Conseil Européen : une approche commune de la souveraineté ? 

Article publié le 28 septembre 2015
Article publié le 28 septembre 2015

L’une des mesures phares de la réunion informelle du  Conseil Européen du 23 septembre est que la « bonne gestion et le contrôle » des frontières extérieures de l’UE relève de la responsabilité conjointe des pays membres. Donald Tusk, président du Conseil Européen, a souligné qu’il était injuste de tout faire peser sur l’Italie ou sur la Grèce et a soulevé la question de la souveraineté.

S’adressant à la presse suite à cette réunion des dirigeants des pays de l’UE sur le sujet brûlant de l’immigration, Donald Dusk, conjointement avec le Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker, a annoncé que les mesures décidées s’appuyaient sur la liste des actions prioritaires de la Commission destinées à résoudre la crise des réfugiés. La liste comprend l’attribution d’au moins 1 milliard d’euros au Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR), au Programme alimentaire mondial (PAM) et autres agences, ainsi que des aides à la Jordanie, à la Turquie, au Liban et à d’autres pays, afin de répondre à la crise des réfugiés syriens. Concernant la Turquie, le Président Donald Tusk a confirmé la tenue d’une rencontre avec le Président turc Tayyip Erdogan, prévue le 5 octobre.

Quid des pays européens situés en première ligne de la crise des réfugiés ? Donald Tusk a rappelé que les 28 pays membres étaient désireux de reprendre le contrôle des frontières extérieures de l’Europe, « projet très ambitieux » pour lequel, dit-il, « nous avons besoin d’un contrôle collectif ».

Comment les Etats italien et grec envisagent-ils cette perspective ?

A son arrivée au Conseil, le premier ministre grec Alexis Tsipras, fraîchement réélu, a insisté sur le fait qu' « une Europe unie signifie avant tout le partage — partage des responsabilités, partage des charges, partages des moyens, partage d’un futur commun », appuyant clairement une gestion de crise qui ne soit pas seulement méditerranéenne mais plutôt pan-européenne. M. Tsipras aurait d’ailleurs rencontré le président de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, Gianni Pittela, au sujet du développement d’un front européen progressiste plus fort.

Le premier ministre italien Matteo Renzi a déclaré qu’il était parfaitement satisfait des décisions annoncées : « pour la première fois, la relocalisation des migrants ne concerne plus uniquement chaque pays membre mais bien tous les peuples européens et surtout toutes les institutions européennes. » Questionné sur son opinion sur les fonds exceptionnels destinés à des pays extérieurs à l’Europe, il répond « pour nous, le problème n’est pas financier. Pour nous, le problème est celui d’un idéal…Pour beaucoup de pays, pour beaucoup de collègues, les valeurs européennes ne sont pas capables de résoudre la question des flux migratoires. »

Bien que les leaders européens apparaissent satisfaits des décisions prises aujourd’hui (et dont la mise en œuvre est prévue pour la fin du mois de novembre), les réactions des citoyens européens sur les médias sociaux se révèlent beaucoup moins enthousiastes, dénotant un manque d’empathie pour les réfugiés :