Cracovie : Nowa Huta, au bonheur des âmes

Article publié le 14 janvier 2016
Article publié le 14 janvier 2016

Nowa Huta fut la première ville polonaise qui, après la guerre, fut construite presque à partir de rien. La ville doit son nom - « nouvelle fonderie » - à un complexe industriel, érigé en même temps. Plus tard, en 1951, la ville a été incorporée à Cracovie. On a demande aux jeunes habitants de Nowa Huta quels changements dans leur environnement leur remonteraient le moral.  

Agnieszka (31) :  « Je serais plus heureuse s'il n'y avait pas autant de pollution. Nowa Huta se retrouve parmi trois villes les plus polluées en Europe. J'ai un enfant maintenant et ce n'est pas sain qu'il respire cet air. » 

Nowa Huta fut une tentative de réaliser le concept utopique d'une ville industrielle parfaite.

Michał (34, freelancer): « Le gouvernement a annoncé son plan - « Nowa Huta dans l'avenir » - qui consiste à construire une nouvelle ville tandis que rien n'est fait pour la ville qui existe déjà. Je serais heureux si les autorités amélioraient les choses ici et maintenant. »

Daria (cultural program manager): « Je serais plus heureuse si les gens étaient plus solidaires. Je pense que l'on en a de plus en plus besoin de nos jours, dans notre société. »

Jarosław (26, responsable de la culture et animateur d'activités culturelles) : « Je serais plus heureux si les politiques culturelles étaient plus ouvertes aux jeunes pour qu'ils puissent être plus libres et créatifs.» 

 

 La situation de Nowa Huta qui se trouve à proximité du centre-ville de Cracovie encourage des jeunes familles avec enfants à emménager dans le quartier.

Jacek (propriéteur de Klub Kombinator): « Je serais plus content s'il y avait plus d'engagement social de la part des gens. Je lutte contre le manque des initiatives sociales. »

Karolina (manager du cinéma Sfinks): « Je serais beaucoup plus heureuse s'il y avait plus de films américains indépendents diffusés au cinéma Sfinks. »

Maria (50, danseuse en fauteuil roulant):  « Je serais heureuse si je pouvais habiter dans un appartement au rez-de-chaussée. J'habite au deuxième étage dans un bâtiment sans ascenseur. De meilleurs conditions de vie des handicapés me rendraient heureuse. »

Anna (35, activiste): « Je serais plus heureuse si les autorités locales surveillaient de plus près les besoins des gens, s'ils agissaient plus dans ce but. Ce serait super si l'État était plus inclusif, sans préjugés racistes ou homophobes. »

Dans la doctrine du réalisme social en Pologne, l'architecture a été une arme d'une  importance énorme dont se munissaient les créateurs du nouvel ordre social. L'ambiance d'un bâtiment prévalait sur son côté esthétique. Il devait exprimer les idées sociales et susciter l'impression de persistance et de pouvoir.  

Łukasz (marin):  « Je serais plus heureux si le pouvoir de l'église catholique perdait de son influence. Les hommes politiques ont déjà utilisé l'Église comme arme politique et ils pourraient le faire de nouveau. » 

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Cet article fait partie de la série de reportages « EUtoo 2015 », un projet qui tente de raconter la désillusion des jeunes européens, financé par la Commission européenne.