Conseil européen des 19 et 20 décembre : L’envers du décor

Article publié le 25 décembre 2013
Article publié le 25 décembre 2013

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Ces 19 et 20 décembre 2013 se réunissaient pour la dernière fois sous la Présidence Lithuanienne, les 28 chefs d’états pour un sommet européen.

Ces 19 et 20 décembre 2013 se réunissaient pour la dernière fois sous la Présidence

Lithuanienne, les 28 chefs d’états pour un sommet européen.

Les points à l’ordre du jour étaient :

• la politique de sécurité et de défense commune.

• l'Union économique et monétaire et la politique économique et sociale;

• l'élargissement, les migrations et l'énergie.

Cependant ce n’est pas au sein du Conseil qu’il y avait le plus d’action.

En effet, pour la première fois une alliance interprofessionnelle (Alliance D19-20)

rassemblant agriculteurs, syndicats, mouvements sociaux, associations, travailleurs

avec ou sans emploi, ou encore collectifs féministes a tenté de bloquer ce rendez-

vous.

L’alliance D19-20 s’est constituée en opposition à deux traités fondamentaux : le

TSCG (Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance) qui impose des

mesures d’austérité partout à travers l’Europe et le Traité Transatlantique, en ce

moment négocié entre la Commission Européenne et les Etats-Unis.

Retour sur ces deux traités:

TSCG : traité imposant une discipline budgétaire, notamment à travers son

article 3 disposant de la fameuse règle d’or, que les états doivent introduire dans

leurs droits nationaux. Cette règle d’or impose un déficit structurel de 0,5% et non

plus 3% ce qui a pour principal conséquence l’application de mesures d’austérité à

travers l’Europe.

Le Traité Transatlantique, négocié depuis juillet 2013, prévoit une

harmonisation de la législation en vigueur des deux côtés de l’Atlantique. Celle-

ci devra répondre aux normes du libre-échange établies par et pour les grandes

entreprises européennes et américaines. Les pays qui ne respecteraient pas ces

normes seraient alors condamnés à des sanctions commerciales ou à une réparation

financière au bénéfice des plaignants.

L’Alliance D19/20 dénonce principalement le processus anti-démocratique qui

a été utilisé pour la signature de l’un et la négociation de l’autre. Selon l’Alliance « les

citoyen-ne-s européen-ne-s sont laissés de côté, ces textes sont décidés sans

obtenir leur consentement, ni leur demander leur avis. »

La première concrétisation de cette alliance était de porter leurs revendications

devant le Conseil européen. Leur objectif : bloquer le conseil jusqu’à ce qu’une

délégation soit reçue par le premier ministre belge Elio di Rupo et le président du

Conseil Herman van Rompuy.

Une mobilisation inédite:

La société civile belge s’empare pour la première fois des questions

européennes en voulant être les représentants des peuples soumis à l’austérité

en Europe. « Nous voulons montrer que c’est aussi notre responsabilité en tant

que société civile belge de porter les revendications des peuples européens.

Nous habitons ici, ce qui se passe à Bruxelles est notre responsabilité aussi. »

(Conférence de presse de l’Alliance D19/20, mercredi 18 décembre)

Ce désir de rassemblement fut rejoint par des organisations diverses, portant

des revendications précises. C’est le cas notamment de l’organisation « agir pour la

paix », qui milite contre l’influence de l’industrie de la défense et de la sécurité sur la

politique européenne, point principal à l’ordre du jour de ce Conseil.

Un rassemblement fortement encadré

Plus de 2000 manifestants ont bloqué cinq carrefours principaux autour du

quartier européen.

Un imposant dispositif de sécurité a été mis en place en réponse à l’appel

de l’Alliance, camions à eau, fourgons, impressionnant nombre de policiers

réquisitionnés et présence de policier en civil sans brassard. Face à cette force

policière, ceux qui ont tenté de rejoindre le sommet en ont été empêchés par la

police. Au total 75 arrestations administratives et 3 arrestations judiciaires ont eu lieu.

Silence au Conseil…

Si l’action n’a pas permis le blocage du Conseil en tant que tel, elle à

incontestablement déclenché des réactions très vives de la part des autorités

qui ont ultra sécurisé le quartier européen. L’Alliance D19-20 conclu cette année

européenne du citoyen par la volonté de se réapproprier les politiques européennes

et de sensibiliser un public de plus en plus large sur leurs conséquences.

Bien qu’il eu été impossible de ne pas remarquer ce rassemblant à Bruxelles, il n’en

a pas été dit un mot au Conseil.