Emmanuel Macron, un ministre iconoclaste

Article publié le 12 novembre 2014
Article publié le 12 novembre 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Retour sur le virage social-démocrate

Lors de la conférence de presse en janvier 2014, le président François Hollande tentait enfin de s’affirmer comme un président social-démocrate. Comme le rappelait le JDD à l’époque : « au PS cohabitent des sociaux-démocrates – dont François Hollande s’est toujours revendiqué dans le sillage de Jacques Delors – et des partisans d’un interventionnisme plus poussé dans la gestion des sociétés, méfiants à l’égard des chefs d’entreprises ».

Mais l’ambigüité n’était pas totalement levée. Car si la social-démocratie repose sur une gestion paritaire des dossiers, c'est-à-dire par une intervention des partenaires sociaux dans le processus de décision, le pacte de responsabilité proposé à cette occasion repose sur une négociation directe entre le patronat et l’Etat sans impliquer les syndicats. A ce titre la nomination d’Emmanuel Macron au sein du gouvernement Valls 2 peut clarifier partiellement la situation, à défaut de faire le choix de la social-démocratie, le président aurait opté pour un social-libéralisme.

Le réveil de l’aile gauche du PS

Pour le journal très libéral de l’Opinion, « le joli conte de fée du tournant social-démocrate » reste encore assez imaginaire, alors qu’en revanche l’aile gauche du PS semble ne pas apprécier cette nouvelle orientation. Pour l’ancien membre du PS, Jean-Luc Mélenchon, la volonté de l’ancien banquier de chez Rothschild de réformer l’assurance chômage ne ressemble pas vraiment une décision sociale-démocrate. De son côté la maire de Lille Martine Aubry, héritière directe de Jacques Delors, considère que ce n’est pas tant la méthode qui gêne que l’orientation de la politique économique…

En réponse aux positions de la nouvelle cheffe de file des frondeurs, le Ministre de l’économie considère que ses remarques n’apportent « rien de nouveau par rapport à la primaire socialiste de 2012 et au discours des frondeurs ». Une personnalité qui tranche alors que son mentor aime passer pour le maître de la synthèse. Toutefois, avec cette attitude le jeune responsable politique de 36 ans n’évite pas les caricatures, notamment celle du journal des Guignols de l’info

Emmanuel Macron rassure le monde des affaires

Malgré ses difficultés à rassembler au sein de la gauche, Emmanuel Macron trouve des soutiens dans le milieu des affaires. C’est notamment vrai avec l'homme d'affaire Christophe Mazurier qui a salué son arrivée à Bercy. Au lendemain du dernier remaniement, il estimait que son arrivée était « de nature à laisser espérer le retour d’une stabilité politique et fiscale de nature à rassurer les investisseurs et les entreprises ». Un message d'encouragement plus que positif pour celui qui devrait conduire la politique économique jusqu’à la fin du quinquennat.

Plus surprenant encore, le patron du MEDEF Pierre Gattaz a lui aussi tenu à vanter les qualités du nouveau ministre socialiste. A l’occasion d’une interview sur RTL, il avait ainsi reconnu « sa connaissance de l'entreprise, de l'économie de marché et de la mondialisation ». Un éloge rare à l'attention d'un membre d'un gouvernement socialiste, qu’il poursuit d’ailleurs en affirmant qu’il ferait un très bon ministre pour continuer « cette politique de l'offre, cette politique de la compétitivité », seule apte à redresser le pays.