Élections en Espagne : Mariano Rajoy passera-t-il l'ibère ?

Article publié le 21 novembre 2011
Article publié le 21 novembre 2011
Le Parti populaire conservateur espagnol a obtenu dimanche la majorité absolue lors des élections législatives anticipées. Selon les commentateurs, le Premier ministre désigné, Mariano Rajoy, doit désormais mettre rapidement en œuvre des réformes car la nette victoire des conservateurs pourrait, d’après eux, sauver l'euro.

Le Figaro – France : L’euro sauvé par la rigueur

La victoire électorale des conservateurs espagnols peut marquer un tournant dans la crise de l'euro, estime le quotidien conservateur Le Figaro : « A la différence de l'Italie et de la Grèce, l'Espagne aborde la phase très délicate du redressement avec un atout majeur. Le gouvernement dispose d'un large mandat populaire et d'une majorité confortable aux Cortes pour mettre en œuvre une politique de rigueur. ... Par ses premières mesures et en formant son cabinet, Mariano Rajoy a l'occasion de créer ... un climat favorable, qui, espérons-le, calmera les marchés. Rien n'est acquis d'avance, mais l'alternance à Madrid peut être un tournant dans la crise de la zone euro, si l'Espagne parvient à se remettre sur la bonne voie et à entraîner dans son sillage les autres économies du sud de l'Europe. » (Article publié le 21.11.2011)

El País – Espagne : Rajoy, condamné à la clarté

Après sa victoire électorale éclatante, le Premier ministre désigné doit enfin expliquer comment il entend sortir le pays de la crise, demande le quotidien de centre-gauche El País : « Rajoy a remporté la victoire en maintenant la cohésion de son électorat hétérogène dans son discours de campagne, sans pour autant mobiliser les électeurs socialistes contre lui. Cela lui a permis de remporter le scrutin, mais pour diriger le pays cela risque de le gêner. Si le soutien énorme s'amenuise rapidement, cela peut avoir des effets désastreux non seulement sur son parti mais également sur le pays tout entier. Particulièrement si les citoyens constatent que le pays se trouve face à une crise dont la seule issue n'est qu'un programme de coupes budgétaires conséquentes. Pendant la campagne électorale, Rajoy n'a pas voulu les nommer. Il a préféré souligner les avantages d'un changement de cap. La situation économique difficile le contraint désormais à se montrer clair. Il doit dès que possible révéler son programme et nommer l'équipe qui doit le mettre en œuvre. » (Article publié 21.11.2011)

Kurier – Autriche : L’Espagne, c’est trop important

Pour relancer l'Espagne, le nouveau gouvernement a absolument besoin du soutien de l'UE, estime le quotidien libéral Kurier : « Se serrer encore la ceinture, le remède des Espagnols que toutes les tables d'habitués connaissent maintenant, peut être nécessaire. Toutefois ce pays, trop important pour végéter dans le sud de l'Europe, a besoin de plus, il lui faut une politique économique européenne qui ouvre les marchés et fasse construire des autoroutes mais qui aide également des pays comme l'Espagne à devenir à long terme des partenaires économiques fiables, parfois même contre les dogmes du marché libre. Le nouveau gouvernement à Madrid n'y parviendra pas tout seul. Le fait que désormais, ils soient nombreux à ressortir le concept historique de 'plan Marshall' pour l'Europe méridionale montre seulement que nous n'avons pas suffisamment réfléchi à une vraie collaboration économique. » (Article publié le 21.11.2011)

Polityka Online – Pologne : « Ave Maria »

La seule chance pour le nouveau Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, de réhabiliter le pays en proie aux difficultés financières est d'agir rapidement, estime le portail d'information de centre-gauche Polityka Online : « Rajoy doit imposer aux Espagnols quelques réformes impopulaires, et le mieux serait de le faire immédiatement et sans prendre en compte l'atmosphère sociale. Car l'Espagne peut encore empêcher la catastrophe financière, comme le déclarait l'un des analystes espagnols. Elle doit uniquement entreprendre une manœuvre que l'on nomme 'Ave Maria' en football américain. Il s'agit de marquer un but en lançant le ballon de très loin au tout dernier moment et ainsi de marquer un point. L'Espagne doit respecter les obligations de l'UE qui prévoient que le pays diminue son déficit budgétaire à 4,4 pour cent du PIB en 2012. Il n'y parviendra que si le nouveau gouvernement entreprend des coupes sévères dans les dépenses publiques et économise 30 milliards d'euros. » (Article publié le 21.11.2011)

Corriere della Sera – Italie : les indignés ont tout chamboulé

Les socialistes espagnols ont largement perdu leur soutien lors des élections législatives et n'ont obtenu que 29 pour cent des voix. Le mouvement des indignés a contribué à la débâcle du parti du Premier ministre sortant José Luis Zapatero, estime le quotidien libéral conservateur Corriere della Sera : « L'inexpérience, la tendance à l'improvisation, le revirement à 180 degrés de Zapatero dans la gestion de la crise justifient largement le jugement négatif de nombreux Espagnols qui ne font pas partie du mouvement des indignés. Il est évident que les gouvernements de centre-gauche ne sont plus seulement menacés par les partis traditionnels de l'extrême gauche qui suivent les règles démocratiques, mais aussi par les mouvements qui justement ne respectent plus ces règles ou les utilisent de manière opportuniste. … Ils exercent leur pouvoir en pratiquant l'abstentionnisme. Les indignés ont par cette voie envoyé un message clair aux socialistes au pouvoir : si vous continuez ainsi, nous vous ferons tomber. »  (Article publié le 21.11.2011)

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