Effet domino en Biélorussie? Que Bruxelles agisse !

Article publié le 7 janvier 2005
Publié par la communauté
Article publié le 7 janvier 2005

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Après Kiev, Minsk ? Les militants biélorusses y croient ! Mais cette fois ci, l'Union européenne ne pourra pas se réveiller à la dernière minute. Voici pourquoi.

Un effet domino est possible et Loukatchenko, le président biélorusse, l'a compris. Depuis la chute de l'URSS, la Biélorussie est tombée entre les mains du tyran de Minsk qui a conservé l’essentiel de l'ancien système, y compris ses méthodes autoritaires.

Mais depuis qu’en Ukraine, l'opposition démocratique de Ioutchenko a prouvé qu'elle pouvait agir, Loukatchenko tremble. Et il commence à craindre que la prochaine élection qui sera organisée dans son pays, en 2005, ne parviennent à renverser le régime et le contraigne à subir le sort de son homologue Koutchma, le président ukrainien, assiégé pendant des jours dans ses propres palais par des milliers de manifestants.

Les enfants terribles de Minsk

Au palais présidentiel de Minsk, on surveille désormais minute par minute la situation en Ukraine et on montre du doigt les mouvements non violents qui ont rempli de manifestants la place de l'indépendance à Kiev et contraint le duo Poutine-Ianoukovitch (respectivement Président de la Russie et ex-Premier ministre ukrainien, candidat à la présidence) à faire marche arrière. Loukatchenko sait que le destin de la Biélorussie est souvent lié à celui de l'Ukraine et il ne voudrait pas en faire les frais.

Les ennemis numéro un du régime ne sont plus en effet les partis de l'opposition. L'administration présidentielle biélorusse, qui exerce un contrôle presque total sur le pays et l'économie a compris que les jeunes de l'organisation « Zubr » doivent désormais être pris au sérieux puisqu'ils suivent la trace (et les enseignements) d’Otpor, mouvement non violent serbe qui avait mené la fronde contre Milosevic, défiant le régime de façon de plus en plus ouverte.

Leurs Armes secrètes : tracts et clics

Leurs armes secrètes sont celles qui ont déjà été expérimentées contre la Serbie de Milosevic, la Géorgie de Chevarnadze et l'Ukraine de Koutchma par les enfants terribles des organisation Otpor, Kmara et Pora.

La première s'appelle Vybar (qui signifie « choix »), un journal-tract conçu pour être caché entre les plis d'une veste, même lorsque la température descend quelques degrés en dessous de zéro.

La seconde s'appelle Internet et permet de relier en quelques click les activistes en puissance de la campagne profonde biélorusse avec les capitales occidentales.

Et le reste consiste en une avalanche d'actions marquantes à mi chemin entre la provocation et la désobéissance civile : le 6 décembre dernier en plein centre de Minsk, rue Memiga, un militant de Zubr (arrêté après avoir commis son forfait) déroulait une banderole de huit mètres de long sur laquelle on pouvait lire « Aujourd’hui l’Ukraine, demain la Biélorussie ».

Le tyran de Minsk n'a qu'une réponse : répression !

En attendant, aujourd'hui en Biélorussie, le gouvernement a décidé de passer à une politique sans concessions. A peine quelques heures après l'annonce des résultats à Kiev, Loukatchenko nommait un nouveau chef de l'administration présidentielle : Kviktar Shejman, connu de l'opposition biélorusse pour son implication suspecte dans des assassinats politiques. Sa priorité absolue : reconnaître et décapiter toutes tentatives occidentales d'affaiblissement du régime par des « Techniques populistes ». Et c'est ainsi qu’en décembre, à leur retour d'une rencontre avec des sympathisants « révolutionnaires » du régime de Kiev, trois dissidents ont été directement expédiés en prison.

Et pourtant à Minsk, Aliaksandr Atroshchankau, un des responsable du Zubr, se sent encouragé par la position ferme de l'Union européenne sur la situation en Ukraine. Il espère que lorsque se sera le tour de la Biélorussie de faire la révolution, Solana n'arrivera pas à Minsk une fois que tout sera déjà fini.

Loukatchenko en personne a déclaré qu'il excluait un « scénario à l’ukrainienne » pour la Biélorussie parce que « les personnes sages savent comment interpréter les erreurs des autres ». Espérons que l'Union européenne et ses gouvernement seront plus sages que Loukatchenko et ne descendront pas sur le terrain à la dernière minute comme ils l'ont fait en Ukraine. Afin de rendre accessible à la démocratie les terres gelées de la Biélorussie. Et d'abattre la dernière tyrannie à deux pas des frontières de l'Europe à 25.