En ce 14 Juillet, l'Europe était à Paris

Article publié le 15 juillet 2007
Article publié le 15 juillet 2007
Pour marquer le retour de "la France dans l'Europe" et de "l'Europe en France", le nouveau président français, Nicolas Sarkozy avait décidé au lendemain de son élection que lors du 14 juillet 2007, tous les pays européens seraient présents sur les Champs Elysées pour le défilé. Il a tenu sa parole et La Parisienne était là pour l'événement et vous a ramené quelques photos.
 

Accéder aux Champs Elysées, un jour de 14 juillet n'est pas toujours évident. Surtout si l'on n'a pas d'invitation "VIP" ou de carte de presse. Il faut alors, avec les milliers de badaux, suivre le parcours fléché par la police nationale, qui boucle tout le quartier. Même en étant deux heures en avance, la foule est déjà là. Le devant des barrières est complet. Il va falloir jouer sur la grande taille et trouver la meilleure place possible. Mais avant toute chose: ne pas oublier de se faire fouiller.

Autour de soi, on entend parler français mais aussi beaucoup d'autres langues : anglais, allemand, polonais, japonais et bien d'autres. Les touristes aussi sont là. La particularité de cette année ? Certains de ces touristes verront défiler leur armée...

Pour la première fois de l'Histoire, le Président de la République français a invité l'ensemble des pays européens à défiler sur les Champs Elysées à l'occasion de la fête nationale française. Les 26 ont répondu à l'appel. Au total, pas moins de 800 hommes, revêtus d'uniformes différents mais défilant derrière le même drapeau : celui de l'Union européenne. Il était porté par le lieutenant Edouardo Gomes, du régiment des lanciers, basé à Lisbonne. Celui a déclaré lors des répititions pré Jour J: « J’ai conscience de la confiance qui m’est accordée par mes chefs. C’est un grand honneur pour moi et j’avoue que ma concentration sera à son maximum, samedi matin, tout au long de la plus belle avenue du monde ». La taille des contigents était souvent d'une trentaine d'hommes. Pour certains pays, l'effectifs était plus réduits : huit hommes pour le Danemark, quatre pour Malte.

Le ministre de la Défense français, Hervé Morin s'était exprimé sur l'événement : "« C’est pour nous une grande joie, une fierté aussi, d’accueillir une délégation de nos 26 partenaires de l’Union européenne à l’occasion de notre fête nationale et du défilé de nos forces armées. La France a voulu ce rassemblement pour illustrer la volonté des Etats membres, sous la présidence du Portugal, d’ouvrir une page nouvelle de notre histoire commune. »

Et quelques minutes avant l'heure H, l'alignement des troupes européennes était parfait. Les 28 portes drapeaux étaient positionnés en V, précédent les détachements. En tête : le Portugal qui assure l'actuelle présidence de l'Union européenne, aux côtés de l'Allemagne dont le mandat vient de se terminer et de la Slovénie qui prendra la relève en janvier.

Au signal, les hommes se mettent à marcher. La cadence est la même pour tous : 115 pas à la minutes. Tout le monde à du s'aligner sur le rythme français pour maintenir le bon ordre. Mais les spécificités sont encore là : certains lèvent les bras, d'autres les pieds ou encore battent le pavé plus violement, maintenant le menton bien haut. Impressions de diversité, mais l'unité est là.

Le V reste un et progresse vers la tribune officielle où se trouve les plus hauts représentants de l'Union européenne : le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le Président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering et le Haut représentant diplomatique de l'UE, Javier Solana. A la fin de la parade, ces derniers ainsi que le Président français ont été saluer les portes drapeaux européens.

José Manuel Barroso, a favorablement accueilli l'initiative et a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'un geste symbolique mais d'un message fort pour la France et pour toute l'Europe. "A l'heure de la mondialisation", a-t-il indiqué, "il est nécessaire de défendre ses intérêts et ses valeurs ensemble, en tant qu'Européens". Il a enfin souligné qu'il ne voyait aucune contradiction entre le patriotisme et l'esprit européen.

Dans la foule (120 000 personnes selon la Police), certains uniformes ou drapeaux laissaient parfois perplexes et on pouvait entendre certaines pépites: "c'est quel pays ce drapeau rouge et vert ?" ou bien "ah bon, ils sont dans l'Europe eux maintenant ?" Ces quelques lacunes géographiques n'ont pas empêcher les parisiens d'applaudir comme il se doit leurs voisins européens, au même titre que les troupes françaises. 

Une fois le défilé terminé, on a pu voir certains soldats européens à la Garden Party de l'Elysée. Mais aussi dans les rues de Paris, où ils flanaient, à la découverte de la capitale française, devenu pour un jour, une capitale européenne symbolique.