Euro-excursion citoyenne au Parlement

Article publié le 29 avril 2011
Article publié le 29 avril 2011
Par Aurélie Feller A Bruxelles, au Parlement européen, se croisent des parlementaires, des lobbyistes, des fonctionnaires, mais aussi de simples touristes. Pour se repérer dans ce dédale de couloirs et de notions législatives, une seul option : suivre les indications d'un guide expérimenté.
Pour ce personnel, c'est une mission pédagogique de sensibilisation à l'Europe, un vrai défi à sa complexité légendaire. Visite en compagnie de Typhaine Morillon, une guide européenne pour une aventure touristique et citoyenne pas comme les autres.

Une diversité d'euro-touristes

Jeunes, étudiants, retraités, agriculteurs, militants politiques, syndicalistes, voisins, associations locales, Bruxellois,... ils étaient plus de 221 000 en 2010 à fouler les couloirs du Parlement européen de Bruxelles, venus de tout pays de l'Union européenne et même de plus loin. « Le tiers est constitué d'étudiants », estime Typhaine Morillon, guide du Parlement européen ou plutôt, officiellement, administratrice conférencière de l'unité des visites et séminaires. « Les plus nombreux sont les Allemands, un quart des visiteurs puis, ce sont les Français, les Italiens, les Belges, les Hollandais et enfin les Espagnols », poursuit Paul Broos, assistant de relations publiques de l'unité. Les citoyens des pays de l'Est de l'UE sont les plus rares, nous apprennent les statistiques officielles sur les visiteurs.guide parl 3

A chacun ses questions sur l'UE

Cet après-midi là, quarante étudiants québécois en sciences politiques questionnent leur professeur d'un jour sur l'inquiétant taux d'abstention aux dernières élections européennes de 2009. Plus tôt, un petit groupe de jeunes étudiantes françaises en formation d'éducatrice voulait en savoir plus le système européen de validation des diplômes « Chacun pose des questions sur les domaines qui les préoccupent », raconte leur accompagnatrice. Cette jeune guide exerce son métier avec passion depuis un an et demi. S'adapter au public est un véritable enjeu : il faut parfois revenir aux basiques, spécialement pour les plus jeunes, « expliquer ce qu'est un loi ou la différence de droite et de gauche aux plus jeunes ».

Un véritable cours interactif d'Europe

Que désigne le « triangle institutionnel » ? Comment se forment les majorités au Parlement ? Quelle est la composition politique et nationale du corps parlementaire ? Et si la Turquie entrait dans l'UE, quel serait son nombre de députés ? Les questions fusent... Et il n'est pas rare qu'elles soient cocasses. « Certains demandent à faire la connaissance de Paul-Henry Spaak ! D'autres s'imaginent qu'ils vont croiser Daniel Cohn-Bendit ou José Manuel Barroso ». Le tout tient en une heure et demi en moyenne sans pause et sans limite aux questions posées. C'est l'occasion d'un contact direct avec les citoyens. Apogée de la rencontre, la conférence-débat habituellement est suivie d'une visite de la tribune d'hémicycle. Pour le groupe d'étudiants québécois, c'est bientôt fini. Demain - direction l'OTAN.

Curieux de l'Europe et de sa politique

euro parl 1Au fil du temps, le Parlement est devenu une curiosité touristique à Bruxelles. Mais, plus qu'une étape à caser entre le Manneken Pis et l'Atomuim, pour la DG Communication, cette visite représente un challenge démocratique. « Notre rôle est de faire en sorte que ce soit plus qu'une visite touristique. Nous devons non seulement informer sur le fonctionnement du Parlement et sur l'Union européenne, mais aussi de faire en sorte que les gens se l'approprient, se sentent concernés, comprennent comment cela fonctionne et comment eux peuvent avoir un rôle à jouer ». Cette volonté de comprendre les processus décisionnels européens est en expansion, selon la guide. Au regard des statistiques, il est clair que les Européens sont de plus en plus nombreux à faire le voyage, 13 % de plus entre 2009 et 2010, qu'ils soient nvités par un député ou venus de leur propre initiative. En l'espace de quelques années, on constate deux à trois fois plus de demandes. Un signe positif qui montre un intérêt citoyen, d'après Typhaine Morillon. « Pour nous, l'important est de leur faire comprendre, à ceux qui ne le savent pas encore, que l'UE et son Parlement ont un implication dans leur vie quotidienne », conclut-elle. Alors, à qui le tour ?