De la démocratie comme idéologie !

Article publié le 16 mars 2002
Publié par la communauté
Article publié le 16 mars 2002

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Entre Marx et Smith, un seul choix : la démocratie européenne !

Selon Karl Marx, le mode de production dominant une époque, détermine les rapports sociaux, qui, influencent en retour le système politique. Donnez-moi le moulin à vent et je vous donnerai la société féodale, formée de seigneurs et serves de la glèbe; donnez moi le métier à vapeur et je vous donnerai la société industrielle des capitalistes et des prolétaires.

Le système politique, selon Marx, ne constitue rien qu'une super structure par le biais de laquelle les classes dominantes soumettent les classes dominées.

Il existe, donc, pour Marx, un lien déterministe entre système économique et système politique, incitant à croire que la démocratie serait un produit du capitalisme.

Pour la tradition libérale, les libertés économiques constituent les fondements des libertés individuelles et politiques. La démocratie ne pourrait pas exister sans libertés économiques. Un exemple devenu classique illustre ce lien nécessaire. Il est inutile d'affirmer le droit à la liberté de la presse, si toutes les imprimeries et toutes les fabriques de papier appartiennent à l'Etat .

Pour les libéraux donc, il existe aussi un lien indissoluble entre système économique et système politique. Cela signifie que - comme dans le cas de Marx - la démocratie est un produit du capitalisme.

Mais, comme la guerre froide est finie depuis longtemps, nous pouvons réfléchir plus sereinement à ce sujet.

L'économie de marché a pu se développer en Europe grâce à la forme politique de l'Etat-Nation. Cette entité politique était assez étendue et puissante pour garantir à la fois des marchés d'une certaine importance et un environnement juridique stable et favorable au respect des obligations contractuelles.

Parallélisme des constructions

Par ailleurs, l'Etat-Nation a créé les bases d'une certaine homogénéité culturelle qui a permis le déploiement du processus de démocratisation, certes aux dépend de minorités nationales clochardisées. Jusqu'ici, rien de nouveau sous le soleil.

Mais allons voir l'Europe... L'intégration européenne est fondée sur les impératifs du libre marché. Les quatre libertés de circulations qui constituent les piliers de la CEE, noyau dur de l'Union, ont démontré l'incapacité de l'Etat-Nation à s’adapter au développement de la logique capitaliste. Ce dernier développement du capitalisme n'a pourtant pas provoqué une translation de la démocratie à l'échelle européenne.

Le parallélisme de Marx et des libéraux ne tient plus, il est confus, il à été enterré par l'histoire. Et nous ne sommes pourtant pas conscients des extraordinaires chances politiques qui se cachent derrière cette constatation. Nous avons dans un certain sens reconquis notre droit au choix.

Si auparavant parler de démocratie signifiait parler de marché, aujourd'hui cela n'est plus vrai. Au contraire, le choix s'impose, plus que jamais. Démocratie ou marché? Ou, pour être un peu plus politiquement corrects: priorité à la démocratie ou au marché?

Voulons-nous poursuivre le chemin d'une Europe de la libre concurrence et des institutions visionnaires, ou bien préférons une Europe plus attentive au droit et à la participation démocratique?

Voulons-nous exporter dans le monde, le libre marché, en espérant voir pousser des miettes de démocratie, ou bien voulons renverser nos préoccupations?

N’attendez pas une réponse à ces questions.

Pour l'instant je suis trop heureux de n'être ni libéral, ni marxiste.

Pour l'instant je suis trop heureux d'avoir retrouvé le droit de choisir.