Élections en Espagne : duo au soleil

Article publié le 26 juin 2016
Article publié le 26 juin 2016

Au moment où les Espagnols exercent leur droit de vote, l’ambiance entre les candidats est aussi tendue que lors des élections précédentes. Passons en revue les principaux noms de la politique espagnole actuelle mais aussi les profils de leur « second ». Sans qui rien ne serait possible. 

Pablo Iglesias (Unidos Podemos) 

Le parti le plus à gauche est, avec le Parti populaire (PP) et selon les sondages, l’un des favoris des prochaines élections. Podemos s’est développé au cours des derniers mois grâce à la bouffée d’air frais apportée par la fusion avec Izquierda Unida, parti dirigé par Alberto Garzón qui, toujours d’après les sondages, est l’homme politique le plus apprécié des Espagnols. Pour ce qui est des alliances à venir, Unidos Podemos cherche à former un « bloc » de gauche en s’associant au Parti socialiste (PSOE), afin d’obtenir la majorité au Parlement qui est de 176 sièges. « Leurs électeurs et les nôtres veulent nous voir ensemble », affirme Pablo Iglesias lors du principal débat de la campagne.

Aux côtés d’Iglesias, il y a Íñigo Errejón, le directeur de campagne. Ce docteur en sciences politiques y voit clair : après dimanche, l’alliance entre son parti et les socialistes sera nécessaire. « La campagne du PSOE me déplaît, mais le 27 nous serons appelés à former un gouvernement », affirme-t-il. La numéro 2 madrilène, Carolina Bescansa, est d’accord avec lui, parce que « le PSOE et Ciudadanos doivent exprimer clairement ce qu’ils vont faire le 27 juin, au plus vite ».

Albert Rivera (Ciudadanos)

Avec Podemos, ce nouveau parti cherche à inverser la tendance et mettre fin au monopole politique du PP et du PSOE. Bien calé au centre-droit, le parti d’Albert Rivera est quatrième selon les sondages, comme lors des précédentes élections. Il propose de former une grande coalition entre le PSOE, le PP et Ciudadanos (C’s). L’objectif ? Exclure le parti de Pablo Iglesias : « Nous voterons contre Podemos et ses plateformes indépendantistes pour éviter qu'ils ne fassent main basse sur l’économie ».  

Le bras droit du leader de C’s, Inés Arrimadas, est également la chef de l’opposition au Parlement de Catalogne. Diplômée en droit, administration et gestion des entreprises, Arrimadas est la seule leader régionale à avoir du poids en dehors de sa communauté. Et en plus, elle est très optimiste quant aux nouvelles élections : « Avec quelques votes en plus, nous pourrions obtenir un nombre de sièges supplémentaires considérable ».

Pedro Sánchez (PSOE)

Après que le roi Felipe VI l’a élu candidat à l’investiture suite à deux tours de consultations au Palais de la Zarzuela, le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) échoue - avec 131 voix pour et 219 contre : c’est la première fois qu’un candidat n’obtient pas l’investiture du Congrès. Pour ce qui est de l’alliance possible avec Podemos, Pedro Sánchez souligne à nouveau leur principal sujet de discorde, à savoir la question de l’indépendance de la Catalogne, avec des phrases du type : « Le droit que défend Iglesias est celui de l’autodétermination de la Galice, du Pays basque et de la Catalogne. Je défends d’autres droits ».

La seconde personne à être sur la liste madrilène est la juge Margarita Robles. La magistrate au Tribunal suprême, et numéro 2 socialiste, pense que la formation d’un gouvernement en collaboration avec le PP est quasi impossible. « Il est difficile d’imaginer une alliance avec ceux qui ont engendré la situation espagnole actuelle », affirme-t-elle.

Mariano Rajoy (Parti populaire) 

Le président par intérim est à la tête du gouvernement depuis le 21 décembre 2011, et cherche à renouveler son mandat. Le parti de droite, malgré ses nombreuses affaires controversées de corruption, reste le favori des nouvelles élections, comme c’était déjà le cas il y a 6 mois. Lors du précédent scrutin, le PP avait remporté 123 sièges, loin des 176 nécessaires à la majorité absolue, pourtant remportée en 2011. Rajoy, plutôt que s’allier, cherche à récupérer les voix perdues afin d’obtenir la majorité lui permettant de gouverner à nouveau. Pour ce faire, le président actuel liste les aspects les plus positif du pays, avec des phrases du type : « Nous sommes un modèle de bien-être pour le reste du monde : système des retraites, de santé, etc. 70 millions de touristes viennent en Espagne chaque année. Il y a bien une raison ».

Aux côtés de Mariano Rajoy, l’un des piliers du PP est María Dolores de Cospedal. La secrétaire générale du parti cherche elle aussi à récupérer les voix perdues au profit de Ciudadanos lors des précédentes élections. Pour ce faire, la juriste et ancienne présidente de la Junte des communautés de Castille-La Manche a déclaré la semaine dernière que voter pour le parti d’Albert Rivera ne servirait qu’à « faire passer le PSOE et Podemos. Tu achètes une cravate et tu te retrouves avec la queue-de-cheval d’Iglesias ». Punchline.

Jamais deux sans trois ?

Toutes les études, comme celles du CIS (Centre de recherches sociologiques, ndlr), de Metroscopia, NC Report ou Sigma Dos, confirment que le paysage politique ne sera pas chamboulé. D’après ces sondages, le seul changement majeur serait l’arrivée en deuxième position d’Unidos Podemos, auparavant occupée par le PSOE, maintenant troisième. Ne reste qu’à attendre, aller voter dimanche prochain, et voir ce que nous réserve ces élections… comme un air de déjà vu.