Être fille au pair: des histoires folles hors du commun

Article publié le 30 novembre 2016
Article publié le 30 novembre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les (més)aventures des jeunes filles au pair: entre temps perdu et "junk food", entre escapades dans de nouveaux lieux et "open your mind" à une nouvelle culture.

Aujourd'hui, il y a de plus en plus de jeunes filles, généralement entre 17 et 30 ans, qui rêvent de voyager et de connaître de nouvelles cultures, langues et traditions. Leur dénominateur commun: le manque d'argent. Mais alors, comment faire ? Partir en tant que jeune fille au pair !

Qui est la jeune fille au pair ?

Le site officiel du gouvernement britannique définit la jeune fille au pair comme une jeune fille/femme étrangère qui dispose gratuitement d'une chambre au sein d'une maison, partage gratuitement les repas avec les autres membres de la famille et reçoit un pocket money, l'équivalent d'un argent de poche hebdomadaire en échange de light housework and childcare, qui consistent à effectuer des travaux ménagers peu contraignants et s'occuper des enfants.

La plupart des jeunes filles au pair considèrent leur expérience comme l'occasion d'agrandir leurs horizons culturels et personnels, et cela peut effectivement être le cas. Travailler dans une famille en tant que jeune fille au pair est non seulement une occasion unique de connaître une autre culture “en la vivant de l'intérieur”, mais c'est aussi un moyen rapide, efficace et économique d'améliorer sensiblement votre anglais, allemand ou autre langue (tout dépend du pays dans lequel vous partez).

Cependant, comme souvent, tout ce qui brille n'est pas or. Une étude effectuée par le Migrants Right Centre or Ireland (MRCI) montre que la majorité des jeunes filles au pair en Irlande travaillent plus de 70 heures par semaine pour moins de 120 euros, sans avoir aucune pause pendant la journée ni de vacances rétribuées. De plus, seul 8% des jeunes filles au pair ayant participé à l'étude (le nombre total de participantes n'a pas été déclaré) a affirmé travailler moins de 60 heures par semaine, et un tiers des jeunes filles interrogées a déclaré se sentir fortement exploitée.

Bien souvent, la presse, et les jeunes filles au pair elles-mêmes, racontent des histoires d'exploitation où l'on retrouve des requêtes des familles d'accueil à la limite de l'absurde. Alice, 27 ans, originaire de Macerata (Italie) nous parle de son expérience en Catalogne : « Si tu as de la chance, tu réussis à prendre un peu de temps pour toi, à moins que tu n'aies à disposition qu'une seule journée libre dans la semaine et un seul week-end libre par mois. Et croyez-moi, c'est vraiment peu si l'on considère l'engagement au quotidien, parce que les huit heures de travail par jour ce n'est qu'une légende. » La conséquence immédiate est que le temps passé sans pouvoir avoir un moment pour soi se ressent, et pas qu'un peu, sur la qualité du temps investi avec ces merveilleuses créatures que sont les enfants.

Les diverses requêtes de la part des familles et conditions de travail peuvent être vraiment aberrantes : lits dans les couloirs, chambres sans chauffage, interdits sur la consommation de certains aliments, interdiction de s'asseoir à table avec la famille d'accueil. Oui, vous avez bien lu chers lecteurs ! Maria, de par son expérience dans l'Essex, porte malheureusement avec elle le souvenir de la famille d'accueil qui l'invitait à consommer son dîner dans sa chambre, qui lui arracha des mains une pauvre aubergine car pour elle le menu hebdomadaire devait se résumer à des plats de pâtes cuisinés la veille, des plats préparés et des plats resservis pendant plusieurs jour de suite jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Gare à elle si elle demandait à manger un steak ! Notre malheureuse jeune fille au pair ajoute : « J'ai fini par m'énerver car je voulais manger un steak, qui ne m'a finalement été accordé que cinq jours plus tard, accompagné par le reproche d'avoir fait dépensé 2 £ à la famille. » 

Effectuer un séjour au pair peut mettre vos nerfs à rude épreuve : on peut se sentir stupide parce que l'on ne comprend pas tout ce que l'on nous dit, on peut ressentir de la colère face aux réponses désagréables déclenchées parce que les jouets ne sont pas rangés à leur place d'origine, on peut se sentir irrité par les irruptions dans sa chambre toutes les heures. Heureusement, les enfants ont le pouvoir de toucher la corde sensible et c'est pour cela que tu peux mettre dans ta valise le souvenir de ce « Thank you Maria » survenu après leur avoir appris à écrire les nombres jusqu'à 1000, ainsi que le souvenir de la plus petite qui se risque à faire une chorégraphie dès qu'elle entend les premières notes de « Happy », et enfin le souvenir de leur enthousiasme lorsqu'ils ont découvert les grandioses Queen à seulement 2 et 4 ans. Le conseil des ex-filles au pair aux filles au pair futures et courageuses est de se rappeler que la mère des enfants ne sera jamais votre mère et que le manque de votre terre natale se fera ressentir de manière retentissante (Ô ma chère Italien, combien de fois t'ai-je désirée comme Ulysse l'a fait d'Ithaque !). A ce qu'il paraît faire un séjour au pair te change et t'enrichit.

En revanche, mon odd advice est de prendre cette expérience telle qu'elle est : avec ses bons et ses mauvais côtés. Cependant, informez-vous avant pour savoir si par exemple la mère de famille prend ou non des psychotropes ou si la famille possède une arme à feu qui peut se retrouver entre les mains des enfants (tiré d'une histoire vécue). Et si à votre retour à la mère patrie « vos enfants » vous manquent, rappelez-vous comment étaient leurs parents.