Escale au Danemark

Article publié le 17 novembre 2011
Publié par la communauté
Article publié le 17 novembre 2011
Il y a trois mois, je posais mes valises à Göteborg pour entamer une nouvelle étape dans ma vie étudiante. Les souvenirs sont tellement nombreux que je ne pouvais que les partager. La première étape va être de résumer les faits marquants qui ont rythmé mes premiers pas hésitants. Si je réfléchis bien, le premier fait marquant est le voyage d’une journée au Danemark.

Cela fait une demi-heure que le vent me fouette les joues mais je ne peux pas me lasser de contempler les îles qui composent l’archipel de Göteborg. A tribord, j’aperçois deux moutons en train de paître sur le minuscule carré d’herbes présent par miracle sur un îlot rocailleux. A bâbord, j’ai une vue imprenable sur la côte verdoyante. Je suis sur le pont du ferry qui me mène au Danemark. C’est l’occasion idéale pour revenir sur les moments vécus ces derniers jours.

Je suis arrivé en Suède trois semaines après avoir quitté le Burkina Faso, j’ai posé mes valises dans ma nouvelle chambre. Un frigo, des meubles, une salle de bain, une grande cuisine toute équipée à partager avec mes camarades de classe, un coin salon avec télévision et de nombreux fauteuils éparpillés aux quatre coins de la résidence. Ça change de la cellule monastique que j’occupais l’an dernier !

Mes premières semaines ont été consacrées à prendre mes marques et à découvrir les différents personnages qui composent ma promotion. Je vais donc passer deux ans avec : une anglaise, une allemande, une norvégienne, deux népalais, une serbe, une croate, une française, une espagnole, un coréen, une vietnamienne, une lituanienne, un américain, une canadienne, une brésilienne, deux suédoises et un suédois. Master international vous avez dit ? Le plus intéressant reste les divers profils en présence. Lorsque quelqu’un annonce qu’il débarque d’une licence en sciences sociales, quelqu’un déclarera qu’il est avocat de profession. Il a étudié la politique, elle parle quatre langues différentes. Etc.

Bon c’est sympa les mouettes mais je vais rentrer dans le ferry. Je distingue ici ou là quelques promotionnaires étalés de tout leur long sur des canapés. Ils récupèrent de notre première soirée en mode Erasmus. C’est sûr le réveil à 7h a été dur. Je décide de me joindre à l’espagnole et l’anglaise qui décident de découvrir les diverses activités présentes sur le bateau. Je m’exerce dans un premier temps au mini-golf. Oui il y a un mini-golf sur le ferry ! Et ce n’est pas tout… Cet échauffement me permet de rentrer pleinement dans le match de tennis de table qui m’oppose dans un premier temps à l’anglaise puis à l’espagnole. Les victoires sont évidemment sans appels. Galvanisé, je propose un ultime combat de billard pour les achever. Je consacrerai le reste de la traversée à me promener et à dormir sur un canapé avec vue sur la mer.

Au bout de trois heures et demie, nous débarquons à Frederikshavn, petite ville du nord du Danemark. Cela ne constituera qu’une petite halte de quelques minutes, le temps de nous rendre à la gare et d’attendre le train. Nous prenons la direction de Skagen. Si vous examinez bien une carte, vous trouverez ce petit village à la pointe nord du pays. Très connu par les amateurs d’art pictural, cette bourgade constitue le point de rencontre entre la mer du Nord et la mer Baltique. C’est précisément ça qui nous intéresse, l’objectif initial de ce voyage étant d’aller se baigner dans ces eaux exotiques. Nous arrivons donc à Skagen gare et nous marchons durant une petite heure pour rejoindre la fameuse plage. Sur le chemin, nous croisons les promeneurs cyclistes et le grand phare. Enfin, nous apercevons une belle petite plage de galets.

Le premier contact avec l’eau froide se révèle très compliqué. Les muscles se contractent, l’air a du mal à pénétrer les poumons, en gros on ne fait pas les malins. Au bout de quelques minutes, l’organisme commence à s’habituer au contact de l’eau glacée. J’en profite pour faire quelques longueurs. Je m’aperçois bien assez vite que nous ne sommes pas les seuls à faire un brin de baignade. En effet, des méduses rouges me signalent que je prends trop de place en me piquant le bras et la jambe. C’est pas bien grave tout ça. Bon ça fait mal quand même, et c’est normal que mon bras soit tout rouge ! Je décide donc de sortir de l’eau.

Nous devons rentrer assez vite vers la gare pour prendre le train de retour. Notre course effrénée sur les derniers mètres nous permet de ne pas rater le dernier train. Une fois dans le wagon je me rends compte qu’il n’y a plus de places disponibles auprès de mes nouveaux camarades de classe. Sympa les étudiants étrangers… Cela représente pour moi une bonne occasion pour rencontrer les autochtones. Je décide de m’asseoir en face d’un jeune homme en uniforme qui pianote sur son iPhone. Ce dernier me voyant prendre place auprès de lui arrête instantanément son activité et engage la conversation. Nous discutons pendant une petite heure de nos vies. Je lui apprends que je viens de m’installer en Suède pour quelques mois dans le cadre de mes études. Il m’explique qu’il est militaire garde-côte et qu’il est affecté au poste d’observation de Skagen. Euh dites la peau toute rouge et les démangeaisons, c’est grave ? Il m’apprend également qu’il a passé quelques mois en Afghanistan et qu’il a réussi à y fêter Noël avec ses compatriotes et de l’alcool. Il me fait bien comprendre que c’était d’une importance primordiale pour sa garnison étant donné qu’ils ne comprenaient pas très bien en quoi leur présence était utile. Nous nous séparons sur le quai de gare et nous souhaitons mutuellement bonne chance pour la suite de notre vie.

Avant de prendre le bateau, il nous reste assez de temps pour acheter quelques provisions d’alcool comme tout bon suédois qui se respecte. En effet, étant donné les prix exorbitants exercés en Suède tout le monde se précipite au Danemark pour faire le plein. Exténués par notre longue journée, nous dormons tous dans le grand salon du ferry pendant le trajet retour. Je peux m’évader en rêvant des prochains mois qui vont rythmés ma nouvelle vie.