Die Linke: la montée du parti de gauche

Article publié le 14 avril 2008
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Article publié le 14 avril 2008
En Allemagne, on assiste aujourd’hui à une montée en puissance du parti de gauche Die Linke et à un durcissement des rapports sociaux. Les options de coalition classique en Allegane sont devenues improbables et le parti socialiste SPD semble affaibli par cette nouvelle donne. Die Linke est un parti de gauche, c’est le moins que l’on puisse dire.
Construite à l’origine contre le parti socialiste SPD, cette formation représente l’héritage politique du PDS (parti socialiste démocrate) et du SED (parti socialiste unifié). Elle compte parmi ses rangs beaucoup de membres de l’ancien parti communiste, le KPD. Depuis les récentes élections régionales en Allemagne, le parti est présent au Bundestag et dans dix des seize parlements régionaux. Cette nouvelle donne bouleverse le schéma politique classique de la République fédérale, en le faisant basculer vers un système à cinq partis.

Tourmente politique

Sur les trois scrutins régionaux menés en Hesse, en Basse-Saxe et à Hambourg, un seul, celui de Basse-Saxe, a débouché sur une coalition classique, entre les chrétiens-démocrates de la CDU et les libéraux du FDP.

En outre, l’Allemagne, ces dernières semaines, a dû affronter une tourmente politique des plus fortes. Après que la tentative de rapprochement du SPD (formation socialiste) avec Die Linke s’est soldée par un échec à Hambourg, il semble désormais que la tendance soit à une coalition entre la CDU et le parti écologiste des Grüne. De même, en Hesse, alors que l’éventualité d’une coalition CDU-SPD a déjà été écartée, on émet aujourd’hui l’hypothèse d’une alliance entre la CDU et les Grüne, avec l’approbation de Die Linke. Une petite révolution en Allemagne.

Système en crise

Les coalitions classiques de type CDU-FDP ou SPD-Verts sont devenues improbables et les chances d’atteindre une majorité stable sont de plus en plus réduites. Alors que les partis ne peuvent plus continuer à batailler seuls pour leur survie politique, aucun ne veut se résoudre cependant à former une coalition avec Die Linke. C’est donc la stabilité politique du pays qui est en jeu, un problème qui n’a pas échappé à l'ancien président fédéral, Roman Herzog. Ce dernier déclarait en février dans un entretien accordé au quotidien Die Süddeutsche Zeitung que l’Allemagne devait « s’attendre à un changement fondamental de (son) système de gouvernement », soulignant au passage que la durée de vie d’un gouvernement minoritaire était extrêmement limitée.

A l’image de ce climat politique très sensible, les rapports sociaux semblent se durcir outre-rhin. Après plus de dix ans passés à se serrer la ceinture, les salariés allemands revendiquent aujourd’hui des augmentations de salaires sans augmentation du temps de travail. Après avoir déjà très durement paralysé les transports en commun, les mouvements de grève pourraient continuer à s’étendre. Cette situation est emblématique d’un système politique en crise, où les schémas classiques volent en éclat et où la crise de leadership et le manque de visibilité des partis laissent place à un vide politique inquiétant.

Aurélien Bordet