Économie circulaire en Europe : une perte de temps ? 

Article publié le 14 décembre 2015
Article publié le 14 décembre 2015

Un an après que son ébauche précédente ait été considérée comme sans grande ambition puis rejetée, la Commission a adopté un nouveau paquet sur l'Economie Circulaire le 2 décembre, mais déjà des voix s'élèvent, dénonçant le manque d'ambition du nouveau paquet tout en le qualifiant de "plus faible que le précédent". 

D'après le communiqué de Presse de la Commission, le paquet inclut "des propositions d'actions qui contribueront à "boucler la boucle" aux cycles de vie des produits via davantage de recyclage et de réutilisation, ce qui amènera des bénéfices à la fois pour l'environnement et l'économie " - et "des propositions législatives révisées sur les déchets, qui visent clairement la réduction des déchets, ainsi que l'établissement d'un ambitieux programme de gestion et recyclage des déchets, basé sur le long terme". 

Cependant, tandis que tout ceci semble prendre son sens, plusieurs ONG environnementales, telles que Les Amis de la Terre, WWF et d'autres, désapprouvent ce nouveau paquet.

En effet, tandis que WWF Europe le qualifie de "faux espoir", Les Amis de la Terre dénomment ironiquement cette année de "année gaspillée pour l'économie circulaire" puisque le nouveau paquet est - selon l'ONG - "plus faible que la proposition de l'an passé" et qu'il manque les "fondements nécessaires abordant la surconsommation des ressources par l'Europe". 

WWF regrette plus particulièrement le manque d'action politique concrète qui pourrait mener à un véritable tournant sur l'économie circulaire; "Les Amis de la Terre" ont noté que plusieurs secteurs ont été substantiellement affaibli en comparaison avec le paquet précédent - et la présence d'initiatives non contraignantes, ce qui signifie que les états membres n'ont aucune obligation à appliquer ces mesures. 

L'organisation a noté - entre autres - la réduction du recyclage visée de 65 % d'ici 2030 - comparé aux 70 % proposés en 2014, la suppression de l'engagement à réduire le gaspillage de nourriture de 30 % entre 2017 et 2025 (l'une des périodes les plus sensibles en matière de gaspillage), et l'extension à cinq années supplémentaires pour atteindre ces objectifs par les états membres, "réduisant ainsi leur ambition actuelle". 

En tête des éléments supprimés des esquisses précédentes, amenant à une proposition générale moins ambitieuse, Piotr Barczak du Bureau Environnemental Européen a ajouté qu'une économie circulaire ne peut pas être construite "juste en recyclant de plus en plus, tout en gardant nos schémas de production et de consommation actuels. Vous devez aussi arrêter le gaspillage que vous générez, et la façon de le faire passe par des mesures de prévention légalement contraignantes", précisément ce qui manque au paquet. 

Malgré toutes ces critiques, il faut noter que la Commission semble s'être engagée à faire de l'économie circulaire une réalité en Europe. Une conférence d'économie circulaire s'est tenue cette année à Bruxelles au mois de juin, où 700 intervenants s'étaient rassemblées : la volonté de s'investir pleinement sur ce problème est réelle. 

Mais un niveau ambitieux plus élevé, ainsi que l'ajout de mesures contraignantes pour tous les états membres enverrait définitivement le message clair que l'économie circulaire n'est pas seulement une nécessité, mais aussi une opportunité économique et environnementale qui devrait, par conséquent, être unanimement approuvée par toutes les parties prenantes concordantes. 

Concernant le paquet actuel, Les Amis de la Terre espèrent toujours que le Parlement européen insistera pour un accord plus fort d'ici la fin 2016, mettant en marche autant que nécessaire, un indispensable pas en avant qui proviendrait de l'Union européenne.