Dans les bacs : Oasis, Emre Aydin et Silver Rocket

Article publié le 26 novembre 2008
Article publié le 26 novembre 2008

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Sélection mensuelle de musique made in Europa, avec des grands toujours debout et des petits déjà grands !

Oasis – Dig out your soul

On pourra dire que les frères Gallagher sont arrogants, imbus d’eux-mêmes et parfois qu’ils se perdent un peu trop dans de méga-délires, surtout quand ils s’attaquent à d’autres musiciens. On peut les trouver amusants ou crispants ou encore se délecter (tout en se désolant) de leurs petites saloperies que relaient largement les médias.

Toutefois, il est une chose que l’on ne peut pas se permettre de faire : les ignorer ! Oasis brille d’un feu de légende au firmament de la pop britannique. Sans eux, il faut bien l’avouer, des pans entiers de la scène musicale indépendante seraient restés à l’état létal. Quelque soit la tendance, ne se sacrifiant jamais à l’air du temps, ils sont toujours restés fidèles à eux-mêmes sans jamais servir de la daube avariée à leur public.

Avec leur nouvel album, Dig out your soul (« Exhume ton âme ! » ou plus brutalement parlant, « Déterre là ! ») ces messieurs se posent de vraies questions existentielles et deviennent soudain de grands garçons : ça se sent dans leur musique ! Racée, elle vibre pleine de nuances, exigeante et riche de variations savantes tout en veillant à offrir de vrais bons morceaux de rock’n’roll. On peut affirmer que ce Dig out your soul pourrait bien être leur meilleur album supplantant ainsi l’inoubliable Morning Glory paru en octobre 1995.

Label: Big Brother/Indigo – Sortie le 6 octobre

Emre Aydin – Afili Yalnizlik

Que de bonnes surprises cette année dans la hotte à awards de MTV Europe ! Parmi les favoris, une déferlante de premiers de cordée au hit-parade. Citons vite fait la chanteuse britannique Leona Lewis ou bien encore le vainqueur du tournoi de l’Eurovision de la chanson 2008 : le Russe Dima Bilan qui devrait ramener à la maison le trophée tant convoité. Mais il en est un qui cartonne dans sa patrie, bien qu’il ne soit pas encore très connu dans le reste de l’Europe, je veux parler de Emre Aydin, tout à la fois compositeur et interprète, venu de Turquie.

MTV vient de le sacrer meilleur artiste européen de l’année. Il se fit tout d’abord connaître comme le chanteur du groupe 6.CADE qu’il a fondé. Voila deux ans, il a commencé son Vendée Globe musical en solo. Rêvant de signer avec un grand label, son désir le plus cher serait de s’imposer. Avec Afili Yalnizlik (« Splendide Solitude »), autant dire qu’il fait mouche. Son album caracole en tête des meilleures ventes et ses chansons passent en boucle à la radio et sur MTV Turquie. Il peut se targuer d’avoir déjà reçu des gerbes de distinctions honorifiques et des prix en tout genre, parmi lesquels le Powertürk Award qui vient récemment de le consacrer « étoile montante ». Entre nous, qui aurait pu croire que la musique de plage d’ordinaire garantie 100 % à la pulpe de Californie nous vienne, cette année, des rives du Bosphore ?

Label: Sony BMG/GRGDN – Octobre 2006

Silver Rocket – Tesla

Prenez de merveilleuses et romantiques mélodies qui rappellent parfois un Gainsbourg se mettant à fredonner des airs d’Ennio Morricone. Veillez ensuite à bien y ajouter une généreuse pincée de tonalités alternatives au goût du jour et vous obtiendrez Silver Rocket. Si la mélancolie de son âme slave ne pointait pas ici le bout de son nez, on pourrait penser que ce groupe sort tout droit de la scène indé londonienne ou française. 

Ralliant autour de lui producteurs et instrumentistes, Mariusz Szypura a marqué durablement la scène de son pays comme peu d’autres avant lui l’ont fait, avant de fonder son propre groupe. La griffe sonore de Silver Rocket aux couleurs uniques et extraordinaires ne passera pas longtemps inaperçue. Ce groupe polonais hante déjà les scènes internationales en côtoyant de grandes pointures telles que Mogwai ou The sea and cake. Telsa qui est le titre de leur nouvel album fait référence au nom d’un grand inventeur de génie, un de ces esprits libres quelque peu négligé par l’histoire et cependant en avance sur son époque.

Sur un fond de pop volontairement rétro, l’album combine des arrangements psychédéliques et des mélodies harmonieuses. On croirait, à s’y méprendre, entendre de la musique de film. Dans une référence à Bowie, Space Oddity est traitée ici avec d’étranges accents de rusticités. Et comme il n’y a pas vraiment de hasard : rappelons que c’est le grand Bowie en personne qui incarna Nikolas Tesla dans le film de Christopher Nolan, The prestige.

Label – Revolution 9 – Octobre 2008

Black Air – A life, a song, a cigarette

Et pour clore cet agenda, six jeunes Viennois avec un fort penchant pour la country romantique et les chants tourmentés et tempétueux de marins. Ils montrent dans leur lyrisme et leurs textes un peu de la sensibilité et de la vulnérabilité de Bright Eyes. Les guitares sont intenses et dans les moments de calme, ces enfants du Prater savent tirer du violoncelle et de l’accordéon la touche de mélancolie nécessaire à tout romantisme digne de ce nom. 

Devenu au fil du temps un groupe de vétérans sur la scène musicale autrichienne, les Black Air savent très bien comment s’y prendre pour captiver un public et l’enflammer. Jamais, cœur brisé n’aura émis si délicieuse plainte. Et puisque la langue de l’amour est universelle, Black Air est destiné aussi à celles et à ceux d’entre vous qui ne parlent pas l’allemand. Qu’il soit un bien « beau baume » pour panser vos cœurs meurtris et bercer mélodieusement les inévitables chagrins d’amour.

Label : Siluh Records – 21 novembre 2008