Côte d’Ivoire : vers une croissance enfin inclusive ? 

Article publié le 1 août 2017
Article publié le 1 août 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La Côte d’Ivoire accuse depuis deux ans un ralentissement de sa croissance, après un effet de rattrapage important, mais possède toujours les clés de son émergence. Dans tous les secteurs d’activité, le pays du président Ouattara voit surgir des projets innovants qui devraient permettre à la population ivoirienne d’en tirer, enfin, de larges bénéfices, alors que le développement du pays a souvent été décrit comme trop peu inclusif. 

La croissance ne doit pas être un miroir aux alouettes qui cache la réalité économique et sociale d’un pays. L’actualité de la Côte d’Ivoire l’a rappelé à plusieurs reprises depuis le début de l’année. Les mutineries de l’armée ivoirienne ou la chute sensible du cours du cacao qui a engendré la baisse du prix minimum garanti aux producteurs ont créé des remous au sein du gouvernement ivoirien, et inquiété la population.

Cette dernière aspire à une stabilité économique et sociale qui passe naturellement par un système éducatif plus performant et une offre de soins de qualité. Ces enjeux majeurs sont au cœur des préoccupations du gouvernement et du président ivoirien, Alassane Ouattara, qui mise sur l’émergence à l’horizon 2020. Et qui, comme l’a parfaitement expliqué Bakary Traoré, économiste au sein de l'OCDRE, en référence notamment aux années Gbagbo, sait pertinemment qu’un pays « ne peut pas corriger en cinq ans vingt ans de pagaille (*) »

Un travail de longue haleine

Si elle est regardée avec honnêteté et franchise, la croissance reste un indicateur solide qui permet de noter les progrès économiques et techniques d’un pays. En la matière, la Côte d’Ivoire a de quoi s’appuyer sur quelques certitudes. Sur les cinq dernières années, le Produit Intérieur Brut (PIB) ivoirien enregistre une moyenne de 9% d’augmentation. Un chiffre exceptionnel qui devrait être revu à la baisse ces prochaines années, conjoncture oblige. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance, qui était de 7,5% en 2016, devrait tourner autour de 6,9% en 2017.

En cinq ans, cette croissance insolente a engendré des progrès économiques notables. Depuis 2011, les investissements ont été multipliés par trois, près de deux millions d’emplois ont été créés, les salaires des fonctionnaires ont été revalorisés de 12% et les dépenses en faveur des plus défavorisés ont doublé (même si le taux de pauvreté n’a baissé que de 5%, passant de 51 % à 46%)…

Aux yeux des investisseurs étrangers, la Côte d’Ivoire représente, sans nul doute, un partenaire de confiance. Une certitude encore renforcée par la récente annonce d’un prêt de 28,9 milliards de FCFA accordé par la Banque africaine de développement (BAD) en faveur du pays. Selon le communiqué, la BAD souhaite « soutenir les efforts du gouvernement ivoirien visant à sauvegarder la dynamique de croissance de ces dernières années ».

L’innovation au cœur de tous les enjeux

Cette croissance, incarnée par la politique mise en place par Alassane Ouattara depuis plus de cinq ans, débouche sur des initiatives devant permettre à la population ivoirienne d’en récolter pleinement les fruits. Dans le secteur agricole, par exemple, l’une des clés majeures du développement ivoirien, un rendez-vous est très attendu : il s’agit du Forum pour la révolution verte en Afrique (AGRF), qui se tiendra du 4 au 8 septembre 2017 à Abidjan, et qui réunira les leaders africains et mondiaux en la matière. Le thème de cette édition – « Accélérer la marche de l’Afrique vers la prospérité : Contribuer à la croissance d’économies inclusives et à la création d’emplois à travers l’agriculture » – sera l’occasion de mettre en exergue les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire mais également de proposer de nouveaux engagements en faveur des petits exploitants agricoles et des petites entreprises, véritables moteurs de la révolution verte.

L’innovation s’invite également dans d’autres secteurs, et notamment dans le numérique. Dernier exemple en date avec le développement du « mobile money », un service incontournable en Afrique qui permet à l’utilisateur de payer, de retirer ou d’envoyer de l’argent, comme via une banque classique. Au cœur de ces enjeux majeurs qui ouvrent de nouvelles perspectives numériques, une start-up ivoirienne, SycaPay, vient de frapper un grand coup. En collaboration avec la startup française Be-Bound, elle a mis en place un système baptisé SycaPOS. Il s’agit d’un terminal de paiement multi-opérateurs qui permet d’effectuer ses transactions, même dans les territoires ivoiriens isolés et privés d’une bonne couverture mobile. Grâce à cette innovation, le marché ivoirien du « mobile money » va se démocratiser et faciliter les transactions du quotidien.

Nul doute que SycaPay et d’autres jeunes entreprises ivoiriennes seront présentes au prochain Work’in Planet, le salon de l’emploi qui tiendra sa 4ème  édition en octobre prochain à Abidjan. Selon la Présidente de la Maison des chefs d’entreprises (MCE), près de 20 000 personnes ont déjà trouvé un emploi ou une formation grâce à cet événement qui participe pleinement au développement d’une croissance inclusive en Côte d’Ivoire. Car c’est bien là que doivent se concentrer les efforts du pays, s’il ne veut pas devenir un pays riche rempli de pauvres.