Emmanuel Macron va-t-il mettre le budget de la culture au régime sec ?

Article publié le 1 août 2017
Article publié le 1 août 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

« Notre dépense publique va dans le mur si 5 milliards d’euros d’économies ne sont pas faits rapidement dans tous les ministères », déclarait le 5 juillet dernier le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. Des mesures de rigueur qui pourraient toucher le monde de la culture, qui s’inquiète déjà de voir fondre ses aides et des subventions.

Emmanuel Macron va-t-il mettre le budget de la culture au régime sec ? « Notre dépense publique va dans le mur si 5 milliards d’euros d’économies ne sont pas faits rapidement dans tous les ministères », déclarait le 5 juillet dernier le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. Des mesures de rigueur qui pourraient toucher le monde de la culture, qui s’inquiète déjà de voir fondre ses aides et des subventions. 

 

Avec l’objectif affiché par le Premier ministre Édouard Philippe de ramener le déficit sous la barre des 3 % dès 2017, chaque administration tente de limiter la casse et de préserver le plus possible son enveloppe. L’épisode médiatique du budget de la Défense, qui a vu le Chef d’État major des Armées remettre sa démission au président de la République, a quelque peu masqué les efforts consentis dans les autres ministères. 

Le monde de la culture n’est pas en reste. Pour le budget 2017, la nouvelle ministre de la Culture Françoise Nyssen doit serrer la vis, et trouver 50 millions d’euros d’économies. Dans un entretien au journal, Le Monde publié le 17 juillet, l’ex-garde des Sceaux Christiane Taubira a dénoncé « une vision gestionnaire, étriquée, à courte vue et périlleuse du budget de la culture ». Une somme pourtant relativement modeste comparée aux efforts à hauteurs de 850 millions d’euros envisagés au ministère des armées ou aux 526 millions d’euros au ministère de l’Intérieur. Mais pour le monde de la culture, ces économies passent mal : nombreux sont ceux qui espéraient que l’arrivée d’Emmanuel Macron permettrait une augmentation des soutiens financiers des pouvoirs publics à l’égard de la création artistique. 

Françoise Nyssen se veut rassurante : seul « le train de vie » du ministère sera concerné. C’est donc l’administration, et non les théâtres, les musées ou les scènes musicales qui seront touchés. Pour l’instant. Car le budget 2018 prévoit 20 milliards d’économies, et au final, le gouvernement souhaite porter l’effort à 80millions d’euros sur tout le quinquennat. Si la Culture semble relativement préservée, tout indique qu’elle sera mise à contribution dans les prochaines années… la ministre arrivera-t-elle à protéger son pré carré budgétaire d’ici là ? 

Le régime des intermittents protégé

Questionnée sur le sujet des intermittents, Françoise Nyssen a déclaré qu’il « est indispensable de préserver le régime spécifique d’assurance-chômage », « un système vertueux et solidaire » estime-t-elle. Le régime des intermittents, dont le coût (1 milliard de solde négatif par an) est régulièrement pointé du doigt par la droite et les milieux patronaux, pourrait donc être protégé des tours de vis budgétaires.  C’est dans cette optique qu’avait déjà été créé, en 2003, le « Fonds spécifique provisoire », sous l’initiative du gouvernement Raffarin après un long conflit social avec les intermittents du spectacle.

Devant son succès, le fonds a finalement été institutionnalisé en 2007 et baptisé « Fonds de professionnalisation et de solidarité ». Il est quelque peu particulier, car composé de deux volets : le volet indemnisation, géré par Pôle Emploi et le volet professionnel et social, géré par le groupe Audiens.  Pôle emploi assure un soutien financier aux artistes et techniciens dans le cadre d’un complément d’indemnisation ou d’allocations pour ceux qui arrivent au terme de leurs droits à l’assurance chômage. Simultanément, le groupe de protection sociale Audiens se charge de l’accompagnement social de ces professionnels du monde du spectacle, en proposant une multitude d’aides, pour le retour à l’emploi, la mobilité, l’accès à des outils spécifiques pour répondre à certaines missions… Depuis 2007, 4300 personnes ont ainsi pu bénéficier de ce soutien matériel ou financier. 

Un bilan et des promesses

Dix ans ont passé depuis le conflit très dur qui a opposé les intermittents du spectacle et le gouvernement Raffarin.  Le dispositif public-privé qui en est né est une réussite et a permis aux intermittents du spectacle de sécuriser leurs parcours et vivre pleinement de leur métier. Alors que le monde de la culture s’inquiète à juste titre d’une paupérisation, les déclarations de la ministre sont plutôt rassurantes pour l’avenir du fonds de professionnalisation et celui de la création artistique. « On va essayer de travailler pour que le budget de l’année prochaine soit tout à fait cohérent avec les engagements pris, il y a une vraie réflexion [sur] comment le maintenir ou même, on l’espère, l’améliorer. » assurait Françoise Nyssen devant l’Assemblée Nationale le 18 juillet dernier. En espérant que cela puisse continuer dans la durée jusqu’à la fin du quinquennat