Erasmus : destination étrange(r)

Article publié le 26 mars 2009
Publié par la communauté
Article publié le 26 mars 2009
Aujourd’hui, le programme européen d’échange inter-universitaire Erasmus est entré dans les mœurs. Une bonne partie des étudiants n’a qu’une hâte : partir ! Au départ de la France cependant, la majorité des pays d’accueil sont frontaliers : Espagne, Allemagne ou Angleterre. Pourtant, de plus en plus de jeunes prennent chaque année des routes « étranges » sans qu’aucun n’émette le moindre regret.
Simple phénomène de mode ou envie de changer radicalement d’air ?

Par Émeline Collet

« Dès qu’on se déplace un peu plus loin, explique Audrey De-Vilhena, correspondante Erasmus à l’université Blaise-Pascal de Clermont, le barrage de la langue devient problématique ». C’est la raison pour laquelle sur les 148 étudiants partants en 2007 - 2008, 90 % ont préféré ne franchir qu’une seule frontière. Mais la tendance semble s’inverser doucement.

Par rapport à l’année dernière, le nombre d’étudiants en partance pour la Finlande a par exemple presque triplé. Ce que Marie Chastenet, étudiante en troisième année de LEA (Langues étrangères appliquées), explique notamment par une réelle envie de se rapprocher de la nature. Les jeunes seraient sensibles aux préoccupations environnementales qui se sont faites jour ces dernières années. Elle ajoute que les étudiants ont aussi une réelle envie de sortir des sentiers battus. « L’Angleterre et l’Espagne sont des destinations bateaux. »

342905015_8f02b06d87.jpg ( http://www.flickr.com/photos/cellulina/342905015/)

« Sauter dans le vide sans ceinture de sécurité », une expérience exaltante

Certains ont d’ailleurs fait d’Erasmus le point de départ d’une vie de globe-trotter. Terence Wissler avait tout juste un Deug d’Infocom en poche quand il a traversé la mer pour la première fois, direction Blackpool, dans le Nord-Ouest de l’Angleterre. L’année suivante, c’est à Warsaw qu’il poursuit ses études, squattant dans un premier temps les sous-sol d’un hôtel contre quelques heures de plonge le soir, intégrant ensuite une collocation multiculturelle dans la capitale polonaise. « Évidemment ça a été une année très formatrice, beaucoup plus que mon année en Angleterre. Là-bas, personne ne parlait français, et je ne parlais ni polonais, ni même allemand » explique le jeune homme avant d’ajouter : « le moindre problème de la vie quotidienne devient insurmontable si on ne sait pas s’adapter ».

Et en matière d’adaptation, Terence a fait ses preuves. Après une année passée à vadrouiller dans presque tous les pays de l’ancienne Europe communiste, le jeune homme a finalement décidé de sauter le pas. Il est actuellement chargé de communication à Montréal, dans le cadre du Festival du Film sur les droits de la personne. « À Warsaw, j’ai découvert à quel point c’était jouissif de sauter dans le vide, sans ceinture de sécurité. Aujourd’hui, je ne réfléchis pas avant de traverser un océan. Je sais qu’il n’y a que des bonnes choses qui m’attendent de l’autre côté ! ». Partir loin, c’est aussi une façon de montrer à ses futurs employeurs qu'on n’a pas peur de l’inconnu, ni de prendre des risques.

Plus on s’éloigne, plus les bourses sont élevées

De plus, les étudiants se voient attribuer une bourse Erasmus plus importante s’ils s’éloignent davantage de leur pays d’origine. « En France, l’allocation est une fois et demie supérieure pour un étudiant qui part dans les pays nordiques que pour celui qui traverse les Pyrénées » note Brigitte Meilleroux, responsable des finances au service des relations internationales de Clermont-Ferrand.