Dans l’assiette des tchèques

Article publié le 8 février 2009
Publié par la communauté
Article publié le 8 février 2009
Elément fondamental du patrimoine, la cuisine est une porte d’accès à la culture des autres pays. Comprendre les habitudes alimentaires des uns et des autres, s’intéresser aux mets qui composent leur gastronomie, goûter aux saveurs de leur cuisine sont autant de façons d’appréhender une culture étrangère.
A l’heure de la présidence de l’Union Européenne (UE) par la République Tchèque, pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour pousser la porte de leur cuisine? Dis-moi ce que tu manges…

Avis aux carnivores

Influencée, à bien des égards, par la gastronomie des pays voisins (Hongrie, Autriche, Allemagne), la cuisine tchèque n’en offre pas moins de nombreuses spécialités adaptées aux possibilités et goûts locaux. Cuisine plutôt copieuse - bien souvent un plat suffit- elle ravira particulièrement les amateurs de viande. Les Tchèques sont, en effet, de grands consommateurs de viande qu’ils mangent à toutes les sauces (c’est le cas de le dire). Qu’il s’agisse de porc, de bœuf ou de volaille, elle est la base de leur cuisine. Le poisson se veut plus rare dans les assiettes. Il est cependant à l’honneur le soir de Noël, la carpe étant Le plat traditionnel du réveillon (servie avec des pruneaux, du raisin et des noix - Kapr na černo ou panée avec une salade de pommes de terre - Smazeny kapr s bramborovym salatem).

Au menu

Parmi les plats incontournables, mais aussi les plus populaires, de la cuisine tchèque, on retrouve un choix varié de soupes dont la renommée Bramboračka (soupe de pommes de terre), la Svíčková (filet de bœuf à la crème) ou le Vepřo-knedlo-zelo (littéralement porc-quenelle-chou). Ce dernier, plat le plus typique, symbolise à lui seul la cuisine tchèque traditionnelle. Les plats panés tiennent aussi une place importante dans la cuisine tchèque. On peut retrouver presque tous les aliments (viandes, poisson, fromage, légumes) en version panée. Peu friands de légumes, les tchèques accompagnent leurs plats d’une garniture qui fait l’originalité de leur cuisine. On marie généralement la viande avec les Knedliky, petites boules de pâte cuites à la vapeur et découpées en tranches proches de nos quenelles lyonnaises, ou avec les Bramborák, galettes de pommes de terre assaisonnées à la marjolaine. Du reste, les pommes de terre sont un met indissociable de la cuisine tchèque qui les décline en d’innombrables recettes. Pour clôturer votre repas avec un dessert typiquement tchèque, vous pouvez opter pour la version sucrée des Knedily, fourrées au sucre et à la compote de fruits, ou pour les crêpes-palačinky fourrées de fruits et de glace.

Na zdravi ! A votre santé !

Un bon repas (voire tous les repas…) ne s’accompagne pas de vin mais de la boisson élevée au rang de boisson nationale, à savoir la bière. Les Tchèques en sont les plus grands consommateurs au monde et, pour qui est amateur de bière, la République Tchèque recèle des trésors. La reine des boissons locales s’y décline de 470 façons et plus ! Les plus connues sont la Pilsner Urquell et la Budweiser Budvar que l’on peut retrouver sur nos zincs français. Si d’augure vous dégustez une de ces multiples bières dans une brasserie tchèque typique, commandez du fromage hermelín mariné (nakládaný Hermelín) et les noyés (Utopenci) en accompagnement. Vous voilà en train de prendre l’apéritif à la mode tchèque ! Alors, que pensez-vous des saucisses marinées que l’on nomme Utopenci ? Si le vin n’a pas l’importance que nous lui accordons en France, on trouve des vignobles réputés en Moravie du Sud ainsi qu’en Bohême et certains vins blancs, comme le Veltlínské zelené, le Müller Thurgau ou le Muscat morave, ont même acquis une reconnaissance internationale. 

On essaie ?

On ne trouve malheureusement aucun restaurant tchèque dans la capitale. Les plus audacieux d’entre vous s’essaieront à cette cuisine en testant la recette du Vepřo-knedlo-zelo  proposée sur le site officiel de la présidence tchèque de l’UE, les autres partiront éveiller leurs papilles directement sur place. Alors, à vos fourneaux ou à vos sacs à dos !

Charlotte Rautureau