Entretien avec Julia Malaise de SEDIF: “sensibiliser l’ULB aux diverses réalités latino-américaines”

Article publié le 20 avril 2012
Article publié le 20 avril 2012
Par Alfonso de Cea Le Service d’Information et de Formation Amérique Latine (SEDIF) est une Association sans but lucratif qui a pour principal objet l’éducation à la coopération et au développement concernant notamment l’ Amérique Latine. Cafebabel s’est entretenu avec Julia Malaise, attachée de l’ONG, pour connaître davantage ce service qui est lié a la communauté universitaire de Bruxelles.

Bruxelles est la deuxième ville, après New York, à accueillir le plus grand nombre d’institutions internationales. Qu’est-ce qu’il en est pour les organisations de coopération?

Il y aurait environ 125 ONG de développement en Belgique agréées par la Direction Générale de la Coopération au Développement (DGD), qui relève du Ministère de la coopération au développement. Évidemment, les ONG de développement ne sont pas les seuls acteurs de la coopération au développement.

Pour la coopération bilatérale (entre États), nous avons les institutions gouvernementales: la DGD au niveau fédéral, Wallonie-Bruxelles International (WIB) et la Vlaams Agentschap voor Internationale Samenwerking (VAIS) au niveau régional. Les provinces et les communes ont aussi de plus en plus un volet “coopération au développement”. Les universités et autres associations jouent également un rôle important.

D’une manière générale, je pense que Bruxelles est une ville très internationale où fourmillent tout type d’associations et d’initiatives citoyennes. C’est un lieu très vivant en ce qui concerne la coopération au développement.

Quels sont les liens entre le SEDIF et l’ULB à Bruxelles?

Au début de son existence, dans les années 1980, le SEDIF était une association latino-américaine d’information et de documentation sur les réalités socio-politiques, économiques et culturelles de l’ Amérique Latine et des Caraïbes. Ensuite, le SEDIF a évolué et est devenu une ONG d’éducation au développement qui a pour objectif de sensibiliser la communauté universitaire de l’ULB aux diverses réalités latino-américaines.

Quelles sont les activités menées par l’organisation et comment fonctionne la structure de travail? Qu’est-ce que pourriez-vous nous dire par rapport au projet de soutien vers Haïti?

Nous menons des activités d’éducation au développement : conférences, débats ou projections de films. Des activités plus culturelles sont également organisées : expositions de photos, concerts… L’objectif est d’amener notre public à une certaine réflexion et à mieux cerner la pluralité des réalités et des enjeux de l’Amérique Latine dans les rapports Nord/Sud.

Pour Haïti, le projet est encore au stade de la réflexion. Nous souhaitons organiser à l’ULB deux jours de sensibilisation sur la reconstruction en Haïti depuis le séisme en 2010, en partenariat avec la Plateforme Haïti de Belgique. Nous souhaitons aborder la question de tutelle du pays par rapport à l’aide internationale, les inégalités criantes, le rôle de l’État, etc. Nous aimerions également mettre en avant la culture du pays avec des concerts et des expositions.

Il y a une tendance assez marquée de «démotivation à la participation» des citoyens. Votre défi est-il de motiver cette participation?

Il est vrai que c’est toujours un défi de motiver les jeunes à s’intéresser à certaines thématiques : ils sont en permanence sollicités et nous devons avoir une approche novatrice et dynamique afin d’attirer leur attention.

On devrait peut-être donner aux citoyens des raisons pour trouver des liens avec l’Amérique Latine... Qu‘en pensez-vous?

Nous essayons en effet de mettre en exergue les initiatives de cette région qui peuvent nous inspirer par la mobilisation des populations. C’est la région du monde où les inégalités sont plus fortes, mais c’est aussi une zone où les actions citoyennes et politiques foisonnent.