D’Encausse toujours tu m’intéresses.

Article publié le 22 novembre 2007
Article publié le 22 novembre 2007
Strasbourg, le 20 novembre 2007 Par Guillaume Delmotte Ceci n'est pas une information. Tout est déjà connu. Toutefois, ce qui va sans dire va mieux en le (re)disant – comme l'affirmait déjà M.
de Talleyrand – surtout dans le contexte actuel qui a vu, d’une part, l’élaboration d’un projet de législation visant à tester l'ADN des migrants dans le cadre du regroupement familial et, d’autre part, l’inauguration d’un Institut d’études sur l’immigration et l’intégration, créé par le gouvernement et chapeauté par le Haut Conseil à l’Intégration.

Cette dernière institution est dotée d’un Observatoire statistique, chargé de rendre chaque année un rapport sur les flux migratoires en France et d’élaborer les outils pour évaluer la politique d’intégration. Son Conseil scientifique, qui rassemble les présidents et directeurs des grands instituts de recherche statistique, délibère sur le programme et valide les conclusions des travaux de l’Observatoire. Il a la chance d’être présidé depuis 2004 par Mme Hélène Carrère d’Encausse – qui n’est d’ailleurs pas plus d’Encausse que je ne suis D’Elmotte –, secrétaire perpétuel de l’Académie Française et qui, pendant de nombreuses années, enseigna tout ce qu’elle savait du monde soviétique aux étudiants du prestigieux Institut d’études politiques de Paris. Ce n’est pas la première fois que cette « intellectuelle de gouvernement » - comme pourrait la nommer l’historien Gérard Noiriel (un authentique spécialiste de l’immigration, lui) – officie dans les sphères étatiques. Elle fut naguère membre de la Commission des « sages » pour la réforme du Code de la nationalité en 1986-1987. Il est tout de même troublant que Mme Carrère d’Encausse ait conservé ses fonctions à la tête du Comité scientifique du Haut Conseil à l’Intégration après les propos qu’elle a tenus au moment des émeutes dans les banlieues françaises en novembre 2005, attribuant la cause de celles-ci à la polygamie :

« Beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues. »

Ah ! Que c’est beau la science ! Une analyse brillante et nourrie par des années de recherche ! On apprécie notamment le « Dieu sait quoi ! »… Et Mme le Professeur Carrère d’Encausse, que sait-elle ? Pour ma part, je sais désormais pourquoi cela va si bien en France…

(Photohraphie: Michel Delmotte, Raffarin et son conseiller, porcelaine, 2002)