Code Girls : le numérique, une affaire de femmes

Article publié le 13 juin 2016
Article publié le 13 juin 2016

Il n'y a que les geeks pour s'intéresser aux systèmes numériques ? « Absolument pas » nous racontent les jeunes Code Girls de Leipzig. cafébabel s'est entretenu avec Julia Hoffmann et Natalie Sontopski à propos de la programmation, des femmes dans l'informatique et leur nouveau livre We Love Code.

Quand on parle de programmation, on s'imagine des geeks qui mangent des chips, en tapant sur leur clavier avec leurs mains grasses. Non ? Non. Loin de là même ! Les Code Girls Natalie et Julia démontrent avec leur livre We Love Code (Koehler & Amelang, 2016) et à travers différents ateliers - où elles continuent d'exprimer leur passion pour la programmation - que les femmes peuvent aussi prendre un certain plaisir à travailler sur les systèmes numériques. Pourquoi une certaine « Code Literacy » (connaissance sur la programmation, ndlr) est importante, vous demandez-vous ? Après tout, on se porte très bien chaque jour sans savoir quel algorithme se cache derrière Google, Twitter et compagnie, n'est-ce pas ? Oui, mais...

« Le numérique n'est plus irréversible, qu'on le trouve bon ou mauvais. C'est pourquoi je trouve qu'il est important d'avoir quelque peu conscience de ce qui nous entoure chaque jour », répond Julia. Un seul mot d'ordre : la participation. Le monde tourne précisément autour des programmations. Celles-ci sont le plus souvent créées par des hommes. C'est la raison pour laquelle la participation est si importante, parce que, comme le dit Natalie très justement : « Plus tu en connais sur la programmation, plus tu peux t'impliquer ou même changer ou influencer les choses. Je pense que cela n'est possible que lorsque l'on a certaines connaissances de base et que l'on s'y connaît un peu. En ce qui concerne par exemple la protection des données, qui dépend également des systèmes numériques ».

Le numérique, une affaire de femmes ?

Étonnamment, la programmation n'a pas toujours été réservée à la gent masculine. Au contraire - jusque dans les années 80, celle-ci était perçue comme un métier typiquement féminin. « Parce que cela était très monotone et pas très bien payé, explique Natalie. Je crois que le revirement s'est opéré lorsque l'on est passé du matériel informatique au logiciel et que l'on a compris que c'était l'avenir. On a ainsi flairé la bonne affaire. Et cela a en effet été en corrélation avec le recul de la femme dans la branche informatique. » 

Julia ajoute : « Je crois que la branche informatique n'a pas une bonne image. Cela est souvent vrai pour les femmes qui ne travaillent pas dans les meilleures conditions. On a toujours cette image stéréotypée du geek, replié sur lui-même, et dénué de sex-appeal ».

Je confirme. Pour moi aussi, jusqu'ici, la programmation n'avait rien de super sexy. Pour changer l'image négative de la branche informatique, on devrait donc, selon Natalie et Julia, commencer par l'apparendre à l'école et embaucher davantage de programmatrices et d'informaticiennes : « Il y a eu aussi des programmatrices assez glamour, comme par exemple Ada Lovelace. De savoir que l'on peut devenir programmatrice ou informaticienne, peu importe notre apparence ou ce à quoi on s'intéresse, serait une très bonne chose ».

We <3 Code

Leur livre a pour but de susciter l'intérêt général pour le numérique. « Il ne faut pas sous-entendre que cela doit désormais être uniquement réservé à la gent féminine, m'explique Natalie à propos de We Love Codemais ce serait évidemment une bonne chose que davantage de filles et de femmes se disent "Hey, peut-être que je pourrais envisager de faire carrière dans ce domaine !" C'est même bien payé. Et l'inégalité des salaires entre les hommes et les femmes se fait ressentir ici aussi, parce qu'il y a fondamentalement beaucoup plus d'hommes dans le secteur de l'informatique. Ce serait super, si nous les femmes, voulions aussi une part du gâteau, vous ne trouvez pas ? »

De la même façon, rappelle Julia, que l'apprentissage d'une langue ne se limite pas à des formes assommantes, que l'on assemble tout seul dans une petite pièce sombre à l'odeur de transpiration masculine. En tout cas, les Code Girls, avec leur énérgie positive et leur enthousiasme, m'ont transmis leur passion du numérique. Et vous ?

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Quiconque souhaite participer à un des ateliers peut se rendre sur leur page d'accueil et sur Facebook afin d'obtenir toutes les actualités ou encore mieux, lire directement l'ouvrage We Love Code.

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cafébabel présente Mind The Gap, le féminisme sans distinction.