Erasmus party, cocktail explosif

Article publié le 7 novembre 2007
Publié par la communauté
Article publié le 7 novembre 2007

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

'Dis-moi comment tu fais la fête' et je te dirai qui tu es - une variation sur un proverbe connu qui correspond bien aux soirées étudiantes Erasmus. Dans cette avalanche éthylique, facile de mieux discerner personnalité et ...nationalité.

Une cage dorée. Une fois qu'on a été étudiant Erasmus à Bruxelles, il est difficile de revenir à une vie normale. Deux raisons expliquent cet état de fait : la capitale européenne est envahie par les expatriés, étudiants étrangers ou immigrés. L'autre explication, c'est l'esprit de fête inhérent à des locaux particulièrement chaleureux..

Des débuts de soirée au goulot

Les Allemands et les Autrichiens ont pris l’habitude de se réunir entre eux pour communier autour du dieu Bacchus. Outre-Rhin, on parle de ‘vorgluhen’. Traduction littérale : se chauffer pour la soirée en descendant plusieurs bouteilles dans les cuisines des résidences étudiantes.

Les étudiants qui viennent du Sud, généralement plus fauchés, commencent avec un ‘botellon’, une tradition espagnole qui consiste à boire à l'extérieur, dans un parc, voire dans la rue. Prescription : dîner, jeux de cartes, quelques centaines de cigarettes ou un narguilé. Posologie : à prendre régulièrement et jusque tard dans la soirée. « Mais con calma », préconise Giulia l'italienne.

A Bruxelles, il est normal de se rendre en boîte à minuit mais la palme va aux Ibériques qui ne sortent qu'à partir de 3 heures du matin, hombre! Plus au Nord, on commence à manger vers 21heures. « On va à l'italien, au chinois ou kebab », explique Pascaline, jeune belge. « Mais le choix dépend surtout de la suite de la soirée ».

Tenue correcte exigée : veni, vidi, vici

Une jeune fille, mini-jupe et talons hauts, descend les bières comme du petit lait. Un étudiant m'explique : « normal, elle est anglaise ». Les Belges, quant à elles, ont coutume de porter des jupes et des hauts à la mode, ou des jeans couplés à des t-shirts humoristiques. Les Grecques et les Françaises possèdent elles un style bien particulier, que les Italiens nomment ‘goliardia’, en riant sous cape. En clair : porter des sous-vêtements en accord avec le thème de la soirée. Les Slovènes, les Hongrois, les Polonais et les Lituaniens suivent davantage la mode qu'ils ne la créent.

Mais c'est côté garçon que la différence vestimentaire entre Européens se révèle la plus flagrante. Au Royaume-Uni, la combinaison tee-shirt pantalon est incontournable. « Les étudiants en école de commerce ou en médecine s'habillent en général plus sérieux », déclare Florian, un Australien. « Moi, j'en ai eu rapidement assez de rencontrer ces ‘preppies’ [étudiants en école de commerce] en France ou à Bruxelles, sappés en Lacoste, pulls Tommy Hilfiger et polos », dit une jeune polonaise. « C'est une véritable caste ».

Bibi, bali - drunk

Les jeunes, et plus particulièrement les filles, de l'autre côté de la Manche sont réputées très douées pour boire (jusqu'à la lie). A l'instar des Allemands, des Autrichiens, des Hollandais, des Belges, des Polonais ou des Russes, certes. Logique : les meilleures bières et vodka ['ubrówka' ou 'Wyborowa' ou 'Maskovskaya'] viennent de ces deux derniers pays.

Les Méditerranéens en restent au vin, qu'ils le consomment pur ou en cocktail. Les boissons les plus populaires sont ainsi la 'sangria' (punch avec des fruits, du sucre, de la cannelle et du cognac), le 'tinto de verano' (vin avec du Sprite ou du doda) ou le ‘Kalimotxo’ (vin rouge et coca).

Plus au Nord règnent les très germaniques ‘Bierbauch’ [ventres à bières]. En Europe centrale et de l'Est, on boit tout sans préférences même si l'on aime faire des mélanges. « Jak si ? bawi ?, to si ? bawi ?…drzwi wywali ? potem wstawi ? », nous dit Michal, le Saint polonais. Ce qui veut dire : si tu veux faire la fête, fais vraiment la fête... casse la baraque et attend que ça passe.

Plus calmement, les cafetiers de Bruxelles s'affairent à servir bières aux garçons et ‘kriek’ (bière au jus de fruit, ou plutôt du jus de fruit à la bière), voire Martinis pour les filles. « Pour autant, les étrangers boivent moins que les Belges. Et donnent plus rarement des pourboires », se plaint Alain du Le Cirio, un pub très couru du centre-ville.

Boogie 2night

Les Français, les Anglais et les Suédois sont généralement en train de prendre racine et de passer leurs soirées accoudés au comptoir. Mais on croisera rarement des Espagnols ou des Polonais sautillant sur la piste de danse. Même si certains ont affirmé avoir vu des Polonais danser ‘comme s’ils voulaient soutenir les murs de la piste de danse’.

La règle est donc la suivante : danser en cercles avec des ses amis (les filles agitant leurs sac à main au beau milieu), ou en couple en maintenant la distance, avec une mention spéciale pour les Belges souriant qui ont l’habitude de danser le R’nB un poil trop collés-serrés. Les amoureux de la bière s’accrochent eux obstinèment à leurs choppes, au risque de les briser sur la piste. En termes techniques, les Européens du Sud semblent avoir un peu plus le rythme dans la peau, Portuguais, Grecs ou Turcs sont moins raides que leurs homologues scandinaves.

L’étendue des goûts musicaux va des rythmes chauds méditerranéens au brit-pop plus classique, en passant par le hip hop américain, les cheesy tubes anglais, les numéros 1 du top 50 teutons [‘schlägern’] ou les grandes chansons discos remixés par des dj néerlandais. En gros, un coktail aussi variés que les divers breuvages éthyliques des étudiants.

Fermeture

Mais il y a une chose que tous les étudiants ont en commun lorsqu’il s’agit de faire la fête : le sentiment de tristesse qui les envahit lorsqu’elle s’achève. Certains ont plus de chance comme en Allemagne ou en Belgique car il n’y a pas d’heure de fermeture déterminée. Outre-Manche, on rend les armées à 11 h ou 1 h tandis que les Italiens sont connus pour protester en coeur contre un horaire si tôt en chantant ‘Bella Ciao’ devant les pubs. Et après les beuveries collectives vient le temps du ‘kebab post-party’, très populaire auprès des Allemands et des Belges.

Une soirée Erasmus en Finlande avec tous les ingrédiens mentionnés ci-dessus

(Video: wverlinde/ Youtube)

Crédit photos: WMItalic text