Electorallemand - Copenhague : la position de l'Allemagne

Article publié le 8 décembre 2009
Publié par la communauté
Article publié le 8 décembre 2009
Pendant la conférence de Copenhague, le blog Electorallemand propose de suivre cette conférence sur le changement climatique vue d'Allemagne. En ayant déjà rempli ses objectifs du protocole de Kyoto, l'Allemagne apparaît comme un des élèves modèle à Copenhague. Angela Merkel veut continuer à jouer sur cette image en fixant des objectifs encore plus élevés.
Mais tout n'est pas si simple, même au moment de définir la position allemande dans les négociations.

L'Allemagne, le pays écologique par excellence ? C'est vrai que c'est un cliché qui revient souvent. Le tri des déchets, les vélos partout, le quartier solaire de Freibourg, les Verts au gouvernement. Tout ça, c'est bien b(i)eau mais qu'en est-il au moment de réduire les émissions de CO2 ?

L'Allemagne, élève modèle ?

C'est là que le cliché devient réalité. L'Allemagne avait des objectifs élevés au moment de Kyoto avec une baisse fixée à -21% entre 1990 et 2012. Où en est l'Allemagne aujourd'hui en 2009 ? A - 22%. Objectif déjà dépassé. Bon, il faut bien voir que l'écroulement de l'industrie est-allemande y a joué pour beaucoup. La crise économique en a rajouté un petit coup. Mais indéniablement, le passage des Verts au gouvernement entre 1998 et 2005 a aussi changé quelques mentalités. La fameuse loi sur les énergies renouvelables a boosté le secteur de manière exponentielle et a depuis été repris dans de nombreux pays.

- 40. Sans conditions.

De quoi se reposer sur ses lauriers ? Que nenni. L'Allemagne veut continuer à jouer le rôle de pionnier en posant sur la table des négociations à Copenhague le chiffre de -40%. "Ohne wenn und aber". En gros sans conditions. C'est ce que préconisait l'Umweltbundesamt - l'autorité fédérale pour l'environnement- et c'est ce qu'a indiqué le Bundestag dans son texte de préparation de Copenhague la semaine dernière. L'objectif est ainsi de tirer l'Europe vers le haut pour pouvoir répondre à l'objectif de -30% au niveau européen et ainsi mettre la pression sur les autres pays.

C'est d'ailleurs la stratégie qu'a voulu adopter Angela Merkel en insistant sur le thème du climat lors de son discours devant le Congrès américain - occasion assez unique cela dit en passant - il y a quelques semaines.

Le nucléaire pour remplir ces objectifs ?

Quelques zones d'ombre sur cet objectif ambitieux mais réalisable : quel mix énergétique pour y parvenir ? Certaines voix se font entendre pour souligner que le prolongement des centrales nucléaires (prévu dans le contrat de la nouvelle coalition CDU/FDP) aidera à réaliser cette objectif. Mais à quel prix ? En attendant que les énergies renouvelables - certes en expansion - se développent, de nouvelles centrales à charbon sont toujours construites. Deuxième difficulté pour remplir ces objectifs sur le sol allemand : le transport. L'industrie automobile allemande - lobby ô combien puissant - n'a pas pour l'instant effectué sa mue nécessaire face aux enjeux drastiques qui se présentent. La prime à la casse l'année dernière en a été un nouvel épisode. Quand cette prise de conscience , qui sera forcément brutale, interviendra-t-elle ?

Réticences au développement vaincues

Enfin, dernier point à suivre lors des négociations : l'aide que l'Allemagne apportera aux pays en développement. L'Allemagne, comme souvent, serait l'un des gros payeurs pour aider aux transferts de technologie. Angela Merkel avait traîné des pieds lors du dernier sommet européen à Bruxelles. Mais le nouveau ministre de l'environnement, Norbert Röttgen, a annoncé il y a quelques jours, que l'Allemagne était prête à assumer sa part. Affaire à suivre donc pendant les négociations.

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