Dolly nous sauvera-t-elle du diabète ?

Article publié le 24 novembre 2004
Publié par la communauté
Article publié le 24 novembre 2004

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le clonage reproductif, employé pour créer la brebis Dolly, est perçu comme un élément de film d’horreur. Mais les progrès technologiques dans le domaine du clonage humain peuvent à peine être freiné.

Une révolution médicale est à portée de main : un jour, le clonage thérapeutique permettra de soigner près d’un quart de toutes les maladies. C'est en tout cas ce qu’affirment les généticiens qui favorisent l'utilisation des embryons humains clonés à des fins thérapeutiques. En utilisant cette technologie, les scientifiques devraient pouvoir trouver des traitements pour le diabète, la maladie de Parkinson ou les traumatisme de la moelle épinière. En vérité, les applications concrètes sont encore loin, et il faut d’abord avoir une discussion morale. Le clonage, thérapeutique ou reproductif, est encore l’objet de nombreuses critiques, visant à le bannir.

Le clonage, obligation morale ?

La principale différence entre clonage reproductif et clonage thérapeutique réside dans l’objectif final de la manipulation. En général, alors que l'objectif du clonage reproductif est le clone lui-même, le clonage thérapeutique tente de se détacher de cet objectif. La plupart des législations nationales interdisent l'utilisation d’embryons humains comme source de cellules souches. Mais en réalité, ce n'est pas la production des embryons que les critiques trouvent particulièrement répréhensible, mais plutôt leur « cannibalisation ». Ce à quoi répondait, lors d’un débat au Sénat américain, le démocrate Jerrold Nadler : « Nous autorisons l’avortement et nous permettons l'insémination artificielle dans laquelle neuf embryons sur dix sont détruits. Nous ne pouvons donc pas raisonnablement dire à des millions de malades en phase terminale ou de blessés graves : ‘Mourrez ou restez paralysés’ parce que nous pensons qu'un blastocyste ou un bloc des cellules est plus important que vous’ ».

Aberrations du clonage animal

Les opposants au clonage, qui voient dans les blocs des cellules des embryons humains, associent leurs considérations morales aux objections techniques et médicales. Après que le premier mammifère, la brebis Dolly, ait été clonée en 1996, une longue série a suivi (souris, bétail, singes, porcs et finalement le poulain de poney de montagne, Prometea). Mais une certaine appréhension s'est développée rapidement depuis la mort prématurée de Dolly à l’age de six ans. Il semble que les animaux clonés vieillissent plus rapidement que les animaux de la même espèce produits naturellement. En outre, la moitié des animaux clonés ont présentent des malformations au niveau du cœur, des reins, des poumons. Ces possibles aberrations, ainsi que le faible taux de succès de la manipulation (seul un embryon cloné sur cent donne le jour à un animal né vivant – soulignent le fait que le clonage reproductif humain est pour l’instant inenvisageable.

Les extra-terrestres, pionniers du clonage

Si partagée soit la volonté d’interdire le clonage reproductif, chaque nouveau développement dans le clonage thérapeutique rend plus difficile son interdiction. En 2002 et 2003, le mouvement raëlien, qui croit que les humains ont été clonés par les extra-terrestres, a

annoncé à plusieurs reprises avoir cloné avec succès un être humain. Mais personne ne veut y croire, car les Raéliens ont refusé les tests génétiques qui valideraient leurs prétentions. Les Professeurs Severino Antinori et Panayiotis Zavos ont également prétendu avoir créé un clône humain.

Deux tentatives d’interdiction mondiale du clonage reproductif par les Nations Unies ont échouées. Cet automne, la question y sera à nouveau abordée, mais le clonage thérapeutique sera sans doute exclu des débats. Il existe toutefois des alternatives au clonage thérapeutique : des cellules spécifiques peuvent être cultivées à partir de cellules souches prélevées dans la moelle épinière d’individus adultes ou dans le cordon ombilical. Ce qui permet en outre aux scientifiques de « reprogrammer » les cellules, en activant ou en désactivant certains gènes dans des cellules déjà développées. Certaines législations nationales, en Grande-Bretagne par exemple, permettent déjà à des embryons d'être clonés, mais à la seule condition qu’il soit exclut que celui-ci arrive à terme. En un mot, à condition qu’il ne devienne pas humain.