COMMENT APPRENDRE À LA FERMER

Article publié le 2 juillet 2013
Article publié le 2 juillet 2013

Je suis en exil en terre inconnue. Me voilà confuse devant le rictus d'incompréhension de ce Français visiblement insensible à mes efforts visant à parfaire une consonne nasale. C'est quelque chose qui nous est tous arrivé au moins une fois : crever d'envie de dire à ce guignol de la fermer, mais ne pas trouver le vocabulaire adéquat.

C’est la raison pour laquelle cafébabel vous apprend à rabaisser le caquet de tout un chacun, et ce dans toutes les langues européennes s'il vous plait !

Voici une petite histoire pour commencer : il était une fois un père Noël en chocolat. Les faits se déroulent à notre siège parisien un 6 décembre, jour de la fête de fin d'année de notre magazine. De nos échanges en français puis en italien à nos généreuses gorgées de mousseux puis de vin rouge, tout se passait bien, jusqu'à ce qu'un coup de poing vienne fracasser ledit père Noël. Un évènement qui a marqué tous ceux qui étaient présents ce jour-là, au point de devenir le sujet de conversation de la soirée, puis du matin qui a suivi et encore aujourd'hui parfois. Pour rire...

Ce fut la genèse d'une légende : l'action de fermer la gueule de quelqu'un est désormais connue sous le nom de coup de poing de Valeria. Valeria étant notre rédactrice-en-chef italienne et l'heureuse propriétaire du fameux poing tout en bague. Adopté comme mantra par la rédaction de cafébabel, le coup de poing de Valeria est officiellement lancé dans notre rubrique linguistique hebdomadaire, la tour de Babel.

DES POINGS ET DES MUSELIÈRES

S'il est un thème récurrent pour demander aux gens de la fermer en Europe, c'est bien celui de la boxe. Sans tomber dans la courtoisie excessive des politiques ukrainiens, vous pourriez menacer quelqu'un de commettre des dommages irréparables précisément là où le soleil ne brille pas (« right where the sun doesn't shine » en version originale). Auréolée d'une élégance toute britannique, cette expression sied parfaitement à l'attitude calme et paisible souvent arborée par « the quiet ones », autrement dit, les silencieux. Ce sont eux les véritables as du poing surprise, se révélant prêts pour le coup de poing, « schlagfertig » en allemand. Le terme semble indiquer que ceux qui réagissent au quart de tour n'hésiteront pas une seconde s'ils doivent un jour museler quelqu'un, ou « jemandem einem Maulkorb verpassen » . 

PEINDRE LE PLAFOND DU PARC

En Italie, on apprend à la zipper (« chiudi il becco ») dès son plus jeune âge. Mais si je me balade dans Paris et que je passe à côté d'un jardin d'enfant, j'entendrai facilement l'adaptation culturelle de cette expression : « ferme ta boîte à camembert ! » Il s'agit là de la version (réservée au moins de huit ans) du moins poli mais plus direct « ta gueule ». Ce à quoi l'espagnol, facile à vivre de nature, rétorquera tiens-toi tranquille (« Estate calladito »), ou plus couramment prends ça (« ¡toma! »), ou encore, de manière plus colorée, tiens, prends ça dans ta gueule (« ¡Zas! ¡En toda la boca! »).

Quoiqu'il en soit, la palme de la réplique la plus percutante revient à nos amis polonais. Attention, celle-ci fait mal, même encore après coup : Va au parc peindre le plafond ! (« Idź do parku sufit malować! ») ou encore ferme-la et laisse la clef à la réception (« zamknij się i zostaw klucz na recepcji »), tout un programme !