Droit des gens du voyage en Europe, un engagement politique et social

Article publié le 22 juin 2016
Article publié le 22 juin 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Photo : Giovanni Nardelli. Comment sont considérés les gens du voyage en Europe ? Est-ce que l'Andalousie est vraiment un exemple de coexistence ? Quels sont les progrès et les défis de la communauté des gens du voyage d'ici à dans 10 ans ?

Ceci furent quelques unes des questions posées le 15 mars dernier dans le débat organisé par l'association Babel España Comunicación en collaboration avec la revue européenne Cafebabel.com

"Droits des gens du voyage en Europe"

La population des gens du voyage (qui regroupe une variété de groupes comme les voyageurs sinti, ashkali, manouches, etc) est estimée à 8 à 10 millions de personnes. Ils font partie de l'histoire du vieux continent depuis 500 ans, cependant, dans toutes les parties d'Europe, ils sont confrontés à l'exclusion sociale et à la discrimination dans des secteurs tels que la santé, l'éducation ou l'emploi.

_MG_7148.jpgEn Andalousie, 450.000 gens du voyage ont été recensés, parmi lesquels un tiers est en situation d'exclusion sociale. Malgré le fait qu'elle soit un exemple de coexistence par rapport au reste de l'Europe, les experts en la matière avertissent d'une vague de xénophobie qui arrive aussi en Espagne, poussée principalement par la grave crise économique actuelle. Malgré le fait que pour beaucoup d'étrangers, le fait suivant soit choquant, la population des gens du voyage espagnole et roumaine sont compétitives entre elles . La méconaissance du roumain et de l'espagnol rend difficile la communication entre eux. De plus, des siècles d'histoire les séparent.

Après plusieurs heures de discussion et d'échange d'idées, le public et les invités au débat ont réalisés une liste de propositions (voir ci-dessous), avec l'engagement de la part des organisateurs de la publier et de la partager avec la mairie de Séville et le défenseur du peuple andalou.

1) Il est nécessaire de mettre l'accent sur un discours dans lequel il est établi clairement que la pauvreté n'est pas seulement gitane, la rareté de ressources n'est pas une caractéristique intrinsèque au peuple gitan, mais à des zones et des groupes en situation d'inégalité sociale.

2) Un engagement de la part de l'administration publique, européene et andalouse, est urgent, afin que les premières nécessités de ce collectif soient couvertes. Nous rappellons la pyramide de Maslow, la délinquance et la mauvaise image que traîne en de nombreuses occasions le peuple gitan s'explique, en partie, par la désinformation du premier niveau. Nous ne pouvons pas exiger d'eux la même chose que d'autres niveaux de la société.

3) Création d'un observatoire officiel et public qui s'occupe de veiller à la véracité et à la pertinance du contenu qu'émettent les médias. Le travail ardu et délicat d'assistants sociaux, d'associations et d'éducateurs se voit détruit par des stéréotypes médiatiques qui renforcent la peur et le rejet de ce collectif. Nous prions le Parlement Européen pour qu'il surveille de près les entreprises de communication publiques et privées et qu'il sanctionne severement celles manquant clairement de rigueur journalistique.

4) Engagement politique et de la part des entreprises pour créer des emplois, un moyen prioritaire pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté.

5) Il est signalé que beaucoup des ressources destinées à l'éducation et à la formation de ce collectif ne sont pas adaptées ; les écoles pour adultes, par exemple, regroupent au même niveau des personnes ayant des niveaux de formation différents, ainsi le progrès est compliqué et le risque est pris de tomber dans l'ethnocentrisme. Il est proposé d'augmenter les ressources en formation et de diversifier d'avantage les échellons pour la préparation de chaque individu.

6) Il est strictement nécessaire de réussir à faire prendre conscience depuis le plus jeune âge de l'importance de l'éducation pour le développement professionnel et personnel d'un citoyen. Les politiques doivent être ceux qui veillent à cette campagne vitale pour les groupes se trouvant en risque d'exclusion sociale.

7) Le discours victimisant et paternalisto-asistanal est rejeté dans son integralité, mais il est demandé une volonté de non confusion, que ce soit d'un côté ou de l'autre, dans sa juste mesure.

8) Les programmes éducatifs de primaire et secondaire devraient inclure des appartés expliquant l'évolution du peuple gitan comme celle de tant d'autres. Racines historiques, développement et état actuel. La peur et les attitudes insolidaires se combattent avec le savoir.

9) Création d'un conseil d'organisation de participations sociales pour élever des propositions recueillies par la municipalité au conseil du gouvernement municipal, et au Parlement.

10) Il est demandé un engagement des partis politiques pour, au moins, maintenir les parties destinées à la lutte contre l'exclusion sociale, bien que l'on soit en temps de crise