Erri De Luca : Je suis avec Naples depuis que je suis né

Article publié le 10 novembre 2015
Article publié le 10 novembre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La capitale de la Campanie a été le cœur d’un événement musical en faveur d’Erri de Luca, l’écrivain napolitain récemment relaxé à son procès pour « incitation au sabotage » dans le cadre de l’affaire du TGV Lyon-Turin. L'événement, consacré à la liberté de parole, a été organisé par l’association napolitaine « Officinae Efesti ».

La capitale de la Campanie a été le cœur d’un événement musical en faveur d’Erri de Luca, l’écrivain napolitain récemment relaxé à son procès pour « incitation au sabotage » dans le cadre de l’affaire du TGV Lyon-Turin. L'événement, consacré à la liberté de parole, a été organisé par l’association napolitaine « Officinae Efesti ».

Différents représentants de la musique napolitaine, comme les Almamegretta, des institutions (dont le maire, Luigi De Magistris et l’adjoint au maire chargé de la culture, Nino Daniele) ont répondu présents aux côtés d'Erri de Luca invité sur scène. Nino Daniele a ouvert la soirée en citant John Donne « Aucun homme n’est une île » et a souligné l’engagement de l’écrivant qui reste « dans le remous de l'histoire » et qui « représente les valeurs de la Naples d’en bas ». Le Maire a ensuite pris la parole pour souligner « la tristesse de se réjouir d’une relaxe ». Il a ajouté qu’il ne s’agit pas « d’un pays normal, un pays qui poursuit un écrivain qui s'est exprimé sur un imbroglio, la ligne TGV Lyon-Turin, conçu pour faire gagner de l'argent à la mafia ». Luigi De Magistris a également exprimé sa solidarité avec les habitants du Val di Susa et a parlé de l’engagement nécessaire de Naples dans la défense de ceux qui, comme Erri de Luca, « n’ont pas peur de défier l’ordre établi ».

Enfin, ce fut au tour d'Erri de Luca de prendre la parole en se déclarant embarrassé pendant qu’il affirmait que « Je suis avec Naples depuis que je suis né ». L’écrivain a également parlé de son lien avec la ville et avec le dialecte napolitain, son « système immunitaire ». Il a expliqué ensuite que sa relaxe porte la signature non seulement du juge, mais de tous ceux qui se sont rangés du côté « de l'article 21 de notre Constitution qui consacre la liberté d'expression et contre une disposition du code pénal fasciste ». L’écrivain a également jugé le travail du Maire De Magistris et de son conseil municipal qui « n’accepte pas les pots-de-vin » et a insisté sur la nécessité d'un second mandat au Palais San Giacomo (Mairie de Naples). Après son intervention sur scène, l’auteur est allé à la rencontre des gens qui étaient venus à Piazza del Municipio pour le soutenir en se prêtant au jeu des photos et des autographes.

« Ce type d’événements est la démonstration que la société civile, en collaboration avec les associations locales, est encore capable de mobiliser sa base et de défendre un écrivain laissé seul par les institutions et par les grands médias nationaux », a affirmé la Présidente d’Officinae Efesti, Stefania Piccolo. Et ce fut vraiment ainsi : sur les réseaux sociaux et sur la place, ##NapolistaconErri – (Naples est avec Erri), aujourd’hui plus que jamais.