Eu40, le club des jeunes députés

Article publié le 9 novembre 2012
Article publié le 9 novembre 2012
Par Sebastien Clem Eu40 est un intergroupe qui rassemble des députés européens de moins de 40 ans. Organisant des conférences et des débats aux thématiques diverses et originales, leur dernière rencontre "Sciences Rules!
Star Trek in the European Parliament" avait pour but de trouver les meilleurs moyens afin d'encourager les jeunes à s'engager dans les études scientifiques, en prenant pour référence les valeurs promues par la fameuse série de science fiction.

La genèse de l'initiative.

Eu40 a été créé en 2007 par Alexander Alvaro (actuel vice président du Parlement européen) en réponse aux difficultés personnelles rencontrées lors de son arrivée au Parlement trois ans plus tôt, et alors âgé de 29 ans à peine. Contacté par téléphone, le député européen revient sur cette période : «Bien sûr, il y a le personnel et d'autres députés qui vous aident beaucoup au début. Cependant, j'ai eu quand même l'impression d'être lancé dans les dossiers du jour au lendemain». Depuis sa création, l'intergroupe organise, quelques jours après les élections européennes, une réception destinée aux nouveaux députés afin de les soutenir dans l'apprentissage du fonctionnement interne et de les aiguiller dans le dédale du Parlement européen.

Eu40 est un intergroupe, un rassemblement informel de députés européens de tous bords politiques autour d'une thématique commune. Ils organisent entre autres des débats sur des sujets d'actualité de la politique européenne.  Eu40 a pour objectif de permettre la rencontre des élus dans une atmosphère plus décontractée que dans les dîners, débats et réceptions classiques organisés dans la bulle européenne bruxelloise. Selon leur site, celles-cine font que déplacer le débat mais ne favorisent pas l'échange entre parlementaires.

L'une des dernières conférences organisée avait pour titre « Science Rules ! Star Trek in the EP ». Le but: inspirer les jeunes à s'engager dans les études scientifiques en s'inspirant du modèle de valeurs promu par la série de Science-Fiction. Cette conférence avait pour invités deux astronautes, André Kuipers et Andreas Mogensen, deux scientifiques Anne Glover et Frank de Winne ainsi qu'un des acteurs de la série télévisée, Walter Koenig alias Pavel Chekov.

La série qui a commencé dans les années 1960 se passe dans un futur utopique, où l'avancée technologique a permis de se débarrasser des maladies, de la pauvreté et de supprimer les guerres sur la Terre. Les hommes ne cherchent plus à amasser de l'argent vu que ce dernier n'existe plus dans la série, mais plutôt à acquérir de nouvelles connaissances en partant explorer l'espace. La série est par cet aspect très représentative de l'esprit qui régnait dans les années 1960. En effet, comme l'a fait remarquer récemment Paul Jorion, professeur en sciences sociales à l'ULB, on prédisait encore à cette époque que 20 ans plus tard plus personne ne serait encore obligé de travailler. Les taches difficiles, dangereuses et répétitives auraient toutes été effectuées par des machines laissant ainsi l'opportunité aux gens de passer plus de temps avec leur famille. 52 ans après la diffusion du premier épisode de la série télévisée, le monde à connu de grands progrès technologiques, mais nous sommes encore loin de ce futur utopique. Lors de la conférence « Science Rules ! Star Trek in the EP », les deux premières interventions du public ont très bien souligné ce décalage. Amelia Andersdotter, 25 ans, élue du parti pirate suédois et membre de Eu40 a d'abord rappelé qu'elle ne put avoir accès à la première série de Star Trek que grâce à l'existence du file-sharing sur Internet. Cependant, les nombreux projets de lois de contrôle des échanges sur Internet ont tendance à aller à l'encontre du concept de libre circulation des données et de partage du savoir, concept pourtant défendu dans la série. américaine. Le Dr Julia Reid a quant à elle expliqué que, avant de vouloir motiver la jeunesse à faire des études scientifiques, mieux vaudrait d'abord leur garantir un métier stable et un salaire correct. Alexander Alvaro reste cependant positif car pour lui, ce fut une de ses plus belles conférences: « Il y avait plus de 300 jeunes dans la salle, tous très intéressés par les intervenants. Cette conférence fut un réel sucés, car elle a permis de donner aux jeunes de l'espoir pour leur futur ».