Copenhague : au bonheur des dames

Article publié le 30 mai 2016
Article publié le 30 mai 2016

On l'a dit et redit : les Danois sont les plus heureux du monde. Mais qu'en est-il des étudiants européens qui habitent la capitale, Copenhague ? Nous avons photographié 5 jeunes femmes en transit dans le pays et, avec elles, leurs espoirs, leurs projets mais aussi leurs craintes. Portraits. 

Copenhague est l'une des villes européennes les plus populaires pour y faire ses études. Les ingrédients du bonheur ? Une qualité de vie agréable, l'enseignement supérieur gratuit pour tous les jeunes de l'Union européenne, mais aussi un petit chèque délivré à chaque personne qui étudie. 

Quand on vit déjà le rêve social, qu'est-ce que l'on peut bien espérer ? C'est la question que nous avons posé à la jeune génération d'Européens qui habite la capitale du pays le plus heureux du monde. Avec une précision. Dans cet exercice, nous n'avons interrogé que des femmes. Passions, espoirs et pragmatisme. Où l'on découvre que la jeunesse du Vieux Continent est décidément très plurielle mais aussi que le ciel du Danemark n'abrite pas forcément les plus optimistes. 

Anne-Marie est étudiante et originaire de République Tchèque. « Mon but est assurément de survivre à mes années d'études sans demander de l'argent à mes parents. J'ai juste une bourse de 5 000 couronnes danoises par mois (environ 670 euros, ndlr), qui me permet juste de payer mon loyer. Maintenant, je travaille dans une entreprise de fruits et légumes où je conditionne les carottes dans des sacs en plastique. C'est un travail difficile, mais au moins je me fais les muscles. Le travail de mes rêves ? Je n'ai pas besoin de beaucoup d'argent ou de choses matérielles mais ce serait quelque chose qui va me rendre heureuse et me faire voyager. »

Danielle, est musicienne et photographe. Elle est née aux Pays-Bas. « J'étudie le grec et je voyage dans de nombreux pays pour jouer et chanter ma musique. Mon rêve pour plus tard est d'ouvrir un B&B (Bed and breakfast, ndlr) pour les musiciens sur une île grecque, qui, dans mes projets, serait une sorte de communauté écologique avec l'intention d'aider l'économie de ce pays à soutenir les musiciens dans leur carrière. Je voudrais continuer à voyager et visiter les éco-villages à travers le monde, mais aussi encourager les échanges entre les différents pays. Si nous apprenons à mettre en valeur ce que nous avons, le monde serait meilleur. »

Hala, est professeure de piano et vient de Turquie. « Je suis sur le point de commencer un cours pour devenir tatoueuse. Mon rêve serait de travailler d'une part dans le milieu du tatouage et d'autre part d'aider les animaux. Pour gagner ma vie, j'enseigne le piano aux enfants et aux personnes handicapées. »

 Chiara, est une chercheuse italienne. « En faisant de la recherche, je m'occupe d'un domaine de connaissances très restreint. Par conséquent, il existe seulement un petit nombre de personnes dans le monde, plus ou moins 15, qui comprennent et savent ce que je fais, et qui, au bout du compte, peuvent me donner un job. Cela signifie qu'empiéter sur le terrain de quelqu'un d'autre me mettra hors de course. Pour réussir dans la recherche, il faut renoncer à sa propre vie, et même avec un enfant il faut continuer à travailler 15 heures par jour. Pendant que je termine le projet de recherche à l'université, je fais en même temps un stage dans une start-up. Je ne suis pas payée mais de cette façon, j'acquiers au moins des compétences et de l'expérience qui peuvent m'être utiles dans un autre contexte si les choses ne se déroulent pas bien. »

Celeste est une étudiante danoise, concise. « De temps en temps je porte des lunettes noires pour me protéger au milieu de la foule. J'assiste à un cours de dessin et je voudrais être designer, et partir à Londres. »

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Cet article fait partie de notre série de reportages « EUtoo », un projet qui tente de raconter la désillusion des jeunes européens, financé par la Commission européenne.