Congélation d’ovules : nouvelle génération de PAM...

Article publié le 26 novembre 2014
Article publié le 26 novembre 2014

Il y a un mois, NBC communiquait une nouvelle de premier ordre à propos de Facebook et d’Apple qui annonçaient un avantage inédit : la possibilité pour les employées de sexe féminin de « congeler leurs ovules ». Mais personne ne s’est réellement penché sur le fond du problème qui est de « laisser les femmes s’exprimer sur le sujet ».

Depuis que NBC a annoncé la nouvelle volonté de Facebook et d’Apple de permettre aux femmes employées d’avoir recours à la « congélation d’ovules », nous avons entendu et lu la même histoire dans plusieurs pays et dans plusieurs langues. Toujours d’un point de vue très objectif basé sur les implications médicales et financières pour prendre la « meilleure » décision. Mais personne ne s’est réellement penché sur le fond du problème qui est de « laisser les femmes s’exprimer sur le sujet ». 

Après tout, c’est à elles que reviennent le dernier mot et la décision de choisir quand et de quelle façon elles veulent devenir mères.  D’ailleurs, il est difficile d’obtenir une interview sur ce sujet avec des femmes qui occupent un poste de niveau élevé ou moyen, non pas parce qu’elles n’ont pas le temps de parler, mais simplement parce que le sujet est « sensible » et controversé, tout comme la politique ou la religion. Si vous êtes assez poli, il suffit de suivre ce vieil adage : « Ne demandez pas, n’en parlez pas ».

La question sensible : « Aller contre les lois de Mère Nature » 

Il a donc été difficile d’aborder « la question », de trouver le bon moment dans différents contextes et circonstances. En tant que femme, il me paraît important de parler de cette possibilité et de prendre conscience des implications juridiques, éthiques et médicales de ce type de procédure.

Pour avoir une meilleure idée de la terminologie, citons certains des acronymes utilisés dans ce domaine. Les techniques de procréation médicalement assistée « PMA » peuvent impliquer le TEC (transfert d’embryons congelés), la FIV (fécondation in vitro), le DO (don d’ovules), la MIV (maturation in vitro), l’ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde) et la GPA (gestation pour autrui), pour ne citer que certaines des procédures impliquées.

Cette enquête a suivi une voie scientifique, tout en réduisant le « groupe de recherche ». Pour avoir une meilleure idée de l’opinion moyenne d’un certain groupe, toutes les personnes interrogées (environ 20) partagent les caractéristiques suivantes :

1. Elles sont très instruites (80 % d’entre elles ont un diplôme postuniversitaire)

2. Elles sont âgées de 30 à 40 ans (Génération X)

3. Elles occupent actuellement un poste de gestion de niveau élevé ou moyen

4. Elles n’ont pas d’enfant (80 %)

5. Elles sont célibataires (50 %)

6. Elles possèdent une expérience de travail moyenne de 10 ans

7. Elles étaient toutes européennes

Même si la plupart d’entre elles avaient connaissance de cette nouvelle possibilité proposée par Facebook et Apple, nous leur avons demandé ce qu’elles en feraient si elle était également proposée par leur employeur actuel. Certaines d’entre elles étaient vraiment « indignées » d’entendre qu’une telle proposition pourrait être soumise par un employeur.

Plusieurs questions ont été posées : est-ce légal ? Éthique ? Cela aura-t-il une influence sur le fossé entre les hommes et les femmes ? Se soucient-ils des femmes ? Cela signifie-t-il que vous compromettez votre carrière en choisissant d’avoir des enfants avant 35 ?

La principale préoccupation en tant que femme s’inscrivait d’un point de vue éthique et biologique, affirmant que, si la nature humaine nous donne une horloge biologique à des « fins reproductives », pourquoi se prendre pour Dieu (même si la science le permet) si vous pouvez simplement suivre les lois de « Mère Nature ». Cependant, la plupart d’entre elles s’accordent sur le fait que, sur recommandation médicale, il est bon d’avoir une autre option envisageable grâce à la science et les progrès technologiques.

Néanmoins, elles pensent tout de même que « la manière démodée » est, et doit être la façon « normale » d’avoir un enfant.

« Vous pouvez vendre votre temps, mais vous ne pouvez pas le racheter »

Cette phrase est un résumé en soi, n’est-ce pas ? Nous devons connaître les implications que le report de la maternité peut engendrer. Ce n’est pas seulement pour être « libre » de mener une carrière ou « se dégager » de la pression sociale sur le vieillissement. Être mère à 35 ans, ce n’est pas la même chose que l’être à 45, aussi bien pour vous que pour votre enfant. 

L’autonomisation des femmes devrait se faire par différents modes d’accompagnement ou de changement des politiques qui reflète ce qu’elles veulent ! Toutes les femmes qui font des études universitaires souhaitent construire une carrière et avoir la possibilité de réussir professionnellement.

Certaines d’entre elles pourraient être plus susceptibles de recourir au progrès technologique comme la PMA ; mais d’autres préfèreraient la « manière démodée », avoir des enfants et continuer de mener leur carrière professionnelle au niveau supérieur. C’est le genre de profits (avantages) sur lesquels toutes les parties prenantes (entreprises, gouvernements, ONG) devraient travailler.

Selon un rapport publié par l’Observatoire européen des systèmes et politiques de santé, l’Europe est le leader mondial en matière de PMA. Étonnamment, les pays nordiques et la Slovénie étaient en tête de la liste pour le nombre de cycles par habitant. Ce qui est encore plus surprenant c’est le pourcentage d’enfants nés à l’aide de n’importe quelle technique de PAM : « le ratio de nourrissons nés par procréation médicalement assistée par rapport à toutes les autres naissances va de 1,4 (Royaume-Uni) à 4.2 (Danemark). »

La question est : créons-nous des « super » humains ? Ou juste une future génération d’êtres humains crées scientifiquement ? Est-il sain de promouvoir la possibilité de ce type de procédure ?

Il y a certainement un grand nombre de questions sans réponses. Nous les trouverons sûrement dans 30 ans, lorsque les techniques de PAM régiront le monde.

Proofread by Danica Jorden