdu son cosmopolitisme et sa multiethnicité. Elle a souligné l'importance de savoir sortir de sa zone de comfort et d'apporter de la diversité dans l'espace public. "Le seul moyen pour cela est de raviver l'esprit humaniste et combler les lacunes (éducation, genre, richesse...) parmi la population".

L'écrivaine s'est aussi exprimée sur l'importance du savoir et de la raison. Selon elle, les gens ont facilement accès à une grande masse d'information, mais ils ont peu de connaissances et encore moins de sagesse. Pour améliorer nos connaissances et notre bon sens, il est important de lire et de parler avec les personnes qui partagent un point de vue différent du notre.

Après cette conversation animée, les étudiants ont lu à voix haute le manifeste qu'ils avaient préparé et déjà remis aux responsables de l'UE. A l'intérieur, ils demandent que soient prises au sérieux les luttes économiques dans l'UE et ils ont plaidé pour un ajustement des salaires à l'échelle européenne. De plus, le taux de chomage des jeunes devrait aussi être abordé et des programmes d'échange entre les écoles établis, pour que des étudiants issus de différents milieux puissent se cotôyer.

Le mot "angst" est un germanisme. Selon le dictionnaire Merriam-Webster, il désigne un sentiment d'anxiété, d'appréhension ou d'insécurité. Il est d'abord apparu dans la discussion philosophique du milieu du XIX°s par le philosophe danois Søren Kierkegaard. "German Angst", cependant, décrit la tendence des Allemands à trop se poser de questions en réponse à une inexplicable appréhension du futur. Maintenant que cette tendance s'est répendue au delà des frontières allemande pour gagner toute l'Europe, nous pouvons parler de "European Angst".