Emilie Turunen, une cadette confiante

Article publié le 6 avril 2011
Article publié le 6 avril 2011
par Alice Préat « Il faut avoir confiance et admettre qu’on a le droit d’avoir une opinion ». La plus jeune députée du Parlement européen, Emilie Turunen, est bien dans ses bottes après une brève acclimatation. Cette danoise de 26 ans est une élue du Parti socialiste du Peuple (ou Socialistisk Folkeparti) et a rejoint les rangs des Verts au Parlement.

Cadette et discrète

Son statut de cadette du Parlement était la seule chose qui semblait intéresser tout ce petit monde européen. « C’était toute une histoire dans mon pays. Je suis venue ici en me disant ouf ! c’est enfin fini. Et non. » Elle a donc passé sa première session de Strasbourg à tourner en rond dans les couloirs (un peu comme tout le monde, d’ailleurs) et à essayer de répondre au gens qui lui demandaient ce que cela faisait d’être la plus jeune députée. « Je n’avais pas de réponse. Qu’est-ce que ça fait d’être jeune ? »

Ces quelques mois ont fait d’elle une vrai Parlementaire, ou presque. Elle avoue avoir eu des débuts hésitants : « Au début je ne me faisais pas trop remarquer ». Il s’agit surtout, selon elle, d’avoir confiance. « Ce que j’ai avec moi comme bagage, ce n’est pas rien, ça vaut aussi quelque chose. Il ne faut pas lire 500 pages ou avoir dix ans de plus pour pouvoir avoir une opinion. » Mais à côté des Commissions, des sessions plénières et des rapports, il y a la communication. « Parfois j’espère que les gens découvriront mon travail, mais ça ne marche pas comme ça. Il faut se vendre soi-même et de temps en temps, un peu exagérer le rôle qu’on joue. Pour moi, c’est un exercice très étrange que je n’aime pas trop. »

La machine parlementaire

Bien que novice, Emilie a tout de suite décidé de se plonger dans de gros dossiers. À côté de la Commission de l’Emploi et des Affaires sociales qui lui tient à cœur, elle a choisi de s’investir dans la Commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs. « Je voulais du lourd du point de vue législatif pour vraiment apprendre comment marche la machine. » Machine qui n’est point parfaite. Pour la députée, beaucoup de choses pourraient être changées au Parlement. La principale : le blablabla. « J’aimerais qu’on puisse parler librement. Sans obligations ou restrictions. Parfois, nos débats en plénière ne servent à rien et sont une perte de temps, pour être honnête. » Peut être est-ce une vieille tradition, qui date de l’époque ou le Parlement n’avait pas vraiment de pouvoir ? « Du pouvoir, on en a maintenant et je crois que parfois, on l’oublie. » Quand elle parle de blablabla, il s’agit de tous les mots très gentils mais avec lesquels tout le monde est d’accord. « Il arrive qu’on entende de grands discours de locuteurs passionnés mais quand il faut passer aux choses sérieuses, rien ne bouge. »