Etre ou ne pas être?

Article publié le 1 juillet 2003
Publié par la communauté
Article publié le 1 juillet 2003

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le concept de citoyenneté européenne a fait resurgir un vieux dilemme : qui de la poule ou de l’œuf, est arrivé le premier ?

La voie suivie par l'Union Européenne ces dernières années intègre une dynamique sociale au projet européen. L’instauration, dans le Traité sur l'Union Européenne de 1992 (Traité de Maastricht - TUE), de la notion de citoyenneté de l'Union en est un exemple concret.

S’il est peut-être trop demander à un spectre aussi large de peuples de partager les vertus civiques et les interprétations plus classiques de la notion de citoyenneté, cela pose la question de la nécessité de la création d’une identité commune comme première étape vers cette citoyenneté.

La création de la notion de la citoyenneté européenne soulève l’éternel dilemme de la poule et de l'oeuf ? Le fait d’attriburt le terme de « citoyen européen » aux individus a suscité des critiques, puisqu’on considérait cette mesure comme un acte vide de sens, un simple qualificatif. Dans cet esprit, concentrer son attention sur la création d'une identité peut nécessiter beaucoup de temps et d’efforts, et s'avérer inefficace sans l’existence d’une conception ou d’un idéal commun vers lequel tendre.

L'identité, quelle soit européenne ou nationale, est fondée sur des caractéristiques qui nous sont propres. L'Histoire est donc le facteur clé dans le développement de l'identité. Dans le milieu européen, cette notion-même suscite des polémiques puisque elle exige le développement d'une histoire européenne commune. Au sein de l'Europe, c'est la capacité de regarder, au-delà de l’Histoire de nos pays respectifs, les événements majeurs qui nous ont affectés en tant qu'européen. Mais une question légitime se pose alors : comment conserver conjointement son identité nationale? Pour que le terme de citoyenneté se pérennise, il faut que les deux idées (citoyenneté nationale et européenne) fonctionnent en symbiose sans empiéter l'une sur l'autre.

A ses débuts, l'Union était axée sur l'idée d'un « rapprochement toujours plus étroit des habitants de l'Europe ». Il n’était fait aucune allusion ou indication équivoque à une fusion en un seul peuple européen. En conséquence, les Etats manifestent une certaine réticence à soutenir une mesure qui empiéterait ou reproduirait les droits nationaux des citoyens.

Le terme de citoyenneté a sans doute joué un rôle décisif dans les désaccords autour de cette question. Si l’on se défaisait du terme de citoyenneté, il serait possible de limiter les préjugés, tout en permettant la progression de cette idée. Accorder la citoyenneté est sans doute contraire à l'ensemble du projet européen. Cette notion se rattache à l'Etat et va susciter des suspicions et des incertitudes. Peut-être devrions nous envisager une autre approche au lieu d'essayer de faire tenir des concepts européens dans le moule fournis par l'Etat. L'éducation et un changement d'attitude envers l'Union européenne sont des préalables à la détermination par les individus de leur statut de citoyen européen.