Décentralisation : comment j'ai ramené Cafébabel à Madrid

Article publié le 8 mars 2018
Article publié le 8 mars 2018

Nous entamons une série de petits articles informels pour vous expliquer pourquoi Cafébabel est en train de changer et à quoi ressemblera votre magazine préféré dans le futur. Nouveaux plans, nouveaux visages, nouvelles sections et bien sûr, nouvelle ligne éditoriale. Rien que ça.

C’est lundi, il est 9h30. Je suis déjà en retard, mais ça va. Les autres ne doivent certainement pas être encore connectés non plus. J’étais tellement bien dans mon lit... Mais bon, je peux toujours dire qu’un joyeux luron m’a distraite pendant le trajet, mettre la faute sur le métro, ou encore mieux, sur la décentralisation. En effet, depuis janvier, la rédaction centrale de Cafébabel n’est plus uniquement à Paris, mais également à Rome, à Bruxelles, ou à Madrid.

Éditer ensemble des articles en espagnol, italien et allemand depuis notre siège rue Saint Denis me plaisait beaucoup, ça avait un petit côté bobo. Mais le journalisme est un domaine qui doit constamment se renouveler. Il faut être là où il est nécessaire d’aller et avoir un ancrage dans les grandes capitales européennes - Madrid en fait partie, bien que les Madrilènes ont parfois tendance à l’oublier - permet de mieux couvrir « le terrain ».

Comment se fait-il qu’après quinze années  d’existence, Cafébabel reste inconnu dans la plupart des cercles étudiants espagnols ? Pourquoi ceux qui connaissent le magazine imaginent qu’il est seulement écrit en français ? Ce n’est pas parce que le sud de l’Europe n’est pas au sommet de sa gloire - corruption, pauvreté, et précarité – qu'elle ne propose pas pour autant de beaux projets. Pour raconter les plus belles histoires, il nous faut être à vos côtés, dans la rue, les marchés, les universités, les bars, les bibliothèques, les parcs. Bref, partout.

Quand j'arrive le matin dans mon espace de coworking, dans le quartier multiculturel de Lavapiés, mon premier réflexe n’est pas, à l’image de mes collègues, celui de lire les journaux ou de croquer dans un morceau de chocolat. J’ouvre les six fenêtres qui me connectent au monde entier, mais surtout à mes autres collègues : j’utilise Slack pour partager idées, articles et tâches, Facebook pour interagir avec les lecteurs, ma boîte mail pour les contributeurs, Google Hangouts pour les conférences de rédaction, Instagram pour jalouser la vie parfaite des gens, et enfin Whatsapp pour voir s’il n’y a pas de nouveaux ragots qui traînent. Et quand Internet rame, on fait quoi ? Ben on chante.