En France, on mélange peut être le verre et le plastique, mais on recycle la musique!

Article publié le 7 mai 2012
Publié par la communauté
Article publié le 7 mai 2012
Ooooooh, Buy it, use it, break it, fix it, Trash it, change it, mail - upgrade it, Charge it, point it, zoom it, press it, Snap it, work it, quick - erase it, Write it, cut it, paste it, save it, Load it, check it, quick - rewrite it, . Technologic, technologic. Si lire tout ça sans chanter t'es impossible, si dès le troisième «i t» tu as reconnu les Daft Punk http://www.myspace.
com/daftpunk et t'es précipité sur le lien, nostalgique... le verdict est sans appel : Tu es contaminé par un prodige musical, porte-parole d'une génération «print it, scan it, send it, fax-rename it, touch it...» ultra numérisée, giga pixelisée, supra du nec plus ultra '90. Il est désormais possible de mettre à profit de beaux outils. A grand coups de boîte à rythmes - quoi, démodées? - et de synthétiseurs. Du coup, tout devient accessible. Les jeunes talents fleurissent, les marginaux s'épanouissent. On s'exprime. Parfois, un peu trop? A l'image d'une société anticonformiste qui se cherche. Des univers complètement loufoques et burlesques apparaissent.

On se cherche oui, mais depuis quand? Tout bien réfléchi, la première brique à l'édifice a été posé en 70. Et le maçon? British of course! C'est la new wave, une nouvelle vague qui déferle sur l'Europe, à la fois :

Rock: Avec des groupes comme

Pink Floyd,

Simple Minds

mais surtout JOY DIVISION. Et oui, c'est d'une certaine manière le senior de toute une génération, le premier groupe à ouvrir la voie. Les premiers à décréter que crier sur un fond de guitare électrique était plus musical que chantonner en agitant son tambourin. Adieu les yéyés! Sans parler clichés, c'est une véritable révolution qui met en lumière une génération en mutation, due aux désillusions de l'époque.

Punk

En parlant de désillusions, en voilà qui en assument la caricature. Le bon vieux rebelle, cuir chaînettes, et cheveux coiffés avec un bâton de dynamite. Le refus de subir l’oppression, chaque décibel est un cri pour se sentir exister, pour s'égosiller et se désenchanter. Ouais, PUNKS NEVER DIE. La preuve en 2012 où Bieber a réussi son coup d'état aux Awards

( on remarquera l'air triomphant du bonhomme, et la fermeté avec laquelle il maintient son trophée, de peur qu'on ne vienne le lui réclamer... ) Ne nous voilons pas la face, notre culture musicale est en train de courir à sa perte.

Ainsi, http://www.youtube.com/watch?v=MsXknE8LOEI qui résisterait à l'envie de reprendre en chœur et d'une voix non chalante «ça plane pour moi ah ah ah» quand quelqu'un se met à fredonner l'air? Ces gars-là, eux, méritent de ne pas être oubliés.

→ Et même Pop,

http://www.youtube.com/watch?v=l8CDERzun4k «ça plane pour eux», The Cure, je ne pouvais sûrement pas mieux introduire l'un des plus actifs et talentueux groupes aux mille influences. Avant tout pop et psychédéliques -planer est tellement plus facile avec un florilège de psychotropes-. Oui, car The cure, c'est surtout Robert Smith. Un beau brun,à l’œil charbonneux et aux lèvres rougies. Le petit frère de Tim Burton peut être?

Interdit de se moquer! Ce monsieur là, ça fait presque quarante ans qu'il offre de la paraffine à nos tympans.

-Où veut-elle en venir, au juste?-

Un tel brassage de cultures, d'influences ne vous rappelle rien? Demandez donc à Fredo, en tant que ministre de la culture, s'il serait en mesure de qualifier notre musique actuelle. «c'est un peu flou» a -t-il déclaré dans une interview pour Evene. Et pour sûr, depuis le début des années 90 la musique électronique ne cesse de puiser ici et là pour nous proposer une Salad Bowl, la salade composée la plus composée qui soit. Et les cuisiniers? Français bien sûr!

