'Crowdfunding': Le financement participatif rejoint les bancs universitaires

Article publié le 25 mars 2016
Article publié le 25 mars 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Quatre années de forte réduction dans l'éducation espagnole se sont fait sentir dans la facture universitaire, ce qui a amené une centaine d'étudiant à se retrouver sans bourse. La crise économique à fait naître l' "économie participative" (Crowdfunding, ndlr) dans les universités, pour trouver une solution aux financements qui ne viennent plus des fonds publics.

Voilà trois ans, une marée citadine regroupant tous les courants a parcouru les rues principales de l'Espagne pour défendre le public. Parmi tous les courants, dont la réflexion flottait dans les rues, nous pouvions rencontrer les Verts: manisfestants pour une éducation publique et de qualité. La marée verte déambulait dans les rues espagnoles pour protester l'inflation des taxes universitaires,  coup de ciseaux en trop dans le budget destiné aux bourses et à LOMCE (loi visant à la privatisation de l'éducation espagnole lancée fin 2012, ndlr), C'est la septième réforme éducative en moins de quanrante ans de démocratie. 

Actuellement, la situation n'a pas été inversée: Les dépenses publique dédiée à l'éducation continue de chuter à des niveaux connus avant la crise, ce qui voudrait dire, que l'investissement dans cette aire est inférieur à celle d'il y a dix ans. Les résultats directs de ces réductions sont un investissement moindre dans les bourses étudiantes et des enquêteurs, une augmentation des taxes académiques, une baisse du nombre d'étudiants inscrits en Licences et moins de professeurs dans les salles.

La nécessité aiguise l'ingéniosité et est à la fois, synonyme d'innovation. Le manque de financement du système universitaire public est une des conséquences en plus des autres ajustements et réductions qui ont eu lieu depuis l'incident de la crise économique. En même temps, la coopération collective au moyen des campagnes de  crowdfunding  s'est convertie ces dernières années en un moyen, pour beaucoup de jeunes entrepreneurs, de commencer des projets sans s'encombrer de la difficulté à trouver des fonds, mais il semblerait que l'économie collaborative va aussi s'installer de façon perpétuelle sur les bancs de l'université.

Cynthia: Dessins et portraits pour payer les frais d'inscription

Un des nombreux étudiants qui a fait les frais de cette coupe budgétaire est Cynthia Uceda, étudiante aux Beaux-Arts à l'Université de Séville. Elle a eu l'idée de vendre ses illustrations via Facebook et twitter pour l'aider à payer ses cours. Cette idée prend sa source à son université, c'est là qu'un professeur la motivait elle et ses camarades, à monter leurs propres campagnes de crowdfunding pour qu'ils puissent financer leurs projets artistiques. 

"En constatant que le refus de la bourse pourrait me coûter ma deuxième année, comme cela c'était passé à l'institut, et avoir demander l'avis de mes professeurs et de mes amis, je me suis décider à lancer une campagne via les réseaux sociaux".

L'accueil fut plus important que l'étudiante sévillane ne pouvait l'espérer: " Au total, j'ai reçu 250 commandes correspondant toutes à une illustration. En à peine 24 heures j'avais été re-twitée 13.000 fois sur Twitter  et partagée 6.000 fois sur Facebook". La campagne avait atteint une amplitude que Cynthia n'avait pas prévu en lançant son appel, comme elle n'avait pas pensé aux personnes qu'elle toucherait.

"Il m'a manqué je ne sais combien de jours pour organiser toutes ces commandes, encore maintenant je n'ai pas tout terminé". Démonstration d'empathie envers sa cause accompagné de sentiment d'irritation et d'injustice furent le soutient que la jeune Sévillane reçu dans ses messages. Ceux qui répondaient à Cynthia étaient conscients de ce qu'impliqué son exposition à l'opinion publique et "d'en arriver à ce point-là, car le Gouvernement ne fait pas ce qu'il devrait pour les étudiants.

Sur la plaquette de sa prochaine année, elle croit qu'elle sera encore exclue du système de bourses. Le problème au final, ce n'est pas de payer les taxes, c'est aussi que beaucoup d'étudiants espagnols doivent quitter le foyer familial pour aller à l'université et la part de bourses prévue pour cette situation est de 1.500 euros."En tenant compte du loyer et des frais scolaires, il se peut que je programme une autre campagne très prochainement. De fait, je continue d'accepter de nouvelles commandes pour pouvoir continuer à payer le logement et le matériel de cours, qui est on ne peut plus onéreux ".

Nana: Sans financement et à deux doigts de finir son doctorat

Athina Raftopoulou (Nana) a étudié l'Economie à Patras, sa ville natale en Grèce, suivi aussi de son master en Economie Appliquée et analyse de données. Venir étudier à Barcelone fut due, à une succession de hasards qui coïncidait avec le championnat d'Europe de waterpolo de 2011, celui auquel elle participa en représentante de son pays. Maintenant, il lui reste seulement deux ans pour finir son doctorat - une enquête sur les inégalités sociales et l'obésité - et se retrouve dans l'incapacité de le financer. Devant le manque d'aide des finances publiques, "Le mur des élèves" avait lancé une campagne sur Verkami (une plateforme de Crowdfunding) pour l'aider à financer son projet.    

La campagne "Le mur des élèves" a vu le jour à l'Université de Barcelone se base sur le modèle de financement coopératif de Harvard qui  "prend l'initiative de réunir nouveaux et anciens élèves". Cette façon de procéder permet à des étudiants de finir leur doctorat  grâce à l'aide au financement d'anciens étudiants, ce qui est le cas de Nana, ou d'autre projet qui naissent dans le cadre  étudiant de cette université. " C'est une réponse aux coupures budgétaires réalisées: Le financement de la recherche a chuté de 36%".

Nana explique: le propos de cette campagne de financement n'est pas de remplacer le financement public, mais "comme les étudiants avec une bourse à temps plein sont une denrée rare, il est nécessaire de trouver d'autres option de financement. Par exemple, à l'Université de Barcelone seulement 15% des étudiants bénéficient d'une quelconque bourse. " Je crois que la recherche est fondamentale. Au final, les répercussions de cette restriction budgétaire se feront sentir dans la Société future".

Par rapport à la situation de l'éducation en Grèce, Nana assure que, bien que gratuite, "elle est de grande qualité". Le problème du chômage est également causé, par le fait que beaucoup de personnes continuent leurs études par faute de ne pas trouver de travail. "Les universités sont saturées et les professeurs ne sont pas motivités (baisse salariale, peu de financement pour leurs projets...)  et pourtant le niveau d'éducation est haut". Nana raconte que la majorité des gens en études supérieur quittent le pays pour trouver une meilleure situation professionnelle. La situation du pays hélénique ressemble pas mal à celle de l'Espagne: " Le futur leur échappe et il ne font rien pour le retenir".