Entretien avec Miguel Ángel Martín Ramos : multilinguisme pour tous !

Article publié le 4 avril 2012
Article publié le 4 avril 2012
Par Alfonso de Cea Poliglotti4.eu est un projet de la plateforme européenne de la société civile promouvant le multilinguisme en Europe. Un des membres de cette plateforme et coordinateur linguistique et inclusion sociale du projet, Miguel Ángel Martín Ramos, a répondu à nos questions. Poliglotti4.eu est né de la volonté de promouvoir le multilinguisme au niveau européen, national et régional.
Pensez-vous que ce projet vient remplir un ‘vide institutionnel’ dont la classe politique avait oublié?

Poliglotti4.eu est le résultat des délibérations de la plateforme de la société civile en faveur du multilinguisme de l'UE. Le projet, promu par 9 des 29 membres de la plateforme, vise à créer un observatoire en ligne pour faire un rapport sur les bonnes pratiques en matière de politique linguistique.

Ainsi, le projet essaie de couvrir un vide institutionnel avec la participation de la société civile dans le développement politique européenne relative au multilinguisme, mais cela ne signifie pas que la classe politique a négligé la promotion de l'apprentissage des langues. Ce projet est co-financé par le programme d'apprentissage de la Commission européenne, et est également né d'une initiative de la Commission.

La barrière de la langue est toujours un problème quotidien au sein des relations institutionnelles. Pourquoi ces disparités par rapport aux connaissances d’une deuxième langue parmi les pays européens?

La langue est sans doute l'un des plus grands obstacles que l'Europe doit résoudre de façon à atteindre une pleine intégration dans sa communauté. Il faut trouver le juste équilibre entre la protection de la diversité linguistique (l'un des plus grands signes de notre identité) et les améliorations de la communication entre européens à tous les niveaux.(...)

L'apprentissage des langues dès la petite enfance semble la clé du succès, mais nous parlons aussi d'une solution à long terme pour obtenir des résultats en 20 ou 30 ans. L'Europe a également besoin de solutions à court et moyen terme : des programmes de sensibilisation afin de promouvoir ces changements sociaux.

Le chemin vers une Europe plus unie passe à travers la promotion de pratiques multilingues. La crise actuelle, servira -t- elle à promouvoir le dialogue et l'intérêt pour l'apprentissage d'autres langues?

Les crises sont aussi des opportunités. J'ai récemment parlé avec Uwe Morh, le chef du projet d'origine allemande. Il m'a dit que la situation tragique, c’est que de nombreux citoyens européens vivent dans son pays. Ils sont allés là-bas pour chercher du travail car il y a une certaine demande d'emploi, mais ils finissent comme serveurs malgré leurs grandes expériences, tout simplement parce qu’ils ne connaissent pas la langue. Il est temps de se mettre au travail si l'UE veut augmenter leur potentiel. Nous devons nous battre pour changer les stéréotypes en matière de langue de sorte que l'apprentissage d'autres langues ne soit pas une chose très compliquée.

À part Poliglotti4.eu, quels types de projets sont gérés par la plateforme de la société civile en faveur du multilinguisme? Pourriez-vous nommer quelques-uns?

La plateforme européenne est une initiative de la Commission européenne lancée en octobre 2009. Nous n'avons pas de projets spécifiques que nous gérons, mais on doit observer la situation en Europe afin de suggérer des améliorations. Nous avons terminé un premier mandat et nous sommes maintenant sur le point de lancer, en collaboration avec la Commission européenne, une seconde période avec de nouvelles lignes directrices.

En tant que membre de premier plan dans le domaine de l'inclusion sociale et du multilinguisme, que diriez-vous à ceux qui refusent toujours de débloquer le développement linguistique?

Goethe a dit que « Qui ne connaît pas de langues étrangères ne connaît pas la sienne ». L'apprentissage des langues est implicitement lié à une meilleure connaissance des autres cultures, ouvre les esprits des gens et crée de nouvelles opportunités pour l'avenir. En plus, cela peut sembler utopique mais, l’apprentissage des langues nous permet aussi de rencontrer et de créer un monde meilleur. Selon Nelson Mandela, « Si vous parlez à un homme dans une langue qu'il comprend, cela va à sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, cela lui va droit au cœur ».