De la plus puissante arme politique de longue portée

Article publié le 27 janvier 2010
Article publié le 27 janvier 2010
Si la place accordée à  l’histoire pour les épreuves du bac a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps, peut-être est-il aussi nécessaire de prendre le temps d’analyser ce à quoi sert l’histoire, en vrai.

Si beaucoup pensent que c’est le moyen de transmission d’une mémoire collective, outil indispensable pour distiller cette essence que l’on nomme identité nationale, peu prennent le temps de se demander « Quelle histoire ? » Pour comprendre mon propos, un petit tour dans une bibliothèque de vieux livres s’impose…

Là, on trouve une collection de manuels d’histoire dont les plus anciens remontent aux débuts de la Troisième République. Feuilletant les pages jaunies, on lit par-ci par-là « nos ancêtres les Gaulois » ou encore, dans un ouvrage propagandiste bien plus sombre des années 1940, une définition du marxisme décrivant une « philosophie anarchiste faite de violences populaires luttant contre le bon ordre social et moral ».

Inquiétant n’est-ce pas ? De voir à quel point le pétainisme pouvait non seulement changer et les programmes et l’essence des cours. L’heureuse défaite de l’extrême droite en France n’en a pas pour autant effacé l’histoire jadis inculquée à ceux qui sont aujourd’hui certes âgés, mais avant tout des citoyens français. De telle sorte que nos grands-pères sont encore aujourd’hui capables de nous chanter Maréchal, nous voilà !, appris à l’école primaire.

L’histoire est la plus puissante arme politique de longue portée en ce sens qu’elle fait la socialisation politique de toute une génération qui sera amenée ensuite à voter. Une fois dans l’isoloir, c’est cette socialisation politique qui parlera avec tout ce qu’elle comporte d’omissions choisies ou encore d’interprétations décidées par les gouvernements lors de la création des programmes.

En ce sens, la suppression des épreuves d’histoire du bac scientifique en classe de terminale appelle à deux réflexions... La première c’est qu’elle représente un exercice de travail de la langue française indispensable à un examen français, sans lequel il perdrait de sa substance. Ensuite, et c’est le plus important, parce que l’histoire en année de terminale devrait être non seulement une matière du Bac, mais aussi l’outil qui aiguise l’esprit critique des nouveaux votants par l’apprentissage de l’influence politique dans les médias et l’éducation nationale.

Après, comment enseigner la diversité politique dans une école de la République, telle est la question ; une question qui, on l'imagine facilement, éviterait la confusion des genres et des questions, voire même des débats de fond du genre identité et nation, identité nationale ?