Europe à Zeus: «La Grèce, ça m’harasse...»

Article publié le 28 juin 2012
Article publié le 28 juin 2012
Par Aris KokkinosC'est ce que la princesse phénicienne pourrait dire au dieu de l'Olympe, s'ils passent par le Conseil européen ces 28 et 29 juin. Car les dernières évolutions de la crise grecque ont des aspects tragi-comiques. Dix jours à peine après son élection, le Premier ministre grec Antonis Samaras, en convalescence après une opération de la rétine, est absent du Conseil européen.
Son ministre des finances Vassilis Rapanos a quant à lui démissionné, toujours pour raisons de santé. Un début en fanfare qui inquiète déjà les marchés. Samaras a envoyé le Président de la République hellénique, Karolos Papoulias, pour représenter la Grèce. La présidence est un poste symbolique en Grèce car c'est une République parlementaire, mais le président est habilité à représenter son pays en pareille circonstance. Papoulias est porteur d'une lettre de Samaras, demandant que l'UE réponde aux sacrifices grecs par une renégociation de son plan d'austérité. Selon la Grèce, la récession, plus grave que prévue, impose une révision de ce plan, consenti en février en échange d'une aide de 130 milliards d'euros. Le gouvernement de coalition (Nouvelle Démocratie libérale, et Pasok socialiste) demande un délai supplémentaire de deux ans dans l'application des mesures, pour ramener le déficit budgétaire à 2,1% du Produit Intérieur Brut.

Genug ist genug

«Nein !», lui a répondu en substance l'Allemagne, par la voix du porte-parole de son gouvernement, Steffen Seibert: «N'attendez pas de décision sur la Grèce lors du Conseil européen». Avant lui, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a été moins diplomate dans une interview au Bild am Sonntag. Le nouveau gouvernement grec devrait selon lui arrêter de demander de l'aide, et mettre en oeuvre les réformes prévues, sans délai, en échange des plans de soutien de l'UE, Schäuble précise que la Grèce a perdu une grande part de la confiance de l'Europe, tout au long de cette interminable crise de la dette souveraine. Plus de temps à perdre donc. Un ras-le-bol que Papoulias, 83 ans, va tenter de désamorcer. Tandis que la jeunesse grecque se désintéresse de plus en plus de la politique, quand elle n'est pas attirée par les sirènes du populisme.