ERT ou DT, DEUX TELEVISIONS PUBLIQUES GRECQUES

Article publié le 15 juillet 2013
Article publié le 15 juillet 2013

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Une vieille télévision publique et un nouveau modèle, respectant toutes les indications de la Troika, s’affrontent dans le panorama audiovisuel grec. Entre les deux, un pays qui avance sans média public. Pour le moment la nouvelle télévision publique de Grèce, DT, a débuté en passant des films d’il y a 50 ans. Jugez par vous-mêmes. Un texte écrit par Susana Arús.

Evitons les confusions. Le sigle ERT correspond à l’ancienne radiotélévision publique grecque, fermée depuis un mois de manière foudroyante sur ordre du Gouvernement dirigé par le conservateur Antonis Samarás. En revanche, l’acronyme DT est le nom choisi pour la nouvelle version de la télévision publique, qui a commencé à émettre cette semaine. Au début on a essayé EDT, on en a fait grand bruit, on s’est rendu compte que le nom était déjà déposé, alors on s’est contenté de DT. Par mandat du Conseil d’Etat de Grèce, le gouvernement ne pouvait pas garder plus longtemps l’écran noir et la phrase « aucun signal » puisque cela faisait de la Grèce le seul pays de l’Union Européenne sans service de télévision publique. A présent, et sans savoir avec quel personnel, DT a commencé à émettre d’anciennes productions du cinéma grec. Comme il ne dispose d’aucune infrastructure disponible, le nouvel organisme s’est installé dans les studios Mega, l’une des plus grandes chaines privées de Grèce. Le public chez le privé, toute une contradiction.

Les travailleurs et journalistes qui occupent le bâtiment de l'ERT dans le quartier d’Aghia Paraskevi accusent le gouvernement de les utiliser comme têtes de turcs mais sourient aussi après avoir affirmé que le Gouvernement  grec ne s’attendait pas à cette manifestation.

La nouvelle de la naissance de DT n’a pas du tout plu aux travailleurs qui occupent le bâtiment de l’ERT, puisque cela suppose une dure concurrence vis-à-vis de leur programmation qu’à travers internet ils continuent de transmettre de façon allégale. A l’heure dite et de manière ponctuelle commence le JT, comme si rien n’avait changé, informant la population grecque des dernières nouveautés internationales et nationales.

Le présentateur des informations du soir, Prokopis Doukas, nous raconte qu’ils essayent de maintenir la même grille de programmation qu’avant la fermeture, pour que le public continue à avoir confiance en eux.

Le désaccord est total, une partie des travailleurs préfère continue la lutte à travers l’occupation et l’autre moitié voit d’un bon œil la proposition du gouvernement grec. Pour le moment, les deux télévisions publiques continuent leur chemin, en parallèle mais sans aucun point commun.