Échange frites industrielles contre repas bio

Article publié le 28 juillet 2008
Publié par la communauté
Article publié le 28 juillet 2008
Strasbourg, juillet 2008 Par Kerstin Acker
Campus VertJean-François Leduc est le président de l’association étudiante « Campus Vert ». Créée en 2005, l'association a la vocation à sensibiliser le public aux questions d’environnement et à promouvoir le développement durable sous toutes ses formes auprès des étudiants, des associations étudiantes et du corps professoral et administratif des établissements d’enseignement supérieur en partenariat avec des acteurs institutionnels.

Babel Strasbourg a rencontré son président qui a partagé avec nous l'idée que les petits efforts de chacun peuvent faire la différence.

Comment est née l’idée de « Campus Vert » ?

L’idée est partie d’une association du Master d’ingénierie environnement à Strasbourg qui a répondu à un appel à projet de « Greenpeace ». Ce projet s’appelait justement « Campus vert » et s’inscrivait dans le cadre d’une campagne internationale intitulée « Solar génération ». Le but était de mobiliser les associations étudiantes pour lutter contre le réchauffement climatique. Les deux thèmes de cette campagne « Solar génération » étaient l’installation et la promotion des énergies renouvelables sur les campus et les économies d’énergie. Le projet Campus Vert à Strasbourg a donc vu le jour en 2005 grâce à Greenpeace.

Les repas bio font partie de vos priorités. Avez-vous l’impression d’avoir obtenu des résultats?

Je pense clairement que oui, même si cela peut paraître être peu de choses que d’organiser un repas bio à l’université ou de faire une journée « Black out ». Il faut pourtant montrer au public que nous existons et que des efforts sont faits. C’est le meilleur moyen de sensibiliser aux questions d’environnement : présenter régulièrement les alternatives possibles et les moyens d’agir dans ce domaine. Un repas bio c’est peut-être pas grand chose mais c’est déjà un premier pas. Et finalement, dans le duel qui opposent frites du restaurant universitaire à un bon repas avec quelques légumes régionaux de saison , le dernier ressort vite vainqueur.

logo.pngPouvez-vous nous expliquer l’idée des journées « Black Out » ?

L’idée des journées « Black Out » était de prouver à l’administration de l’université que des économies d’énergie et donc d’argent étaient possibles, et ce, avec de moindres efforts. Ces petits gestes « éco-gestes », comme éteindre la lumière ou fermer les fenêtres sont simple mais d’une efficacité redoutable. On a relevé le compteur électrique d’un des bâtiments de l’Université Louis Pasteur pendant 15 jours tout en ayant fait une semaine plus tôt une bonne communication auprès des étudiants sur ce projet. Après ces 2 semaines expérimentales, nous avons obtenu des économies de l’ordre de 10 % en une journée. Ce qui sur une année représente près de 2000 Euros d’économie par bâtiment! La somme est non-négligeable lorsqu’on comptabilise la totalité sur le campus entier.

Comment les étudiants réagissent au projet Campus Vert ?

Nous cherchons à sensibiliser le public sur toutes les thématiques autour du développement durable, qui comprend à la fois les économies d’énergie mais aussi un aspect social comme recréer un lien social. Les réactions sont assez variables : certaines personnes sont totalement hermétiques à ces question mais globalement les étudiants sont assez enthousiastes et nous encouragent à continuer. On ne peut bien sûr pas compter sur le soutien de l’ensemble des 50 000 étudiants strasbourgeois, mais les retours sont dans l’ensemble plutôt positifs.

Quels sont vos prochains projets ?

Dès le mois d’octobre prochain, nous animerons des stands d’animation sur le campus dans le but de nous faire connaître et de recruter de nouveaux bénévoles. Nous avons également réalisé pour la rentrée universitaire prochaine un petit guide étudiant appelé « Eco-guide » que nous présenterons lors des journées de la mobilité organisées par l’université. Ce guide aborde quatre thématiques autour de la question « Je suis étudiant, comment adopter un comportement éco-citoyen avec mon petit budget étudiant? » : autrement dit les bons plans et bonnes adresses strasbourgeoises pour se déplacer, se loger, consommer et s’engager.

Nous organiserons également un concours « économies d’énergie » dans une des cités universitaires de Strasbourg. Nous installerons un compteur à chaque étage dans un bâtiment après avoir fait une campagne de sensibilisation le concours se déroulera sur un mois. L’étage qui consommera le moins gagnera un prix qui reste encore à définir.

Nous avons également prévu d’organiser une semaine de l’environnement sur le modèle de celle que nous avons organisée l’année passée (activités, événements et conférences). Nous travaillerons d’ailleurs en partenariat avec six autres villes en France qui organisent elles aussi de telles actions depuis des années afin de mettre en place une vaste campagne globale. Ce qui nous permettra de profiter de l’expérience de ces diverses associations pour réaliser un programme assez pertinent.

Et enfin, nous travaillons en étroite collaboration avec l’association « Ecologik » basée à Sciences Po Strasbourg qui organise entre autre une conférences début octobre avec Serge la Touche, fondateur du journal « la décroissance ».

Et si vous aviez le droit de faire un vœu ?

Pour rester réaliste, je souhaiterais que nous cessions cette course effrénée à la consommation et à la croissance et que nous essayions de réfléchir à cette question : comment vivre autrement en limitant au maximum notre impact sur l’environnement. Finalement, il s’agirait de réapprendre à vivre ensemble.