-FLASH BACK-

1998: Margaret Thatcher déboussolée par l'hystérie du SUMMER OF LOVE 88 (rave party où les jeunes s'arrachaient l' Acid techno, comme les vieux s'arrachent la compote de pruneau) banni ce rassemblement d'Angleterre. «Traversée la manche pour se shooter à l'ecsta... à la musique électronique? EASY! » Paris a la côte. Et très vite se développent de petits frenchies qui comprennent que l'avenir musical se trouve au delà de la manche, et même de l'atlantique :

Pour n'en citer que le pionnier : Laurent Garnier, présent aux premières raves londoniennes en tant que fan, et puis aux Parisiennes et Américaines en tant que Disque-Jockey - et oui, c'est comme ça qu'on dit - qui gagnera et inaugurera le tout premier prix aux Victoires de la musique comme catégorie du meilleur DJ http://www.youtube.com/watch?v=Imgpm2tYP0Y (3:01). Belle bataille de gagnée, puisqu'à l'époque musique techno rimait avec dealer, rave et autres décadences. S'en était il rendu compte? Il venait d'ouvrir une brèche pour toute une génération d'artiste français qui allaient enfin avoir confiance en leur musique

Parce qu'avouons le, la musique frenchie n'a jamais vraiment eu la côte. La langue est compliquée, c'est pourquoi on n'a pas trop exporté. Bien que, petite anecdote pour la route, les VILLAGE PEOPLE étaient coachés et produits par un Français, puisque le mouvement Disco est purement français. Mais aujourd'hui, avec la mondialisation, la modernisation... toute une génération a les mêmes repères, les mêmes codes (informatiques). Les frontières sont donc abattues. On se standardise, on écoute les mêmes choses, on a les mêmes souvenirs, les mêmes inspirations, les mêmes goûts. Prenez une citadine moyenne, zappée chez H&M, IPOD où tourne le dernier album de M83 -http://www.youtube.com/watch?v=dX3k_QDnzHE lien- , en direction de Macdonald's, parlant de ses souvenirs de Pokémon avec un ami.

-Pour en revenir à ce que je disais-

Bim, malgré des débuts difficiles (la coupe du monde de football en 98 ouverte par une 'techno parade futuriste' un peu louche http://www.dailymotion.com/video/x4vag8_doc-la-french-touch-2-3_music 01:20)

On peut quand même être fiers de dire que ça, c'est un produit du terroir beaucoup plus prestigieux que le sauciflard. Justice http://www.youtube.com/watch?v=L0TvnWRSyr4. Mais il y en a eu tellement d'autres, pour rester dans les plus célèbres, voici Cassius http://www.myspace.com/cassius15again , ou Alex Gopher http://www.myspace.com/alexgopher … (deux seniors qui étaient au côtés de Garnier et Stardust à leurs débuts: http://www.myspace.com/tosaintgermain et http://www.myspace.com/intairnet/music ).

Ce sont grâce à ces beaux bébés que les charts anglo-saxons s'emballent, ainsi que la presse spécialisée qui décide de baptiser le phénomène «the french touch». Aujourd'hui, les plus grandes boîtes américaines de Détroit et L.A s'arrachent les frenchies, tant et si bien que les DJ ont adopté une technique pour propulser leur carrière: adopter un nom français pour faire plus cool. Où est l'époque du Jean-Phillipe Smet qui a pris le pseudo de Johny Halliday pour faire plus made in US?

-Elle ne conclura donc jamais?-

Si. Il est juste 'drôle ' de découvrir comment la progression musicale qui semble parfois si novatrice, n'est en fait qu'un vinyle qui tourne depuis quarante ans sur le même engin rouillé, repeint et redécoré chaque année pour donner l'illusion que les choses changent. Et pourtant. Les générations sont toujours aussi déçues et avides de rêver, et pour cela, elles mettent tous les outils à leur disposition pour exprimer ce mal-être. Comme le jazz, le blues, le reggae, le rock, le rap, le slam, et aujourd'hui l'électronique (avec des variantes TRIP HOP beaucoup plus psychédéliques voire mélancoliques) http://www.youtube.com/watch?v=k95Uv0qh2hk tentent de retranscrire une bande de paummés qui ne demandent qu'à vivre sans se faire abuser.

Cha-t alias La Panthère rose.