élections Allemandes : l'avis des autres

Article publié le 20 septembre 2013
Article publié le 20 septembre 2013

Le 22 septembre, les Allemands éliront leur nouveau Parlement, le Bundestag. Bien évidemment, depuis que l’Allemagne est devenue la première force économique du Vieux Continent, l’événement résonne bien au-delà du Rhin. Qu’importe sa coloration politique, le nouveau gouvernement teuton aura, qu’on le veuille ou non, un impact sur la vie des Européens d’ailleurs

Le chômage en Europe

J’ai du bol, j’ai un boulot - même si j’ai passé 2 ans à galérer en Espagne. C’est un pays qui ne vous laisse tout simplement pas d’opportunités. Pas une de nos entreprises ne sont stables et ne parlons pas du marché. Créer ta boite est quasi-impossible dans le sens où tu dois raquer 300 euros par mois d’entrée. L’Allemagne a le taux de chômage le plus bas d’Europe. Du coup, c’est clairement devenu une alternative pour les jeunes qui ne trouvent pas de boulot dans leurs pays. Aller voir ce qui se passe dans le pays d’Angela Merkel est la meilleure solution parce qu’en Espagne, tu te raccroches à la chance, et les gens en ont de moins en moins.

Pedro, 26, Espagne

L’Allemagne devrait se joindre à l’Autriche pour construire un système éducatif par alternance dans les autres pays européens. Il est très important d’encourager un dispositif qui permette de créer de la formation et des emplois pour les jeunes. L’Allemagne doit mener les débats sur cette question. Elle devrait développer divers systèmes dans les pays qui souffrent de la crise tels que des programmes de tutorat, d’échange ou de formations accélérées. La prochaine étape : créer un service civique européen pour plus de jeunes européens.

Benjamin, 22, Autriche

La migration en Europe

Tu dois aller là où se trouvent les débouchés, peu importe la destination. Tous mes amis suivent ce principe. Il n’y a pas d’opportunités, ici. Pas de boulot ni moyen de démarrer une activité. Notre génération est en train de perdre espoir. L’Allemagne semble être une bonne option, même si je ne parle pas allemand. Paraît-il que là-bas, on ne vous offre que des contrats à durée déterminée qui relèvent autant de l’exploitation que ce que l’on propose dans les autres pays. Mais même malgré ça, j’irais bien là bas. Je me dis souvent que le fait de ne pas savoir parler la langue est la meilleure excuse pour ne pas partir. Pourtant, je n’ai pas d’autres choix. Et puis, peut-être qu’il ne fait pas si froid que ça l’hiver.

Gorka Romero, 24, Espagne

Pour saisir l’origine des grandes vagues de migration des pays de sud de l’Europe vers l’Allemagne, il faut juste comprendre le marché allemand. En Allemagne, le marché est florissant mais il s’appuie sur de petits salaires. De plus hauts revenus pourraient atténuer la disparité entre le nord et le sud du pays et créer plus d’emplois. L’exode à laquelle on assiste n’affecte pas seulement l’Italie ou l’Espagne, elle place l’Allemagne dans l’embarras dans la mesure où la compétition à l’œuvre pèse constamment sur les salaires.

Angelo, 27, Italie

La dette publique dans l'Europe du Sud

Je pense que ni l’Allemagne, ni les autres pays qui supportent bien la crise économique (comme la Pologne), ne devraient réagir de manière déraisonnée aux problèmes dont souffrent les autres pays comme l’Espagne et l’Italie. Franchement, je ne pense pas que l’on doive payer pour eux. Nous ne sommes pas leurs parents, nous n’avons pas à leur donner notre argent de poche.

Dawid, 24, Pologne

Les politiques en Allemagne devraient moins penser en tant qu’Allemands et plus en tant qu’Européens. Ça servirait l’intérêt public. J’ai l’impression que les Allemands essaient de changer les Grecs et vice-versa. Nous envisageons l’économie et les autres aspects de la vie d’une manière différents. Les Allemands ont une maxime protestante - « tu as fait quelque chose de mal, tu dois être punis » - alors qu’en Grèce l’esprit orthodoxe suggère plutôt : « peu importe tes actes, tu t’en sortiras ». Après tout, je me sentirai mieux si les Allemands et les autres européens pouvaient être impliqués dans les débats politique et économique en Grèce. Nous avons besoin des Eurobonds et de tout ce qui ce qui pourrait renforcer notre futur européen commun.

Elina, 31, Grèce

énergie et environnement

Après la tragédie de Fukushima en 2011, la chancelière allemande, Angela Merkel, a effectué un tournant dans sa politique en fermant plusieurs centrales nucléaires. Un choix risqué et controversé - puisqu’on parle là de transition énergétique. Mais cela montre surtout une chose : qu’elle écoute sa population. En tout cas, plus que ce que ne le fait le maire de Londres, Boris Johnson, par l’intermédiaire de son nouveau plan écolo en matière de transport public. L’Allemagne fut l’une des premières nations européens à faire un pas en faveur de l’environnement et s’érige déjà en modèle à suivre pour les autres pays en Europe. Peut-être même que l’Allemagne réussira à atteindre son objectif de 2022 à savoir fermer toutes les centrales nucléaires du pays.

Nabeelah, 30, Royaume-Uni

En l'Allemagne 23% de la production d'électricité provient du solaire, de l'éolien, de la biomasse ou de l'hydraulique, mais il faut rappeler que, pour préserver ses coûts de productions, elle fait de plus en plus appel à une énergie pas très écolo, mais relativement économique : le charbon (45% de la production). Résultat : l'Allemagne a augmenté ses émissions de 2%. L'enjeu des prochaines élections sera donc la bataille entre les partisans de la compétitivité allemande et les partisans de la protection de l'environnement.

Mathilde, 25, France