Dubioza Kolektiv : du boucan dans les Balkans

Article publié le 2 septembre 2015
Article publié le 2 septembre 2015

Dubioza Kolektiv a enflammé la scène Côté Cour lors du Festival Esperanzah au début du mois d'août. Cafébabel Brussels a interviewé les membres de ce groupe bosnien, qui situe son style « entre Nirvana et Rihanna ». 

cafébabel : Comment décriveriez-vous Dubioza Kolektiv aux personnes qui ne vous connaissent pas ? 

Dubiosa Kolektiv (DK) : Nous n'avons jamais essayé de définir notre style musical ou de correspondre à un genre strict. Ce qui compte pour nous, ce sont les messages et les idées que nous voulons promouvoir. Nous essayons par la suite de trouver l'environnement musical le plus approprié aux paroles, ce qui explique que le résultat final soit si éclectique. Par ailleurs, nous tentons d'insuffler un côté local à notre musique. On entend donc toujours une touche de musique des Balkans, qui indique clairement et bruyamment d'où nous venons. Au final, cela donne quelque chose entre Nirvana et Rihanna, et entre le rock et et le kazatchok…

cafébabel : Dans vos paroles, vous désirez évoquer les problèmes de la société bosnienne. Quels sont les plus grands problèmes à résoudre en Bosnie ?  

DK : Notre société va avoir besoin de résoudre de nombreuses questions dans le futur, mais, en raison de l'incompétence des politiciens qui dirigent le pays, cela prend malheureusement beaucoup trop de temps. Nous possédons une administration aussi grande que Bruxelles pour un pays d'à peine 4 millions d'habitants. 14 gouvernements, 250 ministères, 3 présidents… C'est un cauchemar bureaucratique qui empêche tout type de réforme.  

cafébabel : Pensez-vous qu'un lien plus étroit avec l'Union européenne aiderait à trouver des solutions ? 

DK : Nous devons résoudre nos problèmes de manière interne. Les politiciens locaux désignent l'UE comme une solution magique à tous nos problèmes. Ils tentent par ce biais de se décharger de la responsabilité de nos problèmes sur quelqu'un qui résoudrait tout par un coup de baguette magique, ce qui n'arrivera certainement pas.  

Si l'on regarde ce qui s'est passé récemment en Grèce, ou que l'on observe la manière dont l'UE gère l'influx de réfugiés venant d'Afrique et du Moyen-Orient, on se rend compte que l'UE n'est pas omnipotente et que l'administration bruxelloise peut parfois se retrouver impuissante ou se tromper. 

cafébabel : En quoi la musique peut-elle aider à combattre pour une cause ?

DK : Nous ne nous leurrons pas. La musique ne peut pas changer le monde et un groupe ne peut pas commencer une révolution qui résoudra tous les problèmes du monde avec quelques morceaux. Néanmoins, nous croyons que la musique peut inspirer les gens et les amener à réfléchir à certaines questions qu'ils ne se poseraient pas autrement. Nous pensons que le rôle des artistes est d'essayer d'encourager la société à adopter des changements. 

cafébabel : Vous avez grandi durant la guerre de Bosnie-Herzégovine, cela a-t-il eu une influence sur groupe ? 

DK : Cette expérience de la guerre nous a probablement formés en tant qu'individus. Nous étions encore des enfants lorsque la guerre a éclaté et nous avons tous appris notre leçon de la manière la plus terrible que l'on puisse imaginer. C'est pour cette raison que la débrouille nous semble si naturelle. C'est la seule manière dont nous avons appris à faire les choses... Nous écrivons, nous enregistrons et nous produisons notre musique dans notre propre studio ; nous créons les pochettes de nos CV et nos sites internet. Nous effectuons nous-mêmes la plupart du reste des tâches en rapport avec les groupe et nous pensons que c'est la seule manière valable de procéder. D'un point de vue musical, nous avons appris à ne pas avoir peur de faire des expériences et de jouer avec différents styles, avec des associations plus ou moins improbables et à essayer de briser autant de barrières que possible.  

YouTube: Dubioza Kolektiv - « No Escape (from Balkan) »

-

Jetez un œil à la section Festival de CaféBabel Bruxelles