Crise économique ? Les jeunes sont loin de se résigner !

Article publié le 26 mars 2013
Article publié le 26 mars 2013
Par Olalla Pastor Del Valle Venue de toute l’Europe, la quarantaine de jeunes invitée à Strasbourg dans le cadre du programme Européen “Youth in Action” a participé à une rencontre thématique « Youth Employment and Participation / mi-février.
Le but, faciliter le débat et la construction d’un dialogue transnational sur le chômage des jeunes et leur participation à la vie politique et sociale. Une participante témoigne.

Le sujet du séminaire accueilli par l’Association des Agences de la Démocratie Locale (AADL) s’inscrit particulièrement bien dans le contexte de crise économique qui frappe l’Europe et qui limite les perspectives d’avenir chez les jeunes. L’exclusion économique menace la participation des jeunes aux affaires européennes. Face à cette situation, les participants venus de tout le continent européen ont discuté d’un avenir commun. Séances d’information, débats et discussions étaient au menu de ces rencontres pour débattre sur le thème du chômage chez les jeunes. Occasion de mettre en lumière le paradoxe européen : « tous différents, tous égaux ». Ainsi, la délégation espagnole s’est présentée à Strasbourg avec un taux de chômage des plus élevés. Le chômage chez les jeunes s'élève à 56,5%, pourcentage qui ne cesse d’augmenter. Néanmoins, les jeunes espagnols ont étonné par leur enthousiasme, leur esprit convivial et leur joie qui caractérise si bien leur pays. C’est cette façon d’être qui est souvent citée comme la cause de la crise en Espagne. Mais en est-ce vraiment la raison ? La personnalité espagnole est souvent mal interprétée, car il s’agit pourtant de la génération la plus diplômée et la mieux préparée de l’histoire du pays, bien loin de l’image de fêtards. Les jeunes prennent bien le relais du pays avec plus d’espoir européen que jamais !

Participer à la vie politique

Les Italiens aussi en ont assez des clichés. Deux groupes de Lecce et de Vicenza, représentant les pays méditerranéens ont apporté une vision pratique et tournée vers la résolution du problème lié au chômage. Pour eux, la solution se trouve dans la participation massive des citoyens dans la vie politique et dans le soutien des municipalités aux initiatives en faveur des jeunes. A quelques jours des élections en Italie, le sentiment de frustration des participants se faisait ressentir, face à une classe politique nationale qui ne cesse de faire parler d’elle en Europe et qui suscite un grand mécontentement au sein de la population. Du côté français le calme persiste. Cependant, les jeunes commencent à se rendre compte que cela pourrait être pire. Observateurs des crises des pays du Sud, de nombreux jeunes français ont du mal à trouver du travail et craignent de ne se voir offrir que des propositions de stages. Mais pour un pays membre et fondateur tel que la France, l’Union européenne n’est pas tellement mise en valeur. Les premiers pays membres de l’UE tendent parfois à oublier le nombre d’opportunités et de privilèges que représente l’Union et ne retiennent que les difficultés.

Union européenne, mon amour ?

Ce sont les participants Bulgares qui se sont montrés les plus pro-européens lors du séminaire. Peut-être les espoirs sont-ils trop grands, mais pour eux la solution se situe en Europe. Convaincus de vivre la pire des situations, les Bulgares en tant que derniers états-membres en date avec les Roumains sont ceux qui s’intéressent le plus aux opportunités proposées par les programmes européens. D’autre part, cette semaine de débats à Strasbourg leur a permis de se rendre compte que leur situation n’est pas si différente comparée à celle des autres jeunes européens. Bien au contraire, il s’agit aujourd’hui d’un problème général.

Union européenne, je t’aime moi non plus

C’est sans doute la représentation croate qui a constitué la surprise du séminaire. Les membres les plus actifs et participatifs de la semaine ont donné une image contradictoire de leur pays. Malgré leur très prochaine adhésion à l’Union européenne (au1er juillet 2013) suite au « oui » remporté à une très large majorité (66 % des voix) lors du référendum de janvier 2012, les participants croates ont exprimé leur méfiance et leur incertitude face à l’élargissement européen. La stupéfaction et l’incrédulité du reste des délégations a suscité de nombreuses réactions face à des Croates qui s’inquiètent de leur exposition à la compétitivité européenne quand viendra l’heure de l’adhésion.

Dans une Europe où même ceux qui ne sont pas encore membres ont déjà perdu la foi, il reste à régler un gros problème d’identité et de confiance. Comme l’ont souligné de nombreux participants au cours du séminaire, il nous faut « récupérer l’Europe des peuples et de ne pas attendre l’Europe des marchés ». Sans doute en raison d’une expérience passée plus positive, les anciens membres cherchent à rétablir la grandeur d’un temps passé. Les discours de l’Espagne et de la Bulgarie tiennent des discours bien plus positifs sur l’intégration en contraste avec les membres fondateurs.

Pendant cette semaine, les participants ont montré leurs réalités mais ont aussi été confronté à celles de leurs voisins. Ceci a permis une réelle prise de conscience. Il y a davantage de choses qui nous rapprochent que de choses qui nous séparent. Il reste beaucoup à faire pour trouver des solutions et affronter cette crise ensemble. Les collègues croates sont invités à cette tâche, mais doivent avant tout donner une chance à l’Europe de les aider. Les discours de l’Espagne et de la Bulgarie tiennent des discours bien plus positifs sur l’intégration en contraste avec les membres fondateurs.