Energie nucléaire II, le retour. Le moindre mal ?

Article publié le 18 juin 2008
Article publié le 18 juin 2008

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Alors que le pétrole coûte cher et que le climat se réchauffe, le nucléaire apparaît pour certains Etats comme une bonne source d’énergie alternative. Mais l’Europe est divisée.

En novembre 1987, un an et demi après la catastrophe de Tchernobyl, les Italiens approuvaient majoritairement un référendum qui mettait fin à toute activité dans le secteur du nucléaire en Italie. Cette décision, Silvio Berlusconi a promis de la révoquer pendant sa campagne électorale. De retour à la tête de son pays, c’est désormais chose faite. L’Italie peut à nouveau construire des centrales sur ses terres. Et la fuite d'eau survenue le 4 juin dans la veille centrale de Krsko en Slovénie, ne modifie en rien ses projets.

Depuis le sommet franco-britannique de mars 2008, les deux des pays européens qui comptent le plus grand nombre de centrales nucléaires font stratégiquement alliance, avec un plan commun en vue de la construction de nouvelles centrales. La France, où 50 % de l’énergie provient des 56 centrales nucléaires installées sur le territoire, a l’ambition de devenir leader en la matière en Europe.

Vers la fin du nucléaire en Allemagne

(Stuck in Custom/flickr)Rien à voir avec l’Allemagne dont le gouvernement a annoncé son intention de sortir du nucléaire, et de fermer progressivement ses 19 centrales d’ici 2020. Une décision qui semble toujours d’actualité malgré la valse hésitation de la chancelière Angela Merkel qui a exprimé quelques doutes sur l’aspect écologique des nouvelles centrales à charbon prévues pour assurer la transition énergétique.

En Espagne, un scandale a été révélé à la mi-avril par les grands journaux nationaux. Suite à une fuite radioactive, intervenue le 26 novembre lors d'une opération de maintenance dans la centrale d’Ascó en Catalogne, le groupe d’électricité propriétaire de l’usine avait complètement sous-estimé l’ampleur de l’incident. La fuite aurait en fait contaminé un périmètre de 30 kilomètres autour des réacteurs. Selon le quotidien El Pais, « cet accident est l’un des quatre événements les plus graves de l'histoire nucléaire espagnole ».

Scandale atomique

L'Espagne comptait en 2007 huit centrales nucléaires en fonctionnement, générant 22,88 % de la production espagnole d'électricité. Zapatero, lors de la campagne électorale de 2008 a déclaré de son côté vouloir réduire à l’avenir l’utilisation de l’énergie nucléaire dans le pays, et faire « un effort collectif » en direction des énergies renouvelables. Mais est-ce pour ensuite racheter l’électricité produite par les centrales françaises ?

Carte des centrales nucléaires actuelles en Europe, signalées par un point rouge.

International Nuclear Safety Center/flickr