Drogues : le dernier rapport sur les habitudes de consommation des européens

Article publié le 20 janvier 2017
Article publié le 20 janvier 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

En mars 2016, le Score Group PLC et l'OEDT (Observatoire Européen des drogues et des toxicomanies), ont mené la plus large analyse d'eaux usées en Europe. 

Cette étude a été réalisée dans plus de 50 villes à travers 18 pays d'Europe.

Le but de ce projet était d'enquêter sur les habitudes de consommation de drogues des Européens.

La méthodologie

Pendant une semaine, des échantillions d'eaux usées, prélevés dans des bassins de traitement, ont été analysés quotidiennement.

Les échantillons ont été prélevés dans des villes comme Londres, Nicosia, Oslo, Lisbonne, etc. Les échantillons représentaient les eaux usées d'environ 25 millions de personnes.

Les eaux usées ont été testées pour détecter la présence de quatre drogues illicites, à savoir la méthamphétamine, l'ecstasy (MDMA), la cocaïne et les amphétamines.

Analyse des eaux usées : une discipline scientifique émergente

L'épidémiologie basée sur les eaux usées est une discipline scientifique nouvelle.

Elle pourra bientôt analyser presque en temps réel, la consommation de drogues illicites en fonction de la population, afin d'en dégager les tendances.

En prélevant des échantillons d'origine connue, comme les eaux usées d'une sortie d'égout, les scientifiques peuvent facilement évaluer la quantité de drogue consommée par une communauté donnée.

Ils peuvent donner approximativement le taux de drogue et de leurs métabolites respectifs retrouvés dans l'urine.  

Bien que SCORE mène des projets similaires depuis 2011, c'est la première fois que les résultats de ses campagnes de surveillance des eaux usées sont publiées.

Cela permet de suivre en temps réel les tendances en matière de consommation parmi la population Européenne.

Quelles drogues dans quels pays ?

Le rapport établit une représentation claire de l'usage des différentes drogues selon la géographie.

  • La méthamphétamine était traditionnellement limitée à une faible utilisation en Slovaquie et en République Tchèque. Sa présence se fait maintenant sentir en Europe du Nord et en Allemagne de l'Est, en particulier en Finlande.

  • La consommation de cocaïne est plus importante dans les villes du sud et de l'ouest du Royaume-Uni, en Espagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Elle est plus limitée dans les villes d'Europe de l'Est.

  • La MDMA, en 2016, continue sur sa lancé de 2015. Toujours plus disponible et de meilleure qualité, la MDMA est largement présente dans toutes les villes européennes.

  • Les plus fortes concentrations d'amphétamines ont été observées dans les villes d'Europe du nord. Sa présence est comparativement plus faible dans le sud de l'Europe.

  • L'analyse de la consommation hebdomadaire a repéré une utilisation accrue de la MDMA et de la cocaïne pendant le week-end, tandis que l'utilisation de la méthamphétamine est répartie uniformément durant la semaine.

L'OEDT a adopté une approche aux multiples facettes en ce qui concerne cette étude, car un seul indicateur n'est pas suffisant pour obtenir une image réelle et complète de la situation.

Cette analyse des eaux usées s'ajoute à la boîte à outils épidémiologique utilisée par les scientifiques pour produire des informations fiables concernant l'utilisation des stupéfiants.

Alexis Goosdeel, directeur de l'OEDT, a déclaré que «l'analyse des eaux usées était un ajout utile aux outils déjà existants permettant de contrôler la consommation de drogues».

Il a ajouté que «les données fournies par cette méthode étaient un indicateur fiable de l'évolution de la consommation de drogues».

Il estime que «la détection de consommation de drogue en temps réel et son étude d'un point de vue géographique, peuvent améliorer la réactivité des traitements et des services de santé».

Il se réjouit que SCORE puisse publier les résultats au cours de l'année pendant laquelle cette campagne a été menée.

Il ajoute que cela pourrait aider les structures de prévention et de désintoxication pour obtenir les traitements adequats selon la tendance de consommation des drogues.

En 2017, l'OEDT devrait accueillir la 3e conférence mondiale sur l'analyse des eaux usées intitulée «Essais des eaux 2017» conjointement à la Conférence de Lisbonne 2017 sur les dépendances.