Espagne : les contrôleurs matés par l'armée

Article publié le 7 décembre 2010
Article publié le 7 décembre 2010
En raison d'une grève sauvage des contrôleurs aériens, le Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a déclaré samedi 4 décembre l'état d'urgence et confié le contrôle de l'espace aérien à l'armée. Vu par les éditorialistes européens, la fermeté affichée de Zapatero s'explique par la crainte de retombées négatives pour sa réputation déjà écornée et pour l'économie du pays.

La Razón – Espagne : Zapatero ne cède pas à la pression

En raison de la grève des contrôleurs aériens, l'armée espagnole a pris le contrôle des aéroports sur ordre du Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero. Cette mesure radicale était justifiée, estime le journal La Razón, quotidien conservateur et le plus souvent critique à l'égard du gouvernement : « Le Premier ministre Zapatero a bien fait de gérer cette crise avec détermination et efficacité. Il était son devoir d'ouvrir à nouveau l'espace aérien, de défendre les droits des passagers et de rétablir la normalité. Il l'a fait dans le respect rigoureux des lois et de la constitution. L'instauration de l'état d'alerte est une mesure dont dispose le gouvernement de par la constitution pour faire face aux situations d'urgence. En ce sens, on ne peut pas reprocher au gouvernement sa gestion de la crise et sa farouche volonté de ne pas céder à la pression des contrôleurs aériens. Un tout autre sujet en revanche, c'est la négociation catastrophique menée au préalable avec les syndicats qui après un an et demi de tergiversations s'est achevée sur le pire dénouement imaginable. »

(Article publié le 05.12.2010)

Frankfurter Rundschau – Allemagne : Chaos aérien : Zapatero est responsable

L'intervention musclée contre la grève des contrôleurs aériens n'a pas vraiment amélioré l'image écornée du Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero auprès des Espagnols, note le quotidien de centre-gauche Frankfurter Rundschau : « Depuis le début de l'année, l'Espagne fait l'objet d'une surveillance accrue de la part des investisseurs internationaux, et Zapatero a dû prendre de nombreuses décisions impopulaires pour reprendre en main le budget de l'Etat. Sa grande amabilité n'a pas aidé le chef du gouvernement ; la plupart des Espagnols le considèrent aujourd'hui comme un raté. C'est peut-être la raison pour laquelle Zapatero a réagi aussi durement contre la grève sauvage des contrôleurs aériens. Il a déclaré l'état d'urgence et placé les contrôleurs aériens sous juridiction militaire. Il a agi avec une poigne de fer, dans le vague espoir que les Espagnols lui reconnaissent une grande détermination. Effectivement, son intransigeance avec les contrôleurs aériens plaît aux gens. Mais ceux-ci se doutent également que le gouvernement a sa part de responsabilité dans ce chaos. Intransigeant ou pas, les Espagnols n'aiment plus Zapatero. »

(Article publié le 06.12.2010)

Il Sole 24 Ore – Italie : Quand le tourisme va…

L'importance du secteur touristique pour l'économie espagnole justifie les mesures rigoureuses du gouvernement contre la grève des contrôleurs aériens, estime le journal économique Il Sole 24 Ore : « C'est l'état d'urgence en Espagne depuis samedi. C'est la première fois depuis la dictature de Franco que le pays a recours à cette mesure exceptionnelle. … L'épreuve de force menace toutefois de se prolonger jusqu'aux vacances de Noël, sous la forme d'une 'grève blanche' (on se limite à effectuer la durée minimum de travail contractuel). Un scénario que l'Espagne ne peut bien sûr pas se permettre, le tourisme étant l'un des secteurs économiques les plus importants du pays, et surtout, l'un des rares qui fonctionnent encore. Dans cette optique, le gouvernement a haussé le ton samedi et tapé du poing sur la table. Le Premier ministre Zapatero semble cette fois-ci avoir réagi avec fermeté, soutenu par le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, récemment nommé vice-Premier ministre et perçu comme l'homme fort de l'exécutif. »

(Article publié le 05.12.2010)

Naftemporiki – Grèce : Avec les grèves, l’Espagne sur la sellette

Les images de chaos dans les aéroports espagnols, suite à la grève des contrôleurs aériens, pourraient avoir des répercussions sur la confiance déjà entamée des investisseurs étrangers dans l'économie du pays, estime le journal économique Naftemboriki : « L'Espagne est au cœur de l'attention des investisseurs depuis que l'Irlande a été contrainte d'accepter une aide financière de 85 milliards d'euros, suscitant la crainte que la crise de la dette ne s'étende aussi à d'autres pays de la zone euro. Dans une tentative visant à restaurer cette confiance, le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero a rapidement annoncé de nouvelles mesures de relance de l'économie et de réduction des coûts. La réussite de ces mesures pourrait toutefois être occultée par les grèves de ce week-end. »

(Article publié le 06.12.2010)

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Photos : Une : (cc) Carlos Lorenzo