De nouvelles perspectives pour le dialogue interculturel en Europe

Article publié le 29 novembre 2008
Article publié le 29 novembre 2008
Article écrit par Laura Pipponzi Traduit par Véronique Le Guen "Nouvelles perspectives pour le dialogue interculturel en Europe" , tel était le titre de la conférence de clôture de l'année européenne du dialogue interculturel (European Year of Intercultural Dialogue, EYID).
Organisée par la présidence française de l'Union Européenne et la Commission européenne, l'événement s'est déroulé du 17 au 19 novembre au centre Georges Pompidou à Paris, lieu symbolique de l'innovation et de l'ouverture d'esprit, s'il en est.

Les recommendations avancées pendant ces trois jours de conférences font parfaitement écho aux conclusions de la présidence slovène de l'Union, dont le mandat s'est achevé le 30 juin 2008. Les priorités suivantes ont été ré-affirmées : renforcer le rôle du dialogue interculturel dans tous les domaines politiques qui s'y prêtent, promouvoir la diversité culturelle pour encourager l'intégration et une société ouverte, promouvoir la participation active, appuyer la mobilité des artistes, encourager l'apprentissage des langues à travers une action dirigée vers les jeunes. La manifestation se voulait représenter la première pierre d'un processus au long terme qui demande à l'Europe de rester à l'écoute des différentes cultures en instaurant un dialogue continu dans la Société civile européenne.

Une aventure humaine, un moyen d'encourager la citoyenneté européenne, voilà l'idée du dialogue interculturel qu'a adopté le commissaire Ján Figeľ en ouvrant la conférence. Le concept d'intégration a par ailleurs était souligné plusieurs fois. Ján Figel a particulièrement pointé du doigt l'importance d'une intégration des forces : ni une absorption ni une assimilation mais bien une participation d'égal à égal a-t-il insisté. Le fait qu'il n'existe pas de dialogue interculturel sans égalité d'opportunité est ressorti des différentes interventions. L'Europe doit inscrire l'universalité des droits humains comme une nécessité absolue.

La culture, parent pauvre du budget européen

Le dialogue interculturel a été défini comme un investissement indispensable et un défi pour l'avenir à la croisée de différentes politiques européennes. Il faudra donc faire des efforts en matière de financement pour donner plus de pouvoir à la culture, parent pauvre du budget européen. Odile Quintin, directrice générale de la DG Education et Culture de la Commission européenne, a insisté sur l'importance d'une approche horizontale et transversale du dialogue interculturel afin d'identifier les secteurs avec lesquels la DG Culture pourrait collaborer.

Tous les projets, débats, réflexions que l'année Européenne du dialogue interculturel a fait émerger sont de parfaites preuves que le slogan de l'UE "Ensemble dans la diversité" n'est pas qu'un titre accrocheur. Actuellement, la diversité s'exprime de partout en Europe. De plus en plus, les gens voyagent à l'étranger, ont des voisins de différentes nationalités, travaillent dans un environnement interculturel ou encore créent une famille multinationale. Il devient donc fondamental de combiner le concept de citoyenneté avec celui de culture. Nous pouvons commencer à parler de culture du dialogue. La solution n'est pas le compromis mais bien la compréhension